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Environ 40% des femmes victimes de violences conjugales ne se voient proposer aucune solution d'hébergement lorsqu'elles veulent fuir leur conjoint, selon un rapport de la Fondation des femmes - VIDEO

Environ 40% des femmes victimes de violences conjugales ne se voient proposer aucune solution d'hébergement lorsqu'elles veulent fuir leur conjoint, et seules 12% obtiennent une place adaptée, avec un accompagnement juridique et psychologique, selon un rapport publié par la Fondation des femmes. Depuis le "Grenelle" contre les violences conjugales, fin 2019, le gouvernement a certes "déployé des efforts inédits", en portant à 7 820 le nombre de places adaptées à la situation de ces femmes en détresse (5 131 en 2018 et 2 796 en 2012).

Cependant, "encore trop souvent les femmes se retrouvent sans solution ou sans solution adaptée", ce qui conduit certaines à ne pas quitter leur conjoint violent ou à retourner au domicile conjugal après avoir tenté de le fuir, pointe la Fondation dans un rapport réalisé avec la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF) qui gère la ligne d'appel 3919. "Nous ne nions pas que les choses ont progressé. Mais les besoins ont sans doute augmenté également, à la suite de #MeToo, et parce que désormais on incite davantage les femmes à partir et à porter plainte", souligne auprès de l'AFP Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes.

Or il est essentiel que les victimes qui fuient leur domicile ne soient pas hébergées "sans accompagnement spécifique, dans un hôtel social à l'autre bout de leur département, où elles vont côtoyer d'autres hommes potentiellement violents", insiste Anne-Cécile Mailfert. Les femmes risquent de "rentrer chez elles" et se retrouver ainsi en "grave danger car le conjoint violent sera très en colère en les voyant revenir", alerte-t-elle.

Ce "cercle vicieux" est au centre de la campagne lancée par la Fondation pour appeler à des dons : dans un clip vidéo, c'est un petit garçon qui explique que "Maman, elle en peut plus", que "Papa avait juré qu'il ne recommencerait plus", mais que, faute de place d'hébergement, "on est retourné à la maison". Selon la Fondation des femmes, il faudrait multiplier le nombre de places par 3 à 5, et le budget par 5 à 8, "pour atteindre entre 398 et 663 millions d'euros". Depuis le début de l'année, 101 femmes ont été tuées par leur conjoint, selon le décompte du collectif "Féminicides par compagnon ou ex". Pour l'ensemble de 2020 le chiffre avait atteint 102 féminicides, et 146 en 2019, selon le ministère de l'Intérieur.

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Vos réactions

Portrait de Enjoyyourlife
21/novembre/2021 - 00h38

C'est triste mais quand on voit le nombre de SDF pour qui, le gouvernement ne peut leur proposer un toit, ça ne m'étonne guère.