sénat Le Sénat se penche à partir de cet après-midi sur le bouillant projet de loi immigration, contesté par les oppositions comme les associations, et piège politique pour l’exécutif qui l’a maintes fois reporté. En présentant il y a un an les contours de la loi promise par Emmanuel Macron durant sa campagne de 2022, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin en avait ainsi résumé l’esprit: « être méchant avec les méchants, et gentil avec les gentils ».
Derrière cette simplicité enfantine se cache la difficulté de contenter tout le monde: la droite sur le volet répressif, en facilitant les expulsions d’étrangers délinquants; la gauche sur le volet intégration, avec la régularisation de travailleurs.
Le gouvernement doit donc manoeuvrer serré pour décrocher un accord, sous peine de devoir dégainer à l’Assemblée l’arme du 49.3 pour une adoption sans vote. Au risque de s’exposer à une motion de censure, menace brandie par LR mais fantôme sans le soutien de la gauche.
« Ce texte c’est la fermeté. Et nous trouverons au Parlement une voie de passage », a assuré dimanche M. Darmanin, se disant « opposé à l’utilisation » du 49.3. Emmanuel Macron a de son côté envoyé un signal à la droite en se disant prêt dimanche soir à élargir le champ des référendums aux questions de société, dont l’immigration, une demande pressante de LR. Les cartes vont donc d’abord s’abattre au Sénat, où droite et centristes détiennent la majorité et pourraient remanier le texte à leur main... à condition de s’entendre entre eux!
Car les deux alliés peinent à s’accorder sur l’article 3, qui prévoit un titre de séjour d’un an renouvelable pour les travailleurs sans papiers dans des secteurs en pénurie de main d’oeuvre. Un point dont LR a fait une ligne rouge et dont l’examen, prévu mardi, pourrait être repoussé dans l’espoir de voir un compromis se dessiner.
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