06/02 15:02

Une journaliste polonaise travaillant en Ouzbékistan a affirmé avoir été harcelée sexuellement par un fonctionnaire de ce pays

Une journaliste polonaise travaillant en Ouzbékistan a affirmé avoir été harcelée sexuellement par un fonctionnaire de ce pays d'Asie centrale, suscitant la réaction d'une ONG de défense des droits humains et de l'ambassade britannique. Contactée par l'AFP, Agnieszka Pikulicka-Wilczewska a raconté qu'un responsable chargé de sa demande d'accréditation dans cette ancienne république soviétique avait par le passé essayé de l'embrasser et lui avait envoyé des messages suggestifs. Après qu'elle a refusé ses avances, l'intéressé lui a demandé d'écrire "des histoires positives" sur le gouvernement ouzbèke, a poursuivi la journaliste, qui précise avoir signalé ces agissements à un autre responsable au mois d'août dernier.

Lundi, Agnieszka Pikulicka-Wilczewska a annoncé que sa demande d'accréditation pour exercer sa profession avait finalement été rejetée après six mois d'attente. L'ambassadeur britannique en Ouzbékistan, Tim Torlot, et l'ONG Human Rights Watch ont appelé les autorités à enquêter sur ces allégations. Sollicité par l'AFP, le ministère ouzbèke des Affaires étrangères n'a pas dans l'immédiat fait de commentaires.

Depuis la mort en 2016 du président Islam Karimov, qui a dirigé son pays pendant plus de 25 ans, l'Ouzbékistan a entamé d'importantes réformes politiques et économiques et celles-ci ont entraîné une hausse du nombre des touristes étrangers. Ce régime s'est aussi attaqué au travail forcé dans la culture du coton et a donné plus de liberté aux médias indépendants, notamment aux correspondants étrangers, qui restent toutefois très contrôlés.

Sur Twitter, Komil Allamjonov, un ancien porte-parole de la présidence ouzbèke, s'est dit "sérieusement préoccupé" par les accusations de la journaliste polonaise et a promis de la rencontrer. Le projet Cotton Campaign, qui milite pour la fin du travail forcé dans les champs de coton en Ouzbékistan et au Turkménistan voisin, a également réagi à l'affaire. "Les journalistes indépendants et les ONG sont indispensables pour créer un environnement propice aux entreprises respectant les normes internationales", a-t-il déclaré sur Twitter.

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