30/05/2021 08:02

Coronavirus - Facebook change de position et ne va plus interdire la publication de théories affirmant que le Covid-19 a été créé par l'homme

Facebook ne va plus interdire la publication de théories affirmant que le Covid-19 a été créé par l'homme, au moment où l'hypothèse d'un accident de laboratoire en Chine revient dans le débat américain. "A la lumière des investigations en cours sur les origines du Covid-19 et en consultation avec les experts de la santé, nous ne retirerons désormais plus de nos plateformes les allégations sur le fait que le Covid-19 a été créé par l'homme ou a été fabriqué", a indiqué  le groupe californien sur son site internet. Le réseau social, utilisé par quelque 3,45 milliards de personnes sur au moins une de ses quatre plateformes (Facebook, Instagram, Messenger, WhatsApp) va à rebours de ses précédentes règles sur la désinformation au temps du Covid-19, déjà actualisées en février dernier.

Elles prévoyaient jusqu'à présent d'interdire les théories suggérant que le virus avait une origine humaine, au même titre que les allégations sur la prétendue inefficacité des vaccins ou sur leur caractère soi-disant toxique et dangereux. Facebook explique continuer à "travailler avec les experts pour suivre l'évolution de la nature de la pandémie et nous mettons régulièrement à jour nos politiques à mesure que de nouveaux faits et tendances apparaissent".

Twitter n'a en revanche pas changé son règlement sur la désinformation autour du Covid-19. "Nous continuons de prendre des mesures coercitives contre les contenus et les comptes présentant des affirmations manifestement fausses ou trompeuses sur le Covid-19 et qui peuvent conduire à un risque de préjudice", a indiqué un porte-parole de l'entreprise à l'AFP.

"Nous menons ce travail en étroite concertation avec les autorités sanitaires mondiales et continuerons de collaborer avec des experts en santé publique pour aider les gens à trouver des informations sérieuses et fiables sur le Covid-19", a-t-il ajouté.

YouTube n'avait pas réagi dans l'immédiat aux sollicitations de l'AFP.

La volte-face de Facebook a suscité de nombreuses réactions de voix conservatrices et de partisans de l'ancien président américain Donald Trump, qui accusent le géant des réseaux sociaux de les avoir muselés lorsqu'ils avaient imputé une origine humaine au Covid au début de la pandémie. "Ouah! Mais ils ont supprimé cette histoire pendant un an en diffamant Trump et les républicains au motif d'une +théorie du complot+, en mettant sur liste noire la presse conservatrice et en nous bannissant", a notamment tweeté la blogueuse Kelly Sadler, ancienne conseillère de Donald Trump.

Facebook a développé un programme de vérification des faits par des médias tiers, auquel participe l'AFP, pour lutter contre la désinformation.

En septembre dernier, un article du site Politifact mentionnait que les autorités sanitaires mondiales ont "dit à de multiples reprises que le coronavirus n'était pas issu d'un laboratoire". Mais Politifact a reconnu début mai que cette affirmation faisait l'objet d'un débat. La théorie d'un accident de laboratoire à Wuhan, en Chine, est revenue sur le devant de la scène ces dernières semaines aux Etats-Unis après avoir été longtemps écartée par la plupart des experts.

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Portrait de Tony satch
30/mai/2021 - 18h41 - depuis l'application mobile

Tous les consensus scientifiques tombent les uns après les autres, au lieu de débattre on a préféré diaboliser certains scientifiques en les traitant de complotiste, pendant que le mensonge prend l’ascenseur, la vérité prend les escaliers.