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Facebook accuse le service de renseignement intérieur de l'Autorité palestinienne d'utiliser sa plateforme pour espionner des journalistes

Le réseau social Facebook accuse  le service de renseignement intérieur de l'Autorité palestinienne d'utiliser sa plateforme pour espionner des journalistes, des militants des droits humains et des opposants politiques, précisant dans un rapport avoir pris des mesures dont la fermeture de comptes. Le géant américain explique avoir également identifié des opérations d'espionnage "à motivation politique" menées par un groupe qui serait basé à Gaza et affilié au Hamas, mouvement islamiste qui dirige cette enclave palestinienne.

Des élections législatives prévues en mai verront l'Autorité palestinienne, basée en Cisjordanie, et le Hamas s'affronter pour la première fois depuis quinze ans.

Selon Facebook, le Service de sécurité préventive (PSS) de l'Autorité palestinienne a ciblé "des journalistes, des opposants au gouvernement dirigé par le Fatah, des militants des droits humains et des groupes armés", principalement en Cisjordanie, à Gaza et en Syrie mais aussi dans d'autres pays (Turquie, Irak, Liban, Libye).

Le PSS a utilisé "des logiciels malveillants peu sophistiqués déguisés en applications de messagerie sécurisées" pour infiltrer des appareils Android et pour récolter des informations comme le "journal d'appels, la localisation, la liste des contacts et les SMS", indique le rapport. Une fausse application invitait aussi les journalistes à soumettre "des articles liés aux droits humains pour publication", affirment les enquêteurs en cybersécurité de Facebook, auteurs du rapport.

Selon eux, le service de renseignement a utilisé de faux comptes censés appartenir à de jeunes femmes mais aussi à "des partisans du Hamas, du Fatah, à divers groupes militaires, à des journalistes et à des militants" afin de "créer un climat de confiance avec les personnes ciblées et les inciter à installer des logiciels malveillants".

Le rapport mentionne également des "opérations de cyber-espionnage parrainées par un Etat", en référence aux activités du groupe Arid Viper. Selon des experts indépendants, ce groupe lance des attaques informatiques contre Israël depuis la bande de Gaza depuis 2013.

Mais, affirme Facebook, il a aussi visé des Palestiniens, y compris "des personnes associées à des groupes pro-Fatah, des organisations gouvernementales palestiniennes, du personnel militaire et de sécurité et des groupes d'étudiants" dans les Territoires palestiniens. Arid Viper a utilisé "plus d'une centaine de sites internet contenant des logiciels malveillants iOS et Android, tentant de voler des identifiants par des techniques d'hameçonnage ou agissant comme des serveurs de contrôle".

En conséquence, Facebook a supprimé des comptes considérés comme étant affiliés au PSS et à Arid Viper, a "diffusé la signature des programmes malveillants, bloqué les sites associés à ces activités et prévenu les personnes" ciblées.

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