05/02 10:31

François Bayrou, Julien Bayou, Marine Le Pen et Jean-Christophe Lagarde écrivent à Emmanuel Macron pour réclamer l'instauration de la proportionnelle pour les législatives de 2022

"Une représentation juste et pluraliste" pour "un changement de culture politique": François Bayrou a annoncé à l'AFP avoir envoyé une lettre à Emmanuel Macron pour réclamer l'instauration de la proportionnelle pour les législatives de 2022, une initiative reprise par Julien Bayou (EELV), Marine Le Pen (RN) et Jean-Christophe Lagarde (UDI). "Le but que nous nous fixons est de faire apparaître qu'il y a dans la démocratie française une majorité de forces politiques et de responsables politiques qui pensent qu'une loi électorale juste est désormais nécessaire", a expliqué le président du MoDem et haut commissaire au Plan.

Dans son courrier au chef de l'Etat que l'AFP s'est procuré, le leader centriste, réputé proche du président de la République, fustige "la brutalité" de l'actuel scrutin majoritaire, qui selon lui "freine la fonction de contrôle et empêche de fait tout dialogue utile entre les sensibilités politiques". "Or, nous avons plus que jamais besoin, non seulement d’une représentation juste et pluraliste, mais aussi d’un changement de culture politique qui permette, entre les différents courants politiques, chaque fois que possible, dialogue et coresponsabilité", fait valoir le candidat malheureux aux présidentielles de 2002, 2007 et 2012. L'offensive de M. Bayrou a été appuyée par les leaders d'EELV, du RN et de l'UDI, qui ont envoyé un courrier similaire dans la journée au président de la République. Pour le patron d'EELV, "c'est une question de pluralité de notre démocratie", a-t-il expliqué à l'AFP, en faisant observer que son mouvement politique a toujours soutenu la proportionnelle.

Alors que François Bayrou propose de reprendre le système qui avait été mis en place en 1986, par circonscription départementale, Julien Bayou propose quant à lui des circonscriptions régionales, voire une seule liste nationale. Selon des sources concordantes, plusieurs présidents de groupes parlementaires ainsi que des élus socialistes, dont le maire de Dijon, François Rebsamen, s'apprêtent également à envoyer une missive. "Quand il apparaîtra que ceux qui appellent à ce changement représentent et ont représenté une majorité de Français, alors le président de la République va nécessairement tenir compte de ce mouvement démocratique" et de "ce fait politique majeur", veut croire François Bayrou, selon qui "c'est une question à laquelle le chef de l'Etat réfléchit depuis longtemps".

L'instauration d'une dose de proportionnelle figurait parmi les promesses de campagne du candidat Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2017. Mais "cette réforme n'est pas une priorité à ce stade", s'était agacé il y a quinze jours l'entourage du chef de l'Etat. Les stratèges macronistes plaident par ailleurs pour une mise en oeuvre après 2022, notamment pour des raisons de calendrier parlementaire: la loi interdit en effet de retoucher le mode de scrutin moins d'un an avant sa tenue, c'est-à-dire qu'une réforme doit être adoptée d'ici quatre mois pour des élections en législatives prévues en juin 2022.

Le patron des députés MoDem, Patrick Mignola, entend pour sa part déposer avec son groupe un amendement en faveur de la proportionnelle au projet de loi de report des élections régionales, même s'il a de grande chance d'être retoqué en raison de son éloignement du texte examiné depuis mercredi à l'Assemblée nationale. Mais, selon François Bayrou, "dans le cas où l'on considère qu'il y a des blocages dans les organisations", une telle réforme "peut aussi être adoptée en consultant les Français par un référendum" sur la base de l'article 11 de la Constitution. Il est donc nécessaire que ce débat ait lieu sans se laisser impressionner ou détourner par l'inertie habituelle du monde politique", plaide encore le patron du MoDem, qui rappelle que "tous les pays qui sont nos partenaires au sein de l’Union européenne, sans exception, ont organisé leur représentation parlementaire selon ce principe de pluralisme et de justice".

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Portrait de ALAIN PERSIA
5/février/2021 - 19h21
Antidieux a écrit :

Et oui , rien de mieux qu'une dictature selon vous avec vos arguments débiles et mensongers ! 

Antidieux  argumentez  au lieu de parler d'arguments mensongers  

Portrait de ALAIN PERSIA
5/février/2021 - 13h16

L'instauration de la proportionnelle  signerait le retour  de listes élaborées par les chefs de partis  de manière arbitraire  Figureront en positions éligibles les amis, les copains ,les maîtresses , les amants, les fortunés ... Actuellement le mode d'élection permet à de très nombreux citoyens de de devenir députés  sans avoir besoin du soutien des partis et ce, grâce à un travail de terrain sur une circonscription . L'Assemblée Nationale héberge ainsi des député non-inscrits . Moi j'opterai pour le maintien du scrutin  actuel pour les députés et une réforme pour le Sénat à savoir  l'introduction de la proportionnelle intégrale .  Certes peuvent se produire les méthodes que j'ai dénoncées précédemment mais  les conséquences seraient moins graves car pour toutes les Lois votées c 'est l'Assemblée Nationale qui a le dernier mot chaque fois qu'une majorité de sénateurs votent négativement . Enfin si E.MACRON via le Parlement fait passer la proportionnelle  dans les semaines à venir , sa réforme sera jugée comme un honteux tripatouillage alors que des sujets graves tels que la pandémie , l'organisation et le suivi des vaccinations , la protection et la sauvetage des entreprises et des emplois , la détresse des étudiants et bien d'autres choses encore .

Portrait de lucieat
5/février/2021 - 11h12

Une solution à l'absentéisme ? si on pensait que leurvote allait servir à quelque chose, peut être que les gens se motiveraient plus. De plus, ce serait plus représentatif de l'électorat français. Bien que je n'apprécie pas forcément le RN, ce n'est pas normal que le 2éme parti de France n'ait que quelques représentants, alors que le PC, (ça existe encore ?) en ait plus. Pour l'équilibre et la démocratie ce serait plus équitable. et ça laisse plus de chances aux (petits) partis d'avoir des élus, eux aussi ont quelque chose à dire et veulent participer à la vie de la République