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Le parquet d'Athènes a ordonné lundi une enquête judiciaire sur la surveillance présumée du téléphone portable d'un journaliste grec spécialisé dans les affaires financières

Le parquet d'Athènes a ordonné lundi une enquête judiciaire sur la surveillance présumée du téléphone portable d'un journaliste grec spécialisé dans les affaires financières, a-t-on appris de source judiciaire. La procureure Sotiria Papageorgopoulou, cheffe du parquet d'Athènes, "a ordonné une enquête préliminaire pour examiner s'il y a eu violation de la confidentialité téléphonique" du journaliste. Il y a une semaine, le site grec d'investigation Inside story a rapporté que "le téléphone portable du journaliste Thanassis Koukakis avait été attaqué par le logiciel spyware Predator entre le 12 juillet et le 24 septembre 2021". Le journaliste effectuait alors une série d'enquêtes, notamment sur une banque grecque, les dépenses du ministère des Migrations et des contrats de défense, selon Inside story.

Le gouvernement a aussitôt a exclu "toute implication de l'Etat dans cette surveillance présumée" et appelé à une enquête par l'Autorité indépendante de Transparence et par l'Autorité indépendante des communications et de confidentialité (Adae)". Mais un autre site grec d'investigation, Reporters United, a révélé vendredi que "les services secrets grecs surveillaient le téléphone du journaliste un an avant que son téléphone ne soit attaqué par le logiciel spyware Predator", logiciel espion développé en Macédoine du Nord, pays frontalier de la Grèce, par la société Cytrox.

"Ce serait extrêmement problématique du point de vue éthique et légal" si un journaliste ou un particulier était surveillé, a déclaré lundi le porte-parole du gouvernement Yannis Economou, appelant à nouveau à une enquête. L'association de la presse étrangère en Grèce (FPA) s'est dite lundi "très préoccupée par les articles sur la surveillance de Thanassis Koukakis par les services secrets".

L'Institut international de la presse (IPI) avait également fait part de son inquiétude la semaine dernière.

De son côté, l'Union des Rédacteurs grecs (Esiea) a réclamé un "éclaircissement rapide" de cette affaire qui "concerne la violation de la confidentialité des communications".

En novembre, le quotidien grec Journal des rédacteurs avait révélé la surveillance par les services secrets d'un autre journaliste grec, spécialisé dans les affaires de migrations. Le ministre d'Etat George Gerapetritis avait à l'époque démenti à l'AFP "toute surveillance de journalistes" en Grèce.

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