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Une exposition inédite en France croise les regards d'artistes et d'experts pour faire de la pédagogie face à la prolifération des fake news

Par Nicolas BOVE

"Greta Thunberg aurait été photographiée avec un mouchoir jetable": exemple d'une fausse information qui peut vite devenir virale. Une exposition inédite en France croise les regards d'artistes et d'experts pour faire de la pédagogie face à la prolifération des fake news. "Notre objectif est de s'adresser aux jeunes", explique Nathalie Bazoche, responsable du développement culturel de la Fondation EDF à Paris, qui abrite l'exposition. "Comment donne-t-on envie aux jeunes et aux moins jeunes de s'approprier les outils nécessaires" pour lutter contre les fausses informations?

Une vingtaine d'oeuvres (maquettes, photos, sculptures...), une trentaine de dessins de presse et des vidéos pédagogiques visent à montrer comment prolifèrent les fake news et les outils et réflexes pour s'en prémunir. "Nous sommes en partie responsables du phénomène des fake news par notre attitude face à l'information", estime Laurence Lamy, déléguée générale de la fondation. "Les artistes en plus d'interpeller notre sensibilité, nous familiarisent avec des procédés: l'art de jouer avec la fiction est leur métier". Dans "Libération I" et "Libération II", la photographe Agnès Geoffray reprend la photo d'une femme tondue et mise à nue par la foule à la Libération de Paris en 1945. Dans une version modifiée de la photographie (antérieure à l'exposition), l'artiste a rhabillé cette femme pour la "réhabiliter", souligne Nathalie Bazoche. Une réappropriation artistique qui illustre la capacité d'une image à influer sur la lecture d'un événement.

"Les fake news qui fonctionnent s'appuient (souvent) sur des archives, qui sont transformées pour réinterpréter les faits historiques", commente Nathalie Bazoche. A l'autre bout de la pièce, des mètres de "fausses vérités" imprimées sur du papier de ticket de caisse s'amoncellent sur le sol. Cette imprimante à fake news est une oeuvre des artistes Tsilane Hassine et Camel Barnea Brezner Jonas. Au fil de leur déambulation, les visiteurs peuvent aussi observer quatorze oiseaux bleus en cage, comme les gazouillis du réseau social Twitter, mettant à la portée du public de fausses informations. Comme le tweet "George Clooney a été hospitalisé en cure de désintoxication", imaginé par l'artiste Nicolas Davoine. "N'y a-t-il pas un risque dans la liberté de parole qu'a pu représenter Twitter", interroge-t-il.

Le rôle de l'exposition est d'alerter sur "cette liberté d'expression qu'on ne doit pas perdre, surtout sous prétexte qu'on ne saurait pas gérer les fake news en tant qu'individu", souligne Nathalie Bazoche. Une vidéo explique ainsi le phénomène des deep fakes -- un trucage numérique consistant à reproduire des visages de personnalités comme Donald Trump ou l'acteur Morgan Freeman, et à leur faire dire tout et n'importe quoi. Sur un autre écran, Denis Teyssou, journaliste à l'Agence France-Presse - laquelle a développé le plus important réseau au monde de journalistes dédié au fact-checking - présente des outils numériques développés pour analyser les images qui circulent en ligne et retracer leur construction lorsqu'elles ont été détournées.

L'exposition, qui fait l'objet d'un partenariat avec le CLEMI (Centre de liaison de l'enseignement et des médias d'information), dispose d'une version adaptée qui circule dans des classes de collèges et lycées. Gratuite sur réservation du fait des restrictions sanitaires, l'exposition "Fake News: art, fiction, mensonge" se tient jusqu'au 30 janvier 2022, à la fondation EDF à Paris. C'est la deuxième exposition de la fondation qui suit un nouveau programme, "éclairer des sujets de société avec le concours d'oeuvres d'art".

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Vos réactions

Portrait de sibel430
7/juin/2021 - 22h31

Etre traité de complotistes par ces comploteurs de mondialiste est un honneur .

4 ans de fake news sur la soit disant collusion russe de Trump.

Fake News : la covid provient du labo de Wuhan . A ben non alors, ce n'en est plus une . Ou l'on apprend à travers ses mails que Fauci  (médecin qui dirige la stratégie sanitaire des EU sur la covid) savait que :

- les masques étaient inefficaces pour éviter les contagions- les asymptomatiques ne contaminent pas ou quasi- la chloroquine était un traitement prometteur- le génome du virus était possiblement manipulé et conçu comme une arme biologique- des travaux de gains de fonction étaient à l'oeuvre au labo de Wuhan- une immunité post infectionet qu'il a délibérément caché ces informations qui si révélées auraient réduit à néant tout le narratif covid qu'on subit depuis 1 an et demi ."
Portrait de ahmed003
7/juin/2021 - 18h03 - depuis l'application mobile

deja, pourquoi utiliser ce terme de Fake news? sommes nous anglo saxon ? qu'est-ce qui légitime d'utiliser cet anglicisme ? fausse information n'est il pas suffisant ? Et une fausse information ne peut elle pas s'avérer vrai un peu plus tard ?

Portrait de francois842021
6/juin/2021 - 17h46

Et qui contrôle ces gens quand ils font des fakes news, ce faire son opinion tout aussi mauvaise soit elle c'est pas le principe de la démocratie ? dans ce cas on à cas mettre un seul parti politique puisque les autres sont des fakes news.