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L'appel à l'aide d'un médecin aux urgences de l'hôpital de Draguignan qui ont dû, faute de personnel, fermer la nuit, aux candidats à l'élection présidentielle en France: "Ne sacrifiez pas le service public hospitalier!"

Médecin aux urgences de l'hôpital de Draguignan (Var) qui ont dû, faute de personnel, fermer la nuit, Pierre-Emmanuel Lebas lance un cri du coeur aux candidats à l'élection présidentielle en France: "Ne sacrifiez pas le service public hospitalier!"

A 61 ans, il travaille depuis l'âge de 26 ans dans le service de santé public, "sans jamais" s'arrêter.

"Moi, c'est mon combat, sauver le système public. J'y suis très attaché. Historiquement, c'est le service public qui a permis les grandes découvertes", rappelle-t-il.

"On ne peut pas laisser périr un système qui a sauvé des gens et en sauve encore alors que les failles qu'on dénonce vont devenir dangereuses pour la population", assène en pesant chacun de ses mots le praticien qui reçoit l'AFP au service des urgences de l'hôpital de la Dracénie.

Situé dans un département de la Côte d'Azur, région pourtant bien dotée en structures médicales, ce centre hospitalier de l'arrière-pays couvre les besoins en soins d'un bassin de 100.000 habitants.

En cet après-midi de janvier, Pierre-Emmanuel Lebas accueille aux urgences un maçon tombé d'un échafaudage, un homme souffrant d'insuffisance cardiaque ou une petite fille qui colorie un ballon gonflable avec une infirmière en attendant sa mère.

"Sa maman, qui a subi des coups, est en consultation avec le médecin légiste", chuchote le médecin, pour qui "il n'y a que dans le public qu'on prend en charge ce genre de cas".

Mais à sept ans de la retraite, le Dr Lebas s'inquiète de "peut-être commencer à voir des services fermés et redistribués vers le privé".

En octobre, il s'est élevé contre la fermeture nocturne, entre 20h30 et 8h30, des urgences de l'hôpital de Draguignan.

Face à la pénurie de praticiens, "le quotidien était devenu très compliqué", témoigne-t-il.

Si une vingtaine de postes de praticiens temps plein sont budgétés, "on n'était jusqu'à récemment que six médecins urgentistes".

"Cela nous a amené à travailler pendant près de deux ans entre 80 et 100 heures par semaine et à différer nos vacances", remarque-t-il, ajoutant qu'aucun des médecins n'a pu prendre de congés à Noël.

Cette carrière qui lui a offert "des moments fabuleux" l'a aussi forcé à mettre de côté ses passions, comme la course automobile. Elle a aussi eu un coût sur sa vie familiale: "Oui, il y a eu des sacrifices... Je n'ai pas vu mon fils grandir".

"On vient de recruter deux personnes mais on ne peut pas rouvrir 24h/24 sans être aux alentours de 12 à 13 praticiens", explique-t-il.

Alors, il a fallu fermer la nuit. Au-delà de 20h30, les urgences n'acceptent plus que les malades "qui ne peuvent pas être transférés".

En dehors des urgences vitales, obstétricales, psychiatriques et de l'accueil des femmes et des enfants victimes de violences, ceux qui "peuvent attendre" doivent se rendre en pleine nuit à Brignoles, Fréjus ou Toulon, des villes à des dizaines de kilomètres ou consulter le lendemain.

"Il n'y a pas eu à ce jour de patient ayant été redirigé sur Fréjus ou Brignoles étant arrivé à ces destinations dans un état grave, cela grâce à un tri très rigoureux", confie M. Lebas, mais "l'écueil est néanmoins pour la population la plus éloignée de Draguignan" et vivant dans cette région.

Cette fermeture de nuit "est un échec pour nous qui sommes la deuxième génération à avoir créé les services d'urgence. On ne peut pas admettre que pour des raisons budgétaires et peut-être plus ou moins idéologiques on puisse détruire ce système", déplore Pierre-Emmanuel Lebas.

D'autant qu'il voit des solutions: "Les jeunes médecins qui souhaitent s'installer comme généralistes pourraient démarrer obligatoirement par un mi-temps salarié de cinq ans en médecine de ville et un mi-temps à l'hôpital".

Il dénonce aussi le numerus clausus -- ce système qui limite le nombre d'étudiants -- qui a été "entre guillemets supprimé" par une réforme en 2019 en laissant toutefois les universités fixer elle-mêmes leurs capacités d'accueil: "c'est de la poudre aux yeux".

Dans la bouche et les programmes des candidats à l'élection présidentielle, la santé et l'hôpital sont-ils suffisamment abordés? "Non", répond-il sans hésiter.

Durant cette campagne, "on saupoudre, comme d'habitude et je ne cible pas un candidat plutôt qu'un autre".

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Vos réactions

Portrait de LISCO
26/janvier/2022 - 08h28

c'est tous les week end, dans nos pays perdus des "territoires" que l'on voit des services d'urgence fermer faute de médecins, cela fait quelques lignes dans la presse locale, comme tous les politiques de droite et de gauche ont cautionné cette politique de diminution du nombre de médecins, leurs indignations sont bien timides et l'hopital public continue à aller à sa perte.

Portrait de Calla
26/janvier/2022 - 07h39

La France est au plus mal  les Hôpitaux , La Police la Sécurité ,  les Ecoles , Les Maisons de Retraites , quel scandale !!!!!! maintenant le pouvoir d'achat !!!! 

Portrait de soly
26/janvier/2022 - 00h01
GDGD a écrit :

Macron s'est cramé sur la santé 

- en fermant des milliers de lit en pleine épidémie

- en se privant de dizaines de milliers de soignants qui ne voulaient pas se vacciner mais qu'on aurait pu tester, çà coûte moins cher que de s'en priver ou d'en recruter d'autres en vacataires..

- avec une politique de tests folle qui met une ligne de budget annuel de 20 milliards d'euros qu'on pourrait en grande partie utiliser pour investir dans l'hôpital au lieu de fonds perdus qui profitent aux labos privés

- en maintenant l'AME qui nous coûte 5 milliards sur son mandat, alors que leur plan SEGUR de la santé est évalué à 8 milliards. En gros, on pouvait faire 60% plus rien qu'en supprimant les soins systématiquement gratuits des clandestins, sans leur refuser réellement de soins puisqu'ils auraient été expulsés avant d'arriver à l'hôpital pour tous les soins non-urgents et non-vitaux.

Parfaitement d'accord avec vous. J'ajouterai : les étrangers qui viennent en France juste pour se soigner gratuitement alors qu'ils ont les traitements chez eux mais préfèrent venir en France car c'est gratuit. Pendant que certains smicards français ne peuvent pas se soigner correctement..