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Le Los Angeles Times, le grand quotidien américain de la côte ouest créé il y a 142 ans, va licencier plus d'un cinquième de sa rédaction, soit au moins 115 personnes

Le Los Angeles Times, le grand quotidien américain de la côte ouest créé il y a 142 ans, va licencier plus d'un cinquième de sa rédaction, soit au moins 115 personnes, a annoncé mardi le journal, en grande difficulté financière. La direction du titre avait déjà annoncé jeudi "prévoir des licenciements" pour réduire son budget de fonctionnement, nouvel exemple de la profonde crise qui frappe la presse américaine. Quelque 90% des salariés syndiqués du journal avaient alors vendredi cessé de travailler en protestation, appelant la direction à "s'assoir à la table des négociations" et à "élaborer un plan de rachat" avec eux.

"La décision d'aujourd'hui est douloureuse pour tous, mais il est impératif que nous agissions rapidement et prenions des mesures pour construire un journal viable et florissant pour les futures générations", a déclaré mardi le propriétaire milliardaire du titre, Patrick Soon-Shiong, selon le L.A. Times.

Le journal aurait ainsi perdu l'an dernier entre 30 et 40 millions de dollars. Le dirigeant a critiqué le débrayage des équipes vendredi, se disant déçu que le syndicat de la rédaction n'ait pas travaillé avec les responsables pour trouver des moyens de sauver des emplois.

De leur côté, des journalistes ont fustigé une vague de licenciements express: "Le L.A Times nous a licenciés lors d'une visioconférence (...) sans nous laisser la possibilité de poser de questions", a ainsi assuré le journaliste Jared Servantez sur X (anciennement Twitter).

Ce nouveau plan de départ intervient alors que le quotidien avait déjà supprimé 70 postes en juin dernier. Comme beaucoup de titres de la presse traditionnelle, le L.A. Times a eu du mal à s'adapter aux bouleversements induits par l'avènement d'Internet.

Le journal doit faire face à la diminution de ses revenus publicitaires et à l'érosion de son nombre d'abonnés. Sur la côte est, 400 journalistes et employés syndiqués du groupe américain Condé Nast, qui rassemble des titres comme Vanity Fair, Vogue ou GQ, ont par ailleurs cessé le travail mardi pour protester contre les conditions d'un plan de licenciement de 5% des effectifs, soit environ 300 personnes.

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