M. Sarkozy regrettait notamment le fait d'avoir une petite mouche dessinée au-dessus de sa tête, un élément qui agrémente également les représentations par Plantu du leader du FN Jean-Marie Le Pen.
Un motard en tenue avait remis une lettre à en-tête du ministère de l'Intérieur à Plantu, indique la médiatrice du Monde Véronique Maurus, sans préciser la date à laquelle cela s'était passé.
Dans la lettre, Nicolas Sarkozy écrivait: "je n'ai pas manqué de remarquer un détail qui agrémente ma présence sur votre dessin (...): une mouche (....). Je sais qu'elles accompagnent généralement les représentations de Jean-Marie Le Pen (...). J'ignore sincèrement ce qui me vaut un tel traitement, tant je considère avoir, tout au long de ma vie politique, combattu les idées de l'extrême droite: le racisme, l'intolérance, l'antisémitisme"... Il proposait un entretien pour dissiper "le malentendu".
Le lendemain, Plantu a dessiné trois mouches.
La médiatrice du Monde poursuit en racontant que depuis, Nicolas Sarkozy s'est plaint auprès de la direction du journal d'avoir été croqué "en roquet" (selon ses termes) puis d'avoir été affublé d'un brassard "I.N", pour "identité nationale". Pendant la campagne présidentielle, M. Sarkozy a proposé de créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale.
"Je ne le vis pas comme une tentative de pression car j'ai la chance d'être soutenu par la rédaction et la direction du Monde", indique Plantu, dont les propos sont repris par Véronique Maurus. Mais "Sarkozy impressionne tellement que s'il y a un pétochard dans la rédaction en chef, la liberté du dessinateur est fichue".
Sollicité par l'AFP, un membre de l'entourage de Nicolas Sarkozy a indiqué ne pas être au courant de cette démarche.
(Source: AFP)
Vos réactions
Pa si paumé que ça.
Diabolisé, le Sarko ?
Tout le monde ne déclare pas dans l' interview "face à la une" : "J'aime la Famille, le Travail" (étant donné la question, le mot "Famille" était de trop) et on sait à quel point il aime la Patrie.
Tt le monde ne fait pas un discours fleuve sur Jeanne d'Arc à Rouen (ok, ville de la pucelle) en terminant "Pourquoi tant de haine à mon endroit ?? (attention, ce monsieur a un envers) Peut-être parce que je dis tout haut ce que les autres pensent tout bas". Et j'en passe. Sur son programme, sur son ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Vous doutez d'être Français ? Moi non. Jamais je n'en ai douté. Besoin d'un ministère pour vous le rappeler ? Moi non. Mais alors, ne serait-ce pas le ministère de la Bonne immigration et de la Bonne identité nationale ?
(Attention, mauvais Français !)
A ce tarif là, ce n'est même plus un appel du pied à l'extrème droite.
En prononçant ces phrases, ce monsieur sait très bien ce qu'il fait. Ok, il ne fait pas d'accord de partis... Bien qu'en sous-mains il ait tenté..., mais il glane des électeurs en reprenant leurs thèses. S'il n'est pas d'extrême droite, alors il est jusqueboutiste. Et, en tant que démocrate, j'estime qu'il y a des limites à la débauche. Non, tout n'est pas tabou. Tout n'est pas permis.
Il est certain qu'il aurait préféré rallier le Centre tout entier à ses côtés pour polisser un peu son poujadisme et ses relans nauséabonds d'extrèmiste de droite. Manque de bol, il n'aura eu que l'arrière garde (à quel prix ?) qui se retrouvera bientôt sans parti. D'où sa proposition qu'il a d'ailleurs vite démentie de vouloir créer son propre parti centriste...
Sarko qui serait à la tête d'un parti libéral, d'un autre centriste et pourquoi ne pas créer un parti communiste pendant qu'il y était ?
En tt cas, il a une conception de la démocratie, des institutions et du respect des autres qui fait cauchemarder.
Oui, le tout sauf Sarko a son sens.
viewsonic31
Et Mitterrand sous la 4ème République, il a été ministre de l'intérieur. De gauche OUI, mais cela ne l'a pas empêché d'envoyer la police contre les grévistes.
Oui, oui, un peu de mémoire mes enfants ...
