24/07 16:32

Le tribunal égyptien qui avait condamné à mort fin juin un homme ayant assassiné une étudiante a réclamé cet après-midi que son exécution soit diffusée en direct

Le tribunal égyptien qui avait condamné à mort fin juin un homme ayant assassiné une étudiante sous les caméras de badauds parce qu'elle refusait ses avances a réclamé cet après-midi que son exécution soit diffusée en direct. Ce procès, expédié en deux jours, a été particulièrement médiatisé: d'abord, la vidéo de l'assassinat au couteau de Nayera Achraf devant son université a été partagée massivement en ligne puis le procès de son assassin, Mohammed Adel, a été, fait extrêmement rare, filmé et même diffusé en direct par certains médias.

En plus, l'affaire avait provoqué un débat au-delà de l'Egypte car quelques jours après Nayera Achraf, une étudiante jordanienne, Imane Erchid, était tuée par balles à Amman probablement pour les mêmes raisons.

Le tribunal de Mansoura, à 130 km au nord du Caire, qui a prononcé la peine capitale un mois après le crime a réclamé dimanche à la Cour d'appel une dérogation pour pouvoir diffuser l'exécution en direct.

Dans sa demande, le tribunal estime que "la diffusion, même uniquement du début de la procédure, pourrait permettre de dissuader le plus grand nombre".

Il réclame en outre au Parlement de modifier la loi afin d'autoriser ces diffusions plus fréquemment. L'Egypte est le pays qui condamne le plus à mort, selon Amnesty International, et elle a procédé en 2021 au troisième plus grand nombre d'exécutions au monde. Mais ces sentences ne sont jamais exécutées en public ou en direct, à de rares exceptions.

En 1998, par exemple, trois hommes ayant tué une femme et ses enfants au cours d'un cambriolage avaient été exécutés en direct à la télévision.

Plusieurs féminicides ont fait la Une en Egypte ces dernières semaines, notamment celui d'une présentatrice de télévision, Chaïma Gamal. Son époux, juge au Conseil d'Etat, comparaît actuellement après qu'un "complice" présumé l'a dénoncé près de trois semaines après qu'il avait signalé sa disparition, selon le parquet.

En mars, c'est un adolescent qui avait été condamné à cinq ans de prison avec sursis, pour le suicide d'une lycéenne qu'il faisait chanter en publiant des photomontages dénudés d'elle sur internet.

Si un quart du gouvernement et un tiers du Parlement sont des femmes, pour les féministes, ce n'est qu'une façade puisque cela n'a pas empêché le gouvernement de proposer -sans succès- début 2021 un projet de loi visant à restreindre les droits des près de 50 millions d'Egyptiennes en permettant par exemple à leur père ou à leurs frères d'annuler leur mariage.

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Vos réactions

Portrait de abalone
25/juillet/2022 - 08h52

ha enfin des programmes interressants et cultivants, ça va changer des 12 coup de midi !smiley

Portrait de BlancEurope
25/juillet/2022 - 02h20

Sur quelle chaîne ?

Portrait de iceman
24/juillet/2022 - 22h59

Ce type d'individu a un cerveau qui se déconnecte dès qu'ils voient rouge pour une raison ou une autre. Croire que la peur d'une exécution capitale éviterait que ça se passe, comme s'il se disait si ça n'existait pas qu'au final la prison pendant 20 ans est acceptable, est être totalement bercé d'illusions...

Assumons qu'il ne s'agisse pas de justice mais d'exclure définitivement de la société une personne très dangereuse.

Portrait de Gustave68
24/juillet/2022 - 22h41

Il est un fait : certains crimes sont tout simplement impardonnables. J'ai la conviction que la peine de mort a forcément un effet dissuasif qui pourrait donc faire baisser la criminalité et notamment les féminicides. Le seul et unique côté positif, que je vois à l'abolition de la peine de mort en France: c'est uniquement pour Robert Badinter : une place prestigieuse et assurée au panthéon à sa mort ...