26/12/2021 16:31

Le Parlement européen alerte sur la situation de l'Etat de droit en Slovénie, se disant inquiet pour la liberté des médias et l'indépendance de la justice

Le Parlement européen a alerté, dans un texte qui a divisé gauche et droite, sur la situation de l'Etat de droit en Slovénie, se disant inquiet pour la liberté des médias et l'indépendance de la justice. Les eurodéputés sont "profondément préoccupé(s) par le climat d'hostilité, de méfiance et de polarisation profonde en Slovénie", ont-ils mis en garde dans le texte adopté en session plénière à Strasbourg. Le texte, qui avait fait l'objet d'un débat en novembre dans l'hémicycle du Parlement européen, était porté par les groupes centriste et de gauche. Il a été voté à 356 voix, alors que 284 eurodéputés, en provenance du groupe PPE (droite) et de l'extrême droite, ont voté contre. Il y a eu 40 abstentions. Il est demandé à la Slovénie, qui occupe encore deux semaines la présidence tournante de l'UE avant de la céder en janvier à la France, de financer de manière régulière et suffisante les médias publics sans toucher à leur indépendance éditoriale.

"Préoccupé(s) par la persistance de la pratique consistant à gouverner par décret, et donc sans contrôle parlementaire", les eurodéputés ont aussi fait part de leur "inquiétude face à l'ensemble des attaques, des campagnes de dénigrement, des actes diffamatoires, des enquêtes criminelles ou des poursuites-bâillons menés par des personnalités publiques et politiques de premier plan, y compris des membres du gouvernement". L'un des points d'inquiétude de l'UE vis-à-vis de la Slovénie était le blocage par le Premier ministre conservateur Janez Jansa de la nomination de deux procureurs slovènes au parquet européen, alors que les magistrats sélectionnés par les autorités judiciaires du pays avaient par le passé enquêté sur des allégations de corruption liées au chef de gouvernement. Avec plusieurs mois de retard, ils ont finalement été nommés fin novembre, ce qui n'empêche pas le Parlement européen d'être "préoccupé" par une modification de la législation entraînant un "risque qu'ils soient révoqués" ensuite.

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Vos réactions

Portrait de lemon
26/décembre/2021 - 16h54

Et en France, c'est comment ?