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L'Espagne a appelé les autorités cubaines à respecter le droit de manifester et réclamé la libération "immédiate" de la journaliste cubaine Camila Acosta

L'Espagne a appelé  les autorités cubaines à respecter le droit de manifester et réclamé la libération "immédiate" de la journaliste cubaine Camila Acosta, qui collaborait avec le quotidien madrilène ABC, arrêtée après les rassemblements contre le régime castriste de ce week-end. "Arrêter une journaliste d'un média espagnol, ABC, me semble inapproprié", a déclaré le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez à la télévision privée Telecinco qui l'interrogeait sur cette arrestation lors d'un entretien.

Camila Acosta fait partie des dizaines de personnes arrêtées après les manifestations inédites qui ont mobilisé dimanche des milliers de Cubains durement frappés par la crise économique, descendus dans les rues pour dénoncer leurs conditions de vie et critiquer le régime aux cris de "Nous avons faim", "Liberté" et "A bas la dictature". La journaliste, âgée de 28 ans, a été interpellée lundi selon Alexis Rodriguez, le rédacteur en chef de la rubrique internationale du journal ABC, avec lequel elle collaborait depuis six mois. Elle écrivait également pour le site d'opposition Cubanet. Selon le site de datajournalisme Inventario, quelque 40 manifestations spontanées ont eu lieu dans toute l'île qui subit la pire crise économique depuis trente ans, marquée par des pénuries chroniques de nourriture, de médicaments et d'électricité.

Habituellement, les seuls rassemblements autorisés sont ceux organisés par le parti communiste au pouvoir. "Nous demandons à ce que les Cubains puissent manifester librement. Deuxièmement, nous demandons que Cuba accélère toutes les réformes qui permettront la prospérité ainsi que les droits et libertés dont nous jouissons dans notre pays", a poursuivi M. Sanchez.

Plus tôt dans la journée, le ministre espagnol des Affaires étrangères Jose Manuel Albares avait réclamé la remise en liberté de la journaliste.

"L'Espagne défend le droit à manifester librement et pacifiquement et demande aux autorités cubaines de respecter ce droit. Nous défendons les droits de l'homme sans conditions. Nous exigeons la libération immédiate de @CamilaAcostaCu", a tweeté M. Albares qui vient de prendre ses fonctions, après un remaniement gouvernemental en Espagne. Son ministère avait demandé auparavant mardi de respecter "le droit fondamental à manifester librement et pacifiquement de tous les citoyens", exprimant sa "préoccupation quant aux graves pénuries" qui frappent la population de l'île.

Le renforcement de l'embargo américain, en vigueur depuis 1962, et l'absence de touristes en raison de la pandémie a entraîné une profonde crise économique et un malaise social croissant sur l'île.

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