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Le limogeage du directeur d'un magazine étudiant d'Etat qui tentait de renouveler le journalisme à Cuba a provoqué une polémique sur les réseaux sociaux

Le limogeage du directeur d'un magazine étudiant d'Etat qui tentait de renouveler le journalisme à Cuba a provoqué une polémique sur les réseaux sociaux, chose inhabituelle parmi les journalistes et les intellectuels liés au gouvernement. Armando Franco, 30 ans, a été destitué de la direction du magazine centenaire Alma Mater, organe de la Fédération étudiante universitaire (FEU), sans aucune explication publique.

"Par décision du Bureau national de l'Union des jeunes communistes (UCJ), Armando Franco Senén a été relevé de ses fonctions de directeur du magazine", indique ce bimestriel sur Twitter. "Ce qui me semble inquiétant, c'est qu'au lieu de s'ouvrir, ceux qui dirigent continuent de montrer des signes de fermeture. Cela me semble même très sérieux, à ce stade", a commenté l'auteur-compositeur-interprète Silvio Rodríguez sur son blog Segunda Cita.

Alma Mater, dirigé par Armando Franco depuis 2019, était le seul média officiel à avoir rapporté les manifestations massives des 11 et 12 juillet 2021, en interviewant des participants. Aux cris de "Liberté!" et de "Nous avons faim!", des milliers de Cubains ont manifesté le 11 juillet 2021 dans une cinquantaine de villes du pays. "Nous sommes attristés, comme tant de collègues et supporters d'Alma Mater, par la décision adoptée concernant Armandito et la publication", a déclaré sur Facebool, Ricardo Ronquillo, président de l'Union officielle des journalistes de Cuba (UPEC).

Cependant, la première secrétaire de l'Union officielle des jeunes communistes (UJC), Aylín Álvarez, a justifié le départ du journaliste. "Cela est intervenu dans le cadre d'un processus naturel de renouvellement et répond à la politique des cadres de l'UJC et du pays", a-t-elle tweeté. Deux autres journalistes d'Alma Mater ont décidé de quitter la publication, dont le rédacteur en chef, Yoandry Ávila, qui l'a annoncé sur Facebook.

À Cuba, où toute la presse légale appartient à l'Etat, le Département idéologique du Parti communiste au pouvoir (PCC, parti unique) détermine la politique d'information et décide des changements. La presse d'opposition est considérée comme illégale et ses journalistes sont fréquemment détenus et harcelés par la Sûreté de l'Etat.

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