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Les prisons françaises comptent de nouveau plus de 70.000 détenus - Ce seuil n'avait plus été atteint depuis le début de la crise sanitaire il y a deux ans

Ce seuil n'avait plus été atteint dans les prisons françaises depuis le début de la crise sanitaire il y a deux ans, selon des chiffres officiels. Les 188 établissements pénitentiaires comptaient au 1er mars dernier 70.246 détenus pour 60.619 places opérationnelles, soit une densité carcérale globale de 115,9 % contre 105,9 % il y a un an. 

Le nombre de personnes incarcérées avait déjà frôlé le 1er février cette barre symbolique, avec 69.964 détenus. Sur une année, on dénombre 5.841 détenus en plus, soit une croissance de 9,1 % de la population carcérale. 

Selon les données statistiques du ministère de la Justice, 13.545 détenus sont actuellement en surnombre par rapport aux places disponibles dans les établissements pénitentiaires. 

La densité carcérale s'établit à 137,7 % dans les maisons d'arrêt, où sont incarcérés les détenus en attente de jugement - et donc présumés innocents - et ceux condamnés à de courtes peines. 

Quarante-six prisons françaises affichent une densité supérieure à 150 %. Cette densité dépasse même 200 % dans six établissements (214,9 % à Bordeaux-Gradignan, 212,8 % à Fontenay-le-Comte et à Perpignan). 

En raison de cette surpopulation, 1.665 prisonniers sont contraints en France de dormir sur des matelas posés à même le sol. Ils étaient 848 le 1er mars 2021. 

Parmi les détenus, 19.434 sont des prévenus, incarcérés dans l'attente de leur jugement. 

Au total, 85.053 personnes étaient placées sous écrou au 1er mars, dont 14.807 non détenues faisant l'objet d'un placement sous bracelet électronique (14.080) ou d'un placement à l'extérieur (727). 

Le nombre de femmes écrouées (3,6 % de la population carcérale totale) est en légère hausse, tandis que celui de mineurs (0,8%) est stable. 

La barre très symbolique des 70.000 détenus en France avait été franchie pour la première fois en avril 2018, avant de dépasser le seuil des 71.000 en novembre 2018, puis 72.000 en mars 2020, au tout début de la pandémie. 

La crise sanitaire avait entraîné une chute drastique de la population carcérale, le nombre de détenus passant même sous la barre des 60.000 en mai 2020, à la faveur d'une baisse de la délinquance pendant le confinement et donc d'incarcérations moindres, ainsi que de mesures de libération anticipée pour quelque 6.600 personnes en fin de peine. 

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