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Le Koweït a annoncé le retrait des licences de 90 sites d'information et des poursuites judiciaires contre 73 autres médias, au moment où le pays pétrolier du Golfe traverse une longue et importante crise politique

Le Koweït a annoncé  le retrait des licences de 90 sites d'information et des poursuites judiciaires contre 73 autres médias, au moment où le pays pétrolier du Golfe traverse une longue et importante crise politique. Cette annonce intervient le jour de la décision de l'exécutif de dissoudre le Parlement avec lequel il est à couteaux tirés depuis plusieurs années, les députés prenant régulièrement à partie des ministres de premier plan.

"Les licences de 90 journaux électroniques ont été retirées et 73 médias ont été renvoyés devant le parquet au cours des deux dernières semaines, en raison de violations de la loi", a déclaré le ministère de l'Information. Cette mesure a pour objectif de "contrôler la pratique des médias en ligne" et d'éviter "le chaos médiatique", s'est-il justifié dans un communiqué diffusé sur Twitter. Parmi les "violations" reprochées à ces médias, figure "la publication de fausses nouvelles", a indiqué à l'AFP un responsable sous couvert d'anonymat, n'étant pas autorisé à s'exprimer publiquement sur ce dossier.

Cette incrimination est régulièrement utilisée contre les médias et les journalistes critiques dans plusieurs pays du Moyen-Orient, bien que le Koweït jouisse d'une relative liberté d'expression, en particulier pour la région très conservatrice du Golfe. Au total, le petit émirat, l'un des premiers exportateurs de pétrole au monde, compte quelque 530 médias en ligne bénéficiant d'une licence, selon les chiffres officiels.

Si la famille régnante des Al-Sabah reste intouchable, gardant fermement les clés du pouvoir, la société civile et les partis politiques sont très actifs dans le pays. Ces derniers mois, la crise qui empoisonne la scène politique a semblé dans l'impasse. Mercredi, le prince héritier, cheikh Mechaal al-Ahmad al-Jaber Al-Sabah, a annoncé la dissolution de l'Assemblée nationale et l'organisation prochaine de nouvelles élections législatives.

Cette décision intervient deux mois après la démission du gouvernement au moment où des députés s'apprêtaient à interroger le Premier ministre, Sabah Khaled al-Sabah, accusé notamment de corruption.

Mis en place en décembre 2021, le gouvernement démissionnaire, qui continue de diriger les affaires courantes, est le quatrième à avoir été formé au Koweït en l'espace de deux ans.

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