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Guerre en Ukraine : Le gendarme des télécoms russes a demandé l'annulation de la licence du site internet du journal indépendant Novaïa Gazeta

Le gendarme des télécoms russes a demandé l'annulation de la licence du site internet du journal indépendant Novaïa Gazeta, a indiqué sa rédaction, qui a suspendu son travail en Russie fin mars en pleine répression des critiques du conflit en Ukraine. Selon le journal, l'agence Roskomnadzor a déposé une requête devant un tribunal pour que soit annulée la licence de diffusion en tant que média de www.novayagazeta.ru, ce qui interdira théoriquement d'y publier des contenus journalistiques.

Ce site offre en accès libre et gratuit les archives du journal, réputé pour ses enquêtes fouillées sur la corruption des élites russes et les graves violations des droits humains, notamment en Tchétchénie. Fin mars, Novaïa Gazeta, dont le rédacteur en chef, Dmitri Mouratov, a reçu en 2021 le prix Nobel de la paix, avait décidé de suspendre sa publication en ligne et au format papier, par crainte d'une interdiction.

Les autorités lui reprochaient d'avoir enfreint la loi sur les organisations et individus désignés "agents de l'étranger".

Les médias sont contraints d'indiquer scrupuleusement ce statut dès qu'ils évoquent une entité "agent de l'étranger", sous peine de sanctions. C'est à cause de prétendues violations de cette loi que Roskomnadzor a demandé l'annulation de la licence de diffusion de www.novayagazeta.ru.

En cas d'annulation, ce site "ne sera plus considéré comme un média, ce sera un site internet ordinaire", a indiqué jeudi la rédaction de Novaïa Gazeta, précisant qu'une plainte visait également son édition papier.

"Nous nous préparons aux audiences, à défendre notre bon droit", a-t-elle affirmé. "On est là et on restera. Nous ne faisons pas nos adieux." Le week-end dernier, les autorités russes ont bloqué un autre site internet lancé par Novaïa Gazeta et dédié à une nouvelle revue papier, "Novaïa Rasskaz-Gazeta", publiée par sa rédaction en Russie.

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