Merci Marie Ségolène
de nous rappeler cette affaire.
Nicolas Sarkozy n'est pas un salaud
N'oubliez pas la maternelle de Neuilly en 1993, Nicolas Sarkozy a sauvé un dizaine d'enfants en risquant sa vie en négociant avec un kamikaze bourré de dynamite.
Un mec qui fait cela ne peut pas être mauvais.
viewsonic31
Si la presse publie un dessin ordurier à ton sujet, chaque semaine, qu'est-ce que tu fais ?
T'as pas envie de rencontrer l'auteur pour lui montrer que tu n'es pas un salaud ?
Viewsonic
Quelqu'un veut sortir avec F.H ? Pas possible !!!
Agneau
Je confirme, j'ai fait 1968, bon à droite c'est vrai mai 1968 quand même.
Et bien déjà à cette époque il y avait des affiches dans les rues : de Gaulle = SS
Comme quoi la gauche a beaucoup d'imagination !!!
Tu te rends compte : rien de changé depuis 1968.
Incroyable !!!
Zazie
c'est pour ça . lol
mauvais esprit
c'est pas lui qui a dit qu'il vaut mieux un excés de caircature que pas de caricature du tout?
Il a déjà perdu la mémoire naboléon?
Agneau
Oui nous sommes en grand danger, c'est pour cela que j'ai acheté du champagne, du riz, des patates, de l'eau et de l'huile pour survivre et echapper à la dictature qui nous menace ...
De Gaulle aussi était un dictateur ...
Chirac aussi était un dictateur ...
Vilaine droite, tous dictateurs.
Vive Nicolas quand même !!!
Alekine
Tu as raison, ils ne savent plus quoi inventer. Ca montre qu'ils ont peur et qu'ils voient arriver la victoire de Nicolas, alors ils essaient encore.... mais çà ne marche pas. Nous ne sommes pas des moutons. (j'ai pas dit agneaux....lol)
agneau
POURQUOI TU ES SUR DE TOI?????
ZAZIE
ok j ai lu,tres jolie c est phrase vous me désarmer mais je nai pas l ame aussi charitable que vous . bon je me prepare a sortir ,ma copine me hurle dessus ,il va falloir que je pense a lui reduire un peu sa liberté elle crie trop souvent BONSOIR ZAZIE je pense que la corse vous aime aussi
jean emmanuel
mais au contraire cher citoyen,c'est ce qui fait la force de notre beau pays "LA CRITIQUE ET LE DROIT DE PENSER!!!!!!
Salut les chéris ...
Toujours sur les mouches de Plantu ?
C'est sûr qu'avec cette info la France est en danger.
J'ai pris mes précautions en achetant du champagne pour fêter la victoire de Nicolas dimanche ...
PLANTU
S'il n'est pas comptant de sa situation en france, qu'il parte au pays qu'il préfére, il pourra dessiner des barreaux.
Cyb
On aimerait bien écouter ce qu'elle dit et même l'entendre. Le problème c'est qu'elle n'a rien à dire. Toujours des litanies monocordes et soporiphiques. Pom pom pom pom pom.
jean emmanuel
MERDE TU M'AS FAIT TRAVAILLE POUR RIEN!!!!!!!
Yvan5
ON S'EN FOU DE SON SOURIRE,IL FAUT ECOUTE CE QU'ELLE DIT,AU MEME TITRE QUE SARKO
Au ségolénistes
Si vous apprenez que Ségo vend sa maison à Mougins, prévenez moi, je suis acheteuse. AU PRIX DECLARE bien sûr.
je ne sais pas
pourquoi j'aime pas l' agneau ce soir ......
jean emmanuel
pour les autres voici l'article 16 de la constitution"LORSQUE LES INSTITUTIONS DE LA REPUBLIQUE,L'INDEPENDANCE DE LA NATION,L'INTEGRITE DE SON TERRITOIRE OU L'EXECUTION DES SES ENGAGEMENTS INTERNATIONNAUX SONT MENACES D'UNE MANIERE GRAVE ET IMMEDIATE ET QUE LE FONCTIONNEMENT REGULIER DES POUVOIRS PUBLICS CONSTITUTIONNELS EST INTERROMPU,LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE PRENT LES MESURES EXIGEES PAR CES CIRCONSTANCES,APRES CONSULTATION OFFIELLE DU PREMEIR MINISTRE,DES PRESIDENTS DES ASSEMBLEES AINSI QUE DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL.
