21/04/2021 19:07

EXCLU - Sarah Halimi - Le magistrat honoraire Philippe Bilger s'adresse directement à Arthur : "Vous avez un devoir, celui de la modestie. Je n'ai jamais fui les contradicteurs courtois."

Nouvel acte dans le face à face qui voit s'opposer Philippe Bilger et l'animateur Arthur. Cette fois, c'est auprès de jeanmarcmorandini.com que le magistrat honoraire s'exprime en exclusivité en s'adressant directement à Arthur: "Ni mépris, ni condescendance de ma part. Vous avez tout à fait le droit de vous exprimer. Mais votre indignation morale est offensante - honte de cette décision et c'est quoi ce pays! - et votre droit vous impose un devoir : celui de la modestie dont vous pourriez faire preuve parce que comme pour tant d'autres, le fond des expertises vous est demeuré étranger et que dans ces conditions, les procès expéditifs sont mal venus. Si demain la loi est changée, j'en prendrai acte. Je n'ai jamais fui les contradicteurs courtois."

Ce matin, sur son compte Twitter, l'animateur a répondu au message posté par l'avocat sur le réseau social en réaction à la colère d'Arthur après la décision rendue le 14 avril dernier dans le meurtre de Sarah Halimi (voir vidéo ci-dessus).

"Cher Monsieur, je me permets de dire et penser ce que je veux. Je suis blessé et inquiet comme beaucoup de citoyens français par cette décision d’injustice. Mais le corporatisme est plus fort que tout", débute l’animateur.

Et d’ajouter : "Continuez de croire que vous avez toujours raison. A lire les commentaires sous votre message, la conscience universelle et citoyenne vous donne déjà tord". "Vous parlez d’ignorance indignée. Vous alliez le mépris à la condescendance. Nul n’est censé ignorer le respect", termine l’animateur.

Hier, au lendemain d'une vidéo postée sur le compte Instagram d'Arthur, le magistrat Philippe Bilger réagissait à sa colère après la décision rendue le 14 avril dernier dans le meurtre de Sarah Halimi.

La Cour de cassation a confirmé l’irresponsabilité pénale du meurtrier, entérinant ainsi l’absence de procès pour le jeune homme, hospitalisé en psychiatrie depuis ce crime.

"Hallucinant! Arthur se permet de dire au sujet de Sarah Halimi: « J’ai honte de cette décision. C’est quoi ce pays? ». Ce qui est honteux est ce propos. Des effets conjugués de la démagogie présidentielle et de l’ignorance indignée...", indiquait le président de l'Institut de la parole sur son compte Twitter.

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Vos réactions

Portrait de Cristaline1000
22/avril/2021 - 12h00

L'expert psychiatre Paul Bensussan avait examiné le tueur de Sarah Halimi. En se fondant notamment sur ses conclusions, la justice a déclaré l'assassin irresponsable et l'a exonéré d'un procès. Au cœur de la polémique, très critiqué, il a accepté de répondre aux questions de « Marianne ».

 

Quelles ont été vos conclusions ?

Il n’y a eu aucune dissension au sein du collège. Nous avons conclu (à l’instar des autres experts) à une bouffée délirante aiguë, ici marquée par l’apparition soudaine d’un délire de persécution et de possession de nature satanique. Décrite par Magnan en 1866, la bouffée délirante survient typiquement chez un patient exempt de tout trouble psychiatrique (on parle de « coup de tonnerre dans un ciel serein »). Elle constitue fréquemment un mode d’entrée dans un trouble schizophrénique. Ce trouble est l’un des cas les plus consensuels d’irresponsabilité pénale. Il se caractérise par l’apparition soudaine d’idées délirantes et/ou d’hallucinations et/ou d’un discours incohérent et/ou d’un comportement grossièrement désorganisé pendant plus d’un jour et, par définition, moins d’un mois. Ce délire aigu engendre des bouleversements émotionnels et une note confusionnelle, toutes modifications que nous avons retrouvées dans les auditions de l’entourage de Monsieur Traoré.

Dans les heures qui ont précédé son passage à l’acte, il était halluciné, soliloquait en répondant à des voix imaginaires, inquiétait tout le monde, y compris ses parents, ses voisins maliens qu’il avait séquestrés et qui avaient appelé la police… Il était allé la veille à la mosquée, avait consulté un exorciste, pensait que son beau-père voulait l’empoisonner ou le « marabouter », que l’auxiliaire de vie (d’origine haïtienne) de sa sœur appliquait sur lui des rituels vaudous… Des thèmes et des mécanismes délirants particulièrement riches, une dimension persécutive dominante.

