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Le magazine L'Obs, poursuivi en diffamation par Marine Le Pen, a été relaxé en appel, pour un article de 2014 sur l'affaire des soupçons de surfacturation de frais de campagne

Le magazine L'Obs, poursuivi en diffamation par Marine Le Pen, a été relaxé en appel, pour un article de 2014 sur l'affaire dite "Jeanne", des soupçons de surfacturation de frais de campagne. A l'issue d'une longue procédure, la cour d'appel de Paris a infirmé le jugement du tribunal, qui avait condamné en juin 2016 l'hebdomadaire à 500 euros avec sursis et 2.000 euros de dommages et intérêts.

La cour d'appel avait ensuite relaxé une première fois le magazine en 2017 mais la Cour de cassation avait annulé cette décision, renvoyant le dossier pour un troisième procès. L'avocat de L'Obs, Me Didier Leick, a indiqué ne pas avoir encore connaissance du détail des motivations, mais il s'est réjoui de cette décision, "qui préserve la liberté d'expression et consacre un journalisme d'enquête".

En première instance, L'Obs avait été condamné pour avoir imputé un enrichissement personnel à la présidente du Rassemblement National (FN à l'époque), dans un dossier qui concernait en fait le parti. Intitulé "Le magot caché de Marine Le Pen", l'article publié le 11 décembre 2014 écrivait notamment: "la justice se demande si la présidente du Front national n'est pas la bénéficiaire d'un système conçu pour détourner de l'argent public".

Le débat portait notamment sur le fait de savoir si Marine Le Pen était mise en cause en tant que présidente du parti ou en tant que personne privée. L'article datait des premiers soupçons de l'affaire dite des "kits de campagne", confiée à des juges d'instruction en 2014, dans laquelle le FN et son entourage sont soupçonnés d'avoir financé leurs campagnes électorales entre 2012 et 2015 grâce à d'éventuelles escroqueries au préjudice de l'Etat, qui rembourse ces dépenses.

Au cours de l'instruction, Marine Le Pen n'a jamais été mise en examen, mais placée sous le statut de témoin assisté et elle n'a pas été renvoyée devant la justice.

En revanche, le parti, ainsi que plusieurs hauts responsables ou proches, ont été jugés fin 2019. En juin 2020, le tribunal a relaxé le parti des accusations d'escroquerie, le condamnant uniquement dans un sous-volet de cette affaire. Le parquet a fait appel, ce qui doit aboutir à un nouveau procès dont la date n'est pas encore connue.

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