IL EN INFORME LA NATION PAR UN MESSAGE.
CES MESURES DOIVENT ETRE INSPIREES PAR LA VOLONTE D'ASSURER AUX POUVOIRS PUBLICS CONSTITUTIONNELS,DANS LES MOINDRES DELAIS,LES MOYENS D'ACCOMPLIR LEUR MISSION.LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL EST CONSULTES A LEUR SUGET.
LE PARLEMENT SE REUNIT DE PLEIN DROIT.
L'ASSEMBLEE NATIONALE NE PEUT ETRE DISSOUTE PENDANT L'EXERCICE DES POUVOIRS EXCEPTIONNELS.
et agneau
tu comptes sur un poste de ministre ???tu ne seras pas deçue !!!
Agneaux 78
Tu peux synthétiser en une ligne?
ZAZIE
Toi tu a l ame corse ,tu me plais.je plaisante,mais accepterais tu pour une sacro sainte liberté de presse qu un petit merdeux de pseudo journaliste te prenne pour tete de turs pendant des mois ,te traite de raciste ,antisemite,tape sur tes gosses ,ta famille ,ton conjoint,focalise jusqu a l overdose sur ta vie comme la fait cabu sur sarko,je suis sur que tu a du caractere et que tu lui pete les dents,cela sent la mechanceté gratuite chez ce cabu ,on ne peut pas tous accepté ,ici on badine pas avec l honneur des gens
agneau 21H11
saches que bayrou a des competences autrement plus elevees que les tiennes je ne sais pas qui est naze ,moi toi tu en fais partie !!!
SUITE ET FIN
Mais on l'entend de plus en plus disserter sur "le devoir qu'était (sa) candidature pour relever la droite", sur " l'ascèse" qu'exige une campagne. Avec l'économiste Nicolas Baverez, avec Henri Guaino ou Georges-Marc Benamou, il évoque de plus en plus souvent les présidents du passé. Mitterrand, bien sûr, mais aussi de Gaulle et Georges Pompidou, qui mourut à l'Elysée sans vouloir avouer sa maladie aux Français.
M. Sarkozy avait une vision ludique et vorace de la politique. Il a perdu une partie de sa joie devant ses agréments. "Le tempérament s'est formé depuis trente ans, le sillon s'est creusé depuis quinze ans, et la mue s'est opérée en septembre 2005", explique le publicitaire Jean-Michel Goudard, qui le connaît depuis vingt ans.
A cette époque, ses amis se souviennent que, marchant sur une plage de La Baule (Loire-Atlantique), il n'avait prêté qu'une oreille aux militants UMP qui l'acclamaient sur son passage : "Il y a quelques années encore je serais venu les voir, mais maintenant, je n'ai plus besoin de ça." Aujourd'hui, il répète souvent : "Je ne ressens ni peur ni excitation. Plaisir zéro."
Nicolas Sarkozy a laissé son épouse, Cécilia, recomposer en partie ses équipes. Placer auprès de lui ses fidèles, François de la Brosse, José Frèches, et mener une guerre sourde aux "copains" de toujours, Pierre Charon, Brice Hortefeux, Frédéric Lefèbvre. Il sait que des murmures sur les états d'âme de sa femme circulent ; il refuse d'en dire un mot.
Le week-end de Pâques, il est parti seul chez son frère François. Elle a passé une semaine aux Etats-Unis, avec ses enfants. Mais rares sont ceux, désormais, qui ont accès à son intimité.
CEUX QUI EXÉCUTENT SANS CONTREDIRE.
"Personne n'a pu écrire que j'avais une garde de fer, affirme-t-il désormais. Je n'appartiens à personne. Si mes amis "historiques" ne me comprennent pas, c'est qu'ils ne sont ni mes amis ni historiques."
A-t-il changé vraiment ? "J'ai eu plusieurs phases à subir pendant cette campagne, confie-t-il. Au début, certains voulaient que je prenne un coach pour parler aux femmes. Mais un coach, cela sert à se perdre soi-même. Puis on m'a demandé de sourire. J'en avais mal aux zygomatiques."
