12/02/2023 11:01

La journaliste Marina Ovsiannikova, célèbre pour avoir dénoncé l'offensive russe en Ukraine pendant un journal d'information de la télévision d'Etat, sort un livre autobiographique décrivant notamment "la fabrique de propagande" médiatique de Moscou

La journaliste Marina Ovsiannikova, célèbre pour avoir dénoncé l'offensive russe en Ukraine pendant un journal d'information de la télévision d'Etat, sort un livre autobiographique décrivant notamment "la fabrique de propagande" médiatique de Moscou, qu'elle a fini par fuir.

Intitulé "Zwischen Gut und Böse" (entre le bien et le mal, comment je me suis enfin opposée à la propagande du Kremlin, ndlr), ce livre de 200 pages devrait également sortir plus tard en anglais et en français, a dit à l'AFP l'éditeur allemand, Langen Müller, de Mme Ovsiannikova. Au début de cet ouvrage, dont l'AFP a eu une copie, la journaliste née d'une mère russe et d'un père ukrainien revient sur son irruption, quelques jours après le déclenchement de l'invasion russe, pendant le journal télévisé le plus regardé du pays, avec une pancarte proclamant "No War". Son intervention -qu'elle écrit avoir décidé toute seule car elle ne supportait plus les mensonges du régime-, a bouleversé sa vie professionnelle et familiale. C'est essentiellement cette période de quelques mois qu'elle décrit dans son livre, avec des retours en arrière sur son enfance à Grozny, la capitale de la république caucasienne russe de Tchétchénie, et ses débuts de carrière. Elle ne nie pas avoir fait partie du système : son mari, dont elle est séparée depuis et avec qui elle a eu un fils et une fille, fait partie des cadres de la chaîne de télévision Russia Today (actuellement RT).

Elle décrit également quelques ficelles de la "fabrique de propagande" de son employeur, Pervy Kanal : la diffusion d'informations sur Vladimir Poutine ne doit jamais être suivie de mauvaises nouvelles. Il est présenté comme le sauveur de la Russie. En revanche, il existe une interdiction latente de diffuser de bonnes nouvelles en provenance des Etats-Unis et d'Europe de l'Ouest.

Dans la tête des Russes, il faut transmettre l'image selon laquelle tous les Américains soutiennent le mouvement LGBT, tuent des Noirs, abusent d'enfants russes adoptés, écrit-elle. Son livre s'achève sur sa fuite clandestine de Russie, quand elle franchit la frontière russe à pied avec sa fille, sans que soit précisé dans quel pays elle arrive. A la fin, elle se décrit dans une voiture à Paris, en route pour le bureau de RSF, "dont la contribution à notre fuite a été vraiment en tout point sans frontières".

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