La problématique était ici le rôle possiblement déclencheur du cannabis. L’existence de délires induits par le cannabis est parfaitement établie et leur séméiologie est très comparable à celle présentée par Monsieur Traoré au moment des faits. Mais les taux sanguins de THC retrouvés chez lui étaient faibles à modérés (peu compatibles avec une consommation massive récente) et les idées délirantes ont persisté longtemps après l’arrêt de l’intoxication, alors même que Monsieur Traoré était hospitalisé et traité par antipsychotiques majeurs. Enfin et surtout, croyant trouver l’apaisement dans le fait de fumer, comme il le faisait régulièrement depuis l’âge de 15 ans, il a sans doute précipité l’évolution d’un trouble dont le cannabis n’a été selon nous qu’un co-facteur et non la cause. Nous avons donc conclu à l’irresponsabilité pénale, tout simplement parce qu’elle s’imposait techniquement !

Ce qui ne revenait pas, faut-il le préciser, à occulter la barbarie du passage à l’acte, et moins encore sa dimension antisémite. C’est en s’enfuyant par le balcon de chez les voisins, alors qu’il se croyait poursuivi par les « démons » qu’il est entré par effraction dans l’appartement de Madame Halimi et que l’enchaînement fatal est survenu. Je l’ai souligné dans le rapport comme à la barre de la chambre de l’instruction : en proie à son délire, à la fois agressif et terrorisé, Monsieur Traoré était au moment des faits un baril de poudre. Mais le judaïsme de Madame Attal, la vision du chandelier à sept branches, ont été l’étincelle. Pour le dire simplement : le crime était celui d’un fou, mais son crime était antisémite car dans son délire, il assimilait les juifs au démon. L’indignation de l’opinion publique et de la communauté tient selon moi à l’idée (fausse) que reconnaître la folie et l’irresponsabilité pénale du meurtrier reviendrait à nier la dimension antisémite de son acte. Il faut à ce sujet rappeler que l’arrêt de la Chambre de l’instruction a retenu la culpabilité de Monsieur Traoré, mais aussi la dimension antisémite de son crime.

 

Portrait de Jilou1994
21/avril/2021 - 20h34

C'est vrai qu'il est d'une modestie sans borne ce magistrat !

Portrait de bergil
21/avril/2021 - 20h31
VNBis a écrit :

Quand j'entends parler Mr Bilger, je comprends les raisons de l'échec de la justice Française

Ils ont oublié qu'ils rendaient justice au nom du peuple

Ce sont des petits barons qui estiment n'avoir de compte à rendre à personne

Quand on lui demande comment une personne incapable de discernement a pu choisir une personne juive, et la balancer du balcon en la traitant de sale juive et en criant Allah Akbar il répond : j'ai lu le rapport vous n'avez qu'à faire de même

Cela en dit long , incapable de trouver une logique dans cette décision , il se cache derrière son corporatisme et le non droit à commenter une décision de justice.

Moi j'appelle cela de la lâcheté

Il est temps qu'un gouvernement courageux foute dehors toutes ces lopettes, réforme cette institution monarchique qui se fout du peuple

Une entreprise privée qui aurait des résultats aussi minables aura fait faillite depuis longtemps    

Bravo !

Portrait de bergil
21/avril/2021 - 20h31
VNBis a écrit :

Quand j'entends parler Mr Bilger, je comprends les raisons de l'échec de la justice Française

Ils ont oublié qu'ils rendaient justice au nom du peuple

Ce sont des petits barons qui estiment n'avoir de compte à rendre à personne

Quand on lui demande comment une personne incapable de discernement a pu choisir une personne juive, et la balancer du balcon en la traitant de sale juive et en criant Allah Akbar il répond : j'ai lu le rapport vous n'avez qu'à faire de même

Cela en dit long , incapable de trouver une logique dans cette décision , il se cache derrière son corporatisme et le non droit à commenter une décision de justice.

Moi j'appelle cela de la lâcheté

Il est temps qu'un gouvernement courageux foute dehors toutes ces lopettes, réforme cette institution monarchique qui se fout du peuple

Une entreprise privée qui aurait des résultats aussi minables aura fait faillite depuis longtemps    

Bravo !