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Le propriétaire de la chaîne de télévision pro-opposition la plus populaire de Géorgie a été condamné lundi à trois ans et demi de prison

Le propriétaire de la chaîne de télévision pro-opposition la plus populaire de Géorgie a été condamné lundi à trois ans et demi de prison, une affaire qui suscite de nouvelles inquiétudes au sujet de la liberté de la presse dans le pays. Nika Gvaramia, présentateur et propriétaire de la chaîne Mtavari TV, a été jugé par un magistrat du tribunal de Tbilissi coupable d'avoir nui aux intérêts financiers d'une chaîne de télévision qu'il avait auparavant dirigée.

M. Gvaramia a également été l'avocat de l'ex-président géorgien Mikheïl Saakachvili (2004-2013), qui purge une peine de six ans de prison pour abus de pouvoir, qu'il qualifie de politique. L'avocat du patron de Mtavari TV, Dito Sadzaglichvili, a estimé que le jugement était illégal et déclaré que son client faisait l'objet d'une "détention politique".

"Les répressions politiques sont en marche en Géorgie", a-t-il dit à l'AFP. "Dans les pays démocratiques, les journalistes ne sont pas emprisonnés pour leurs points de vue dissidents". Transparency International a estimé dans un communiqué que ce jugement constituait "la poursuite de la campagne de persécution politique" menée par le gouvernement "contre des opposants depuis des années".

"Le recours au système judiciaire pour intimider et censurer les médias envoie un message dangereux aux autres médias", a dénoncé l'ONG. L'émissaire géorgienne aux droits humains, Nino Lomjaria, a déclaré dimanche avoir examiné l'affaire de M. Gvaramia et n'avoir trouvé aucune preuve de malversation.

Plusieurs figures éminentes et responsables de plusieurs chaînes de télévision indépendantes géorgiennes accusent déjà depuis longtemps la coalition au pouvoir, le Rêve géorgien, d'utiliser le système judiciaire pour étouffer l'opposition. Des défenseurs des droits humains ont aussi exprimé leur inquiétude au sujet de la liberté de la presse en Géorgie, affirmant que les dirigeants et propriétaires de presque toutes les chaînes de télévision indépendantes étaient sous le coup d'enquêtes.

L'ambassade des Etats-Unis en Géorgie a déclaré dans un communiqué que l'emprisonnement de M. Gvaramia "remettait en question l'engagement de la Géorgie en faveur de l'état de droit", critiquant aussi "un schéma inquiétant d'enquêtes et de poursuites sélectives visant les opposants au gouvernement actuel".

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