02/07 17:31

L'application TikTok annonce avoir supprimé plus de six millions de vidéos en trois mois au Pakistan, alors qu'elle cherche à éviter une interdiction permanente dans ce pays

L'application TikTok a annoncé avoir supprimé plus de six millions de vidéos en trois mois au Pakistan, alors qu'elle cherche à éviter une interdiction permanente dans ce pays profondément conservateur.

Très populaire parmi les jeunes Pakistanais, l'application chinoise de partage de vidéos a été fermée deux fois cette année par les autorités pour contenu "indécent", la dernière fois en mars, après quoi elle s'est engagée à modérer les contenus diffusés.

"Sur le marché pakistanais, TikTok a supprimé 6.495.992 vidéos (de janvier à mars, NDRL), ce qui en fait le deuxième marché à avoir le plus de vidéos supprimées après les États-Unis, où 8.540.088 vidéos ont été supprimées", a indiqué TikTok Pakistan dans son dernier rapport de transparence.

Environ 15% des vidéos retirées concernaient la "nudité adulte et les activités sexuelles".

Un porte-parole a déclaré que les vidéos réalisées au Pakistan avaient été retirées à la suite de demandes d'utilisateurs ou du gouvernement.

Dans ce pays musulman, il est tabou, par exemple, de diffuser des vidéos où les vêtements des protagonistes laissent apparaître trop de peau.

Au début du mois, de petits rassemblements anti-TikTok ont eu lieu pour dénoncer la diffusion de contenus homosexuels.

"Il peut s'agir du résultat de la pression du gouvernement, ou cela peut refléter le grand volume de contenu produit au Pakistan étant donné la popularité de la plateforme, ou les deux", a déclaré Nighat Dad, une militante des droits numériques.

"Les plateformes de réseaux sociaux sont davantage disposées à supprimer et à bloquer du contenu au Pakistan pour échapper aux interdictions complètes", a-t-elle ajouté.

Cette annonce intervient alors que l'application est confrontée à une nouvelle bataille judiciaire à Karachi, où un juge a demandé aux autorités de télécommunications de la suspendre pour diffusion de "contenu immoral". La plateforme continue toutefois de fonctionner dans le pays.

Les défenseurs de la liberté d'expression critiquent depuis longtemps la censure rampante du gouvernement et le contrôle de l'internet et des médias. Des applications de rencontre ont été bloquées et, l'année dernière, les régulateurs pakistanais avaient demandé à YouTube de bloquer immédiatement l'accès à toutes les vidéos qu'ils considéraient comme "répréhensibles" dans le pays.

Ailleurs sur le web

Vos réactions