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"Un bicot, ça ne nage pas": Des policiers condamnés à de la prison ferme pour des violences et des injures racistes lors d'une interpellation en Seine-Saint-Denis

Le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a condamné six policiers à des peines allant de six à douze mois de prison, dont six mois ferme pour certains, pour des violences et des injures racistes lors de l'interpellation d'un Égyptien en avril 2020. Le policier, qui avait qualifié l'homme interpellé de «bicot» incapable de nager, a été condamné à six mois de prison avec sursis.

Quatre de ses collègues ont été condamnés à douze mois dont six mois ferme. Le parquet de Bobigny n'a néanmoins pas retenu les violences dans ses réquisitions, seulement les insultes, et demandé des peines inférieures aux réquisitions.

Les faits remontent à la fin du mois d'avril 2020. Sur une vidéo diffusée le dimanche 26 avril dans l'après-midi sur le compte Twitter du journaliste Taha Bouhafs, des policiers sont filmés après une interpellation houleuse, durant laquelle des commentaires racistes sont prononcés.

Une scène jugée «glaçante» par le journaliste, qui explique que l'interpellation en question s'est déroulée à L'Île-Saint-Denis (93), vers 2h du matin, dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 avril.

«Un bicot comme ça, ça nage pas», peut-on entendre sur cette séquence. «Ahah, ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied», lui répond un autre, laissant supposer que les agents ont sorti le suspect de l'eau de la Seine, toute proche.

A l'époque, le député LFI de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel avait dénoncé une vidéo décrite comme «inacceptable». «Je ne sais pas ce que ce dernier a fait, je sais par contre que le 17 octobre 1961, on a retrouvé sur ces mêmes berges les corps d'Algériens noyés par la police. Entendre aujourd'hui de tels propos et comportements racistes de la part de fonctionnaires de police est une honte et une grande inquiétude», avait-il fustigé.

«Avec le maire de L'Île-Saint-Denis Mohammed Gnabally, nous sommes en contact avec les autorités pour en savoir plus sur ces faits condamnables», avait-t-il ensuite fait savoir dans un communiqué. Après l'indignation des réseaux sociaux, l'IGPN, la police des polices, avait été saisie de l'affaire. «Un policier a un devoir d'exemplarité», a fait valoir le procureur de Bobigny (93) Loïc Pageot, lors de l'ouverture du procès début novembre. «"Bicot" a une connotation particulière même soixante ans après les faits. Quand on repêche quelqu'un, ces mots gardent toute sa signification», avait-il souligné alors, rappelant à son tour la répression violente de manifestants algériens le 17 octobre 1961 à Paris.

Pour sa défense, le fonctionnaire qui a usé du terme «bicot» avait assuré qu'il s'agissait d'«une blague de mauvais goût». «J'avais besoin de décompresser et faire marrer la galerie», s'était ainsi excusé le policier de 26 ans, issu des effectifs de nuit de la Direction territoriale de la sécurité publique des Hauts-de-Seine, qui a dit «regretter cette blague».

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Vos réactions

Portrait de Julien92
8/janvier/2022 - 13h30
Lexpertdelamaisonmere a écrit :

Ils sont payés pour ça non ? C'est comme pleurer pour des militaires qui meurent à la guerre.

Si être policier c'est juste avoir le droit d'emmerder quiconque et jouer au chef en tout lieu et toute circonstance ce serait trop facile. La justice est déjà bien assez laxiste avec eux.

 

Très difficile de ne pas être grossier avec des individus tels que toi. Je souhaite vraiment que des racailles te refassent le portrait . Tu seras bien content de voir arriver ces "gens qui sont payés pour ça" pour te défendre.

Portrait de Totorovic
8/janvier/2022 - 02h48
Lexpertdelamaisonmere a écrit :

Ils sont payés pour ça non ? C'est comme pleurer pour des militaires qui meurent à la guerre.

Si être policier c'est juste avoir le droit d'emmerder quiconque et jouer au chef en tout lieu et toute circonstance ce serait trop facile. La justice est déjà bien assez laxiste avec eux.

 

C est sûr qu'un  type comme toi qui fait la queue tous les 3 du mois pour aller toucher son RSA, ca va pas mourir au combat. C'est quoi tes risques professionnels à toi? cirrhose et cancer du poumon.... 

Portrait de Pln
7/janvier/2022 - 23h41

Donc ils sauvent le clandos de la noyade mais prennent du ferme pour une blague...

La justice française.

Portrait de COLIN33
7/janvier/2022 - 19h54 - depuis l'application mobile

Au trou c'est insupportable .....

Portrait de canopee3
7/janvier/2022 - 17h07
FranceNation a écrit :

Prenez leur place, subissez ce qu'ils subissent et on en reparle dans quelques années ok ?

Il se trouve que j'ai des amis policiers, je connais donc pas mal leurs problèmes et surtout si vous aviez lu correctement, j'ai précisé que vous n'aviez pas tort...Mais encore une fois, ça ne doit pas justifier les comportements déviant de certains.

Portrait de canopee3
7/janvier/2022 - 16h51
GDG a écrit :

On attend les mêmes peines de prison pour les centaines d'insultes racistes anti-blanc, anti-France quand ce ne sont pas les actes violents de rébellion que doivent subir nos policiers, pompiers, médecins, infirmiers, éboueurs, agents de service public, passants innocents, TOUS les jours.

Ce en quoi vous n'avez pas tort, mais cela doit-il pour autant  fermer les yeux sur les comportements de certains policiers?

Portrait de Kraepelin
7/janvier/2022 - 16h33
FranceNation a écrit :

C'est marrant parce que la bande de Lyon qui a lynché un policier à 10 contre 1 (des français autant que moi n'est-ce pas, et toujours aussi courageux !!! ) , lui occasionnant 45 jours d'ITT : 0 jours de prison au total ! 8 relaxes et 2 condamnations sans mandat de dépôt ... 

Quelle honte ces magistrats !!! Comment voulez-vous que l'on s'en sorte avec des collabos pareils !?

Vous êtes sûr de vous ?

Pourtant, deux prévenus, âgés de 19 et 20 ans, ont été condamnés à cinq ans d'emprisonnement, dont trente mois de sursis avec mise à l'épreuve, pour violence aggravée par trois circonstances : en réunion, avec arme et sur dépositaire de l'autorité publique. Cette peine correspondait aux réquisitions du ministère public, mais le parquet fait appel. Ils sont en préventive (donc bien en prison)

Les deux mineurs soupçonnés d'avoir provoqué la première altercation et d'avoir rameuté le groupe sont renvoyés devant le tribunal pour enfants. L'audience a été reportée jeudi au 4 mars 2022. Donc à suivre.

Pourquoi déformez vous la réalité ?