10/11/2010 15:49

Le patron du contre-espionnage attaque le Canard Enchaîné

Le patron du contre-espionnage français, Bernard Squarcini, a déposé plainte mercredi pour diffamation contre le Canard enchaîné qui l'a accusé la semaine dernière de piloter des opérations illégales de surveillance des journalistes, a annoncé à l'AFP son avocat.

  "Nous avons déposé plainte entre les mains du doyen des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Paris pour diffamation", a déclaré Me Patrick Maisonneuve, précisant que cette plainte visait le directeur de publication du journal satirique, Michel Gaillard, ainsi que le rédacteur en chef et auteur de l'article Claude Angeli.  

Dans son édition du 3 novembre, Claude Angeli avait affirmé que "dès qu'un journaliste se livre à une enquête gênante pour lui ou pour les siens", le chef de l'Etat "demande" au patron de la DCRI (contre-espionnage) Bernard Squarcini de "le mettre sous surveillance".  

Selon l'hebdomadaire, qui citait des sources anonymes au sein de la DCRI, "un groupe" a même été monté à cette fin, composé de "plusieurs anciens policiers des RG", qui "se procurent les factures détaillées du poste fixe et du portable du journaliste à espionner".   "On impute à M. Squarcini d'avoir monté une officine en interne qui a pour mission d'espionner les journalistes. C'est inacceptable", a réagi Me Maisonneuve.  

"On peut comprendre ce qui relève de la polémique, voire des fantasmes, mais là, la ligne jaune est largement franchie", a ajouté le pénaliste: "C'est pourquoi Bernard Squarcini a décidé de saisir la justice. C'est une première."  

L'avocat a prévenu que le patron de la DCRI n'hésiterait pas à poursuivre tout journaliste réitérant ces accusations.   Dans les prochaines semaines, les journalistes poursuivis devraient être mis en examen, car en matière de délits de presse, cette procédure est automatique.  

Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, devrait pour sa part bientôt déposer une citation directe visant Mediapart.   

La semaine dernière, le site d'information a affirmé que deux de ses journalistes, enquêtant sur les affaires Karachi et Bettencourt, ont été pistés et "géolocalisés" par les services français lors de leurs déplacements pour rencontrer leurs informateurs.

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Vos réactions

Portrait de grardbonnie
10/novembre/2010 - 16h14

il est bien temps de faire taire tous ses journaux de ..........:evil: :evil: :evil: :evil: :evil: :evil: :evil: :evil:

Portrait de noelletess
10/novembre/2010 - 16h13

Le pire c'est que le Canard Enchaîné suit les traces de Médiapart et, au lieu de mener des enquêtes comme il le faisait avant, cherche le sensationnel, quitte à inventer.