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Séparatisme : Le ton monte au Sénat, avec de vifs échanges entre le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti et les sénateurs PS sur la liberté de la presse - VIDEO

Le ton est monté vendredi au Sénat, lors de l'examen de l'article 18, dit "Samuel Paty", du projet de loi contre le séparatisme, avec de vifs échanges entre le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti et les sénateurs PS sur la liberté de la presse. "Vous n'avez pas le monopole de la sauvegarde de la liberté de la presse dans ce pays", a tancé le ministre, alors que le sénateur PS de Paris David Assouline jugeait nécessaire "d'exclure explicitement la presse" du périmètre de cet article.

L'article 18 crée un nouveau délit de mise en danger de la vie d'autrui par la diffusion, dans un but malveillant, d'informations relatives à la vie privée. Ce nouveau délit sera puni de trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende. "C'est par la liberté de la presse à la française que nous vaincrons tous ceux qui veulent remettre en cause la démocratie", a plaidé le sénateur.

"Faites-vous la différence entre la liberté d'informer et l'intention de nuire? (...) Un haineux n'informe de rien mais fait du mal", s'est emporté M. Dupond-Moretti. Le ministre a souligné que dans le cas de la décapitation en octobre 2020 du professeur Samuel Paty, cible d'une campagne haineuse sur les réseaux sociaux, cet article aurait pu permettre d'"intervenir plus tôt". "L'article 18 ne concerne en rien les journalistes, il concerne des gens qui propagent de la haine et qui ne sont justement pas journalistes", a insisté le ministre, reprochant aux sénateurs socialistes de n'avoir "pas envie d'être convaincus".

La discussion à fleurets à peine mouchetés a fini par déraper dans un nouvel échange d'amabilités entre le ministre et la sénatrice PS Marie-Pierre de La Gontrie, qui s'opposent régulièrement en séance en des termes assez virulents. "Toujours aimable", a glissé le ministre après une interjection de la sénatrice de Paris en réaction à ses propos. "Moi je suis un affreux liberticide et vous vous êtes la lumière de cet hémicycle", a-t-il ajouté. "Je ne peux pas, comme parlementaire, à chaque séance, (...) faire l'objet de propos grossiers", a protesté Mme de La Gontrie.

L'article 18 a été adopté, avec une précision de la commission des Lois visant à prévoir une garantie spécifique pour la presse, qui selon le ministre "pose des questions de droit". La rédaction pourra être revue dans la suite de la navette parlementaire.

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