Le candidat n'a écouté personne, a suivi son instinct et ce qu'il croit être sa connaissance des hommes. "C'est une sorte de Mitterrand de droite, sourit Georges-Marc Benamou, devenu son ami. Il y a de l'ancien président dans sa façon d'élaborer seul sa stratégie, de sélectionner les conseils qu'on lui donne et de maîtriser ses entourages."
De fait, seuls ont survécu les professionnels. Ceux qui exécutent ses directives sans le contredire. Ceux qui le servent sans lui faire subir en retour leurs propres affects. Franck Tapiro, jeune publicitaire, a été évincé du staff : "Un type intelligent et imaginatif, raconte M. Sarkozy, mais un blablateur. Au moindre sondage qui baisse, c'est la panique. François de la Brosse, qui l'a remplacé, c'est un calme, il ne diffuse pas de stress. Et pourquoi ai-je pris José Frèches plutôt que Loïc Lemeur pour animer le site Internet ? Parce qu'il est enthousiaste et fait campagne comme s'il faisait son premier voyage scout !"
Exigeant avec les autres comme avec lui-même, il subsiste pourtant comme un manque. Il peut bien se rassurer en pensant qu'avec 31 % des voix la démonstration est faite que "les Français ne (le) détestent pas autant que la gauche le pensait".
Mais, comme la plupart des hommes politiques, il cherche les marques d'une affection jamais assez grande à ses yeux.
Un jour qu'une femme se jetait sur lui pour lui dire combien elle le trouvait "exceptionnel", il s'est tourné vers ceux qui l'accompagnaient pour leur dire : "Vous ne m'avez jamais dit ça, vous..."
SUITE
SI TU VOIS RIEN, ÉCOUTE !"
Dans ses visites en province, il ne cherche pas plus à dissimuler sa personnalité. "Je vais aller à la rencontre des Français tel que je suis, affirme-t-il. Je ne vais pas me disperser. Pas me changer." En Provence, un chercheur du Canceropôle de Toulouse l'interpelle : "Votre conception déterministe de la vie réduit l'intérêt de la recherche."
M. Sarkozy, sur ses ergots : "Pardon ?"
Le chercheur, sans se démonter : "Je pense à vos déclarations dans Philosophie Magazine."
M. Sarkozy : "Vous l'avez lu ?
- Des extraits.
- Alors, je vais vous écouter totalement. Ça évitera que je vous réponde sur des extraits."
Dans ces conversations improvisées, le climat est souvent tendu au départ. Mais, à la fin, généralement, le candidat se fait tout miel, sûr d'avoir le dernier mot : "Allez, l'ami de la CGT, ne me caricaturez jamais. Moi je ne vous caricaturerai jamais. Ça s'appelle le respect."
Quelques jours plus tard, à Châteauneuf-du-Pape (Vaucluse), lors d'un débat qui s'éternise avec les viticulteurs, n'en pouvant plus, il explose : "Je devrais faire le gentil, l'aimable, mais chacun veut dire son truc !" Il donne des cours de politique : "Vous m'auriez dit "on a quatre problèmes", vous auriez désigné une personne pour me rencontrer, ç'aurait été plus efficace !"
Discourant dans une usine à Metz, un ouvrier l'interrompt : "On ne voit rien." M. Sarkozy, du tac au tac : "Si tu vois rien, écoute !"
Les femmes ont droit à plus d'égard et d'humour. Lors d'une rencontre avec les employés d'un centre d'appels à Lille, le portable d'une jeune fille sonne. Nicolas se fait alors tout sourire : "S'il rappelle, dites-lui que vous êtes partie avec moi."
"NI PEUR NI EXCITATION ; ZÉRO PLAISIR".
Au fond, au fur et à mesure que l'échéance approche, il s'exaspère le plus souvent sur des détails. "Comme s'il avait besoin de vider la tension qui est en lui", remarquent ses collaborateurs. Eux ont fini par faire le gros dos devant ses colères. Mais il se montre inébranlable sur sa stratégie. "A la fois sensible et indestructible", glisse Brice Hortefeux.
