10/03/2023 16:02

La préfecture des Deux-Sèvres veut interdire les manifestations contre les retenues d'eau à usage agricole, annoncées pour le 25 mars dans le département

La préfecture des Deux-Sèvres veut interdire les manifestations contre les retenues d’eau à usage agricole, nommées « bassines » par les opposants, annoncées pour le 25 mars dans ce département du Sud-Ouest, selon un communiqué diffusé vendredi. La préfète Emmanuelle Dubée dit avoir notifié « son intention » d’interdire les manifestations aux organisateurs: le collectif Bassines Non Merci, le mouvement des Soulèvements de la Terre et le syndicat Confédération paysanne.

Après une manifestation de plusieurs milliers de personnes sur le chantier de construction d’une retenue à Sainte-Soline fin octobre, les opposants avaient annoncé un nouveau rassemblement au printemps. Ils ont précisé jeudi soir qu’une manifestation aurait lieu samedi 25 mars au matin « à Sainte-Soline » « et/ou Mauzé-sur-le-Mignon », où une réserve fonctionne déjà, en appelant « un maximum de monde » à converger vers les Deux-Sèvres et « à ne pas se laisser décourager par de quelconques interdictions préfectorales ».

« Les arrêtés et les contrôles n’ont pas empêché les précédentes manifestations de se faire et d’être à chaque fois plus massives », a affirmé sur Twitter le mouvement des Soulèvements de la Terre, qui dit attendre « des (dizaines) de milliers de personnes ». La préfecture justifie « sa volonté d’interdire » les manifestations « par les antécédents de graves troubles à l’ordre public constatés à l’occasion des précédentes manifestations ayant entrainé des actes violents à l’encontre des forces de l’ordre et des actes de sabotage sur les installations agricoles ».

Lors d’une conférence de presse mardi la préfète Emmanuelle Dubée avait réitéré son soutien au projet et indiqué « attendre des garanties de la part des organisateurs » pour « exprimer leur opposition au projet de façon pacifique et respectueuse ». De premières manifestations avaient eu lieu dans le département à l’automne 2021, puis au printemps 2022, avant celle de fin octobre, pour laquelle les autorités avaient mobilisé plus de 1.500 gendarmes pour protéger le chantier de Sainte-Soline.

Ce rassemblement avait donné lieu à des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants. Cinq d’entre eux ont été poursuivis pour « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences » et condamnés à des peines de deux à trois mois de prison avec sursis. Les « bassines » de Mauzé-sur-le-Mignon et Sainte-Soline sont les deux premières d’un ensemble de 16 retenues de plusieurs centaines de milliers de m3 qui doivent voir le jour dans les Deux-Sèvres.

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