Insensiblement, pourtant, une gravité s'est installée. Il a encore ses engouements enfantins pour une chanson "sixties" que quelqu'un lui a fredonnée, guette toujours dans les yeux des journalistes qui le suivent une trace d'approbation pour le discours qu'il vient de prononcer.
Il se montre incapable d'être seul dans les avions qui l'emmènent en province et tout aussi incapable de parler d'autre chose que de lui, de sa campagne, des sondages qui le portent en tête, d'un débat qu'il pense avoir dominé, d'un opposant qu'il croit avoir mouché.
Jean Emmanuel
Tu cherches toujours à éclairer le monde. Tu me fais penser à ma soeur qui est juriste. Mais c'est bien d'apporter un peu de culture. Merci
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Les métamorphoses de Nicolas Sarkozy
LE MONDE | 26.04.07 | 15h17 • Mis à jour le 26.04.07
le 6 mai, s'il l'emporte, il fermera le rideau. Il partira quelque part, dans un endroit isolé - "comme pour une retraite", assure-t-il. Ce n'est pas tout à fait son style habituel. Il en parle d'ailleurs déjà comme d'une étape très organisée dans un agenda. Mais il le promet : s'il gagne, il s'accordera ce moment pour rentrer en lui-même. Trois jours : "Le temps qu'il me faudra pour habiter la fonction."
Tout Nicolas Sarkozy est là. Volonté de s'élever, rapidité dans l'exécution. Tout de même, ce retour sur soi annoncé chez un homme qui a toujours affirmé ne pas aimer l'introspection étonne. Il explique tranquillement : "Les Français veulent que je mérite cette élection. Si je gagne, je ne veux pas aller vers cette épreuve comme un benêt ou un plouc !"
Rester soi-même ; devenir un autre : c'est à cela que le candidat de l'UMP s'attelle depuis six mois. Samedi 21 avril, lorsque dans son bureau il a retrouvé son "parolier" Henri Guaino, le publicitaire Jean-Michel Goudard, son directeur de campagne Claude Guéant et l'écrivain Georges-Marc Benamou, qui l'accompagne souvent, il avait déjà en tête tout ce qu'il allait dire le soir du premier tour.
CALME ET CONCENTRÉ ; DUR ET INJUSTE.
Ces derniers temps, il est devenu le cauchemar des reporters radio. Sa voix est descendue d'une octave. Dans les entretiens pris à la volée, en marge de ses déplacements en province, Nicolas Sarkozy ne parle plus : il murmure. Sa voix de stentor, il ne la réserve plus qu'à ses meetings, ses harangues. Aux Saintes-Maries-de-la-Mer (Bouches-du-Rhône), ville à laquelle il a consacré, le 21 avril, sa dernière apparition de candidat d'avant-premier tour, il avait délivré ses dernières confidences d'un ton morne et fourbu : "Je suis calme, calme, très concentré." Puis il a redit encore, comme pour s'en convaincre : "Je suis calme."
Pourtant, beaucoup de petits signes prouvent le contraire. Ses tics sont redevenus visibles, même lors de ses interventions télévisées. Les "petites mains" qui s'activent pour sa campagne ont toutes eu droit, à un moment ou à un autre, à ses "soufflantes".
Un fil qui traîne, un dossier mal ficelé, un argumentaire qui ne lui convient pas, et voilà le candidat qui redevient agressif. Dur. Injuste, souvent.
Un ami, un jour, lui a glissé : "Joséphine disait de Napoléon : "Il humilie trop et ne punit pas assez"." Nicolas Sarkozy humilie beaucoup. Et ce, malgré les tentatives de ravaudage de son directeur de campagne, Claude Guéant, que nombre de conseillers sarkozystes ont fini par appeler "la Suisse" - parce qu'il s'efforce de rétablir une certaine neutralité dans les rapports au sein d'une équipe sur des charbons ardents.
Mais il punit aussi. Pierre Méhaignerie a quasi disparu du casting gouvernemental le jour où il a mis en doute la possibilité de réduire les prélèvements obligatoires de 4 points en cinq ans. Brice Hortefeux, ami de trente ans, a été cloué au pilori pour avoir grillé, trop tôt et dans la mauvaise direction, la cartouche de la proportionnelle aux législatives. "Il explose les uns et les autres", reconnaît François Fillon.
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