13/01 10:16

La Cour suprême des Etats-Unis a donné cette nuit son feu vert à la première exécution fédérale d'une femme en près de 70 ans, qui sera l'un des derniers actes de la présidence de Donald Trump

La Cour suprême des Etats-Unis a donné, dans la nuit de mardi à mercredi, son feu vert à la première exécution fédérale d'une femme en près de 70 ans, qui sera l'un des derniers actes de la présidence de Donald Trump. La haute Cour a refusé à minuit (05H00 GMT) d'ultimes recours déposés par les avocats de Lisa Montgomery, 52 ans, malgré le désaccord de ses trois magistrats progressistes.

Détenue dans un pénitencier fédéral à Terre-Haute, dans l'Indiana, elle devrait donc recevoir dans la nuit une injection létale.

En 2004, elle a tué une femme enceinte de huit mois afin de lui voler son foetus. Dans l'incapacité d'avoir un nouvel enfant, elle avait repéré sa victime, une éleveuse de chiens, sur internet et s'était présentée à son domicile dans le Missouri sous prétexte de lui acheter un terrier. Sur place, elle l'avait étranglée, lui avait ouvert l'utérus, avait pris le bébé -- qui a survécu -- avant de l'abandonner dans une mare de sang. Sans nier la gravité de son crime, ses avocats avaient souligné qu'elle souffrait de troubles mentaux sévères, conséquences de violences et viols en réunion subis dans son enfance.

Lundi soir, un juge fédéral avait ordonné de surseoir à son exécution, le temps d'évaluer son état mental. "Mme Montgomery est si éloignée de la réalité qu'elle ne peut pas comprendre rationnellement le motif de l'administration pour son exécution", avait estimé le juge Patrick Hanlon. Une cour d'appel, saisie par le ministère de la Justice, avait toutefois annulé cette décision mardi, et la Cour suprême, profondément remaniée par Donald Trump, a validé sa décision. Le temple du Droit américain, qui avait été saisi de deux autres recours distinct, a à chaque fois donné raison aux avocats du gouvernement. Fervent partisan de la peine capitale, comme ses électeurs les plus conservateurs, Donald Trump a par ailleurs ignoré une demande de clémence adressée par les soutiens de Lisa Montgomery.

Malgré le recul de la peine capitale aux Etats-Unis et dans le monde, son administration a renoué en juillet, après 17 ans de pause, avec les exécutions fédérales et les enchaîne depuis à un rythme jamais vu. Dix Américains ont reçu depuis l'été des injections létales à Terre-Haute et l'administration Trump prévoit, outre Mme Montgomery, d'exécuter deux hommes noirs cette semaine: Corey Johnson jeudi et Dustin Higgs vendredi. Là encore, une bataille judiciaire féroce est engagée. Un tribunal fédéral a décidé mardi de reporter leur exécution de plusieurs semaines au motif qu'ils ont été contaminés par le Covid-19. D'anciens gardiens de prison ont de leur côté demandé au ministère de la Justice de reporter ces exécutions "jusqu'à ce que le personnel pénitencier soit vacciné" contre ce virus.

Entre les bourreaux, les gardiens, les témoins, les avocats... une exécution mobilise des dizaines de personnes dans un environnement clos, propice à la propagation du virus. Pour cette raison, les Etats américains, y compris le très répressif Texas, ont suspendu les exécutions depuis des mois. A contre-courant, l'administration de Donald Trump a au contraire affiché sa détermination à procéder au maximum d'exécutions, avant de quitter le pouvoir. "Dans les dernières heures de la présidence Trump, il y a une course folle pour exécuter des gens qui sont dans les couloirs de la mort depuis des années voire des décennies. C'est insensé", a dénoncé sur NPR le sénateur démocrate Dick Durbin, en annonçant l'introduction d'une loi visant à mettre un terme aux exécutions fédérales.

Les démocrates ayant repris le contrôle du Sénat, il est possible qu'elle soit adoptée une fois que Joe Biden aura pris ses fonctions.

Le président élu, qui prêtera serment le 20 janvier, est un opposant à la peine capitale et a promis de travailler avec le Congrès pour l'interdire au niveau fédéral.

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Portrait de Lilou.St.Bo
14/janvier/2021 - 13h46
jarod.26 a écrit :

elle a visage d'ange 

... d'ange... exterminateur...!!! 

Portrait de piwit
13/janvier/2021 - 15h40 - depuis l'application mobile
L'ecume des choses a écrit :

honte aux usa

@L'ecume des choses Pourquoi ? Pour avoir puni une femme qui en a tué une autre avant de lui arracher son foetus et d’abandonner celui-ci dans une mare de sang ?
L’exécution vous choque, mais pas le crime en lui-même ? Il est pourtant bien plus écoeurant...
Votre attitude est celle d’un gaucho-angéliste, toujours à prendre la défense de la vermine criminelle...
Désolé, mais la nature ignoble de son crime fait que je ne ressens aucune pitié envers ce monstre !

Portrait de stbx00
13/janvier/2021 - 13h05
krisb37 a écrit :

"qui sera l'un des derniers actes de la présidence de Donald Trump " , il est à la cour suprême ,Trump ?

Non mais c'est bien l'administration Trump qui a relancé l’application de la peine de mort pour les crimes fédéraux. Depuis 40 ans il n'y avait que 3 exécutions fédérales (sous W. Bush). Aucune depuis 2003 mais depuis juillet 2020, 11 exécutions...

Portrait de Azrael68
13/janvier/2021 - 12h44 - depuis l'application mobile

Au vu de ce qu’elle a fait , aucune pitié ! Normal !

Portrait de krisb37
13/janvier/2021 - 11h39

"qui sera l'un des derniers actes de la présidence de Donald Trump " , il est à la cour suprême ,Trump ?

Portrait de L'ecume des choses
13/janvier/2021 - 11h26

honte aux usa

Portrait de djbaxter
13/janvier/2021 - 11h23
Harriet a écrit :

Disons que depuis 2002 (en vertu du 8ème amendement) la constitution interdit l'exécution des "malades mentaux" ... mais comme les juges ont laissé aux  Etats la liberté d'en évaluer les critères , certains sont plus "stricts" que d'autres concernant la notion d'irresponsabilité ...

Je sais et c'était l'objet du dernier recours lancé ces jours-ci par les avocats de la coupable, mais toutes les décisions ont suivi le parcours légal. C'est bien pourquoi la honte reste uniquement sur celle qui en est arrivée là.

Portrait de Harriet
13/janvier/2021 - 11h19
djbaxter a écrit :

Honte à la tueuse d'innocent sans défense. Son exécution est l'application de la loi votée démocratiquement avec tous les recours y sont prévus, mais nous avons quand même les habituels cris d'orfraie des défenseurs de la démocratie à géométrie variable.

Disons que depuis 2002 (en vertu du 8ème amendement) la constitution interdit l'exécution des "malades mentaux" ... mais comme les juges ont laissé aux  Etats la liberté d'en évaluer les critères , certains sont plus "stricts" que d'autres concernant la notion d'irresponsabilité ...

Portrait de jarod.26
13/janvier/2021 - 11h00

elle a visage d'ange 

Portrait de djbaxter
13/janvier/2021 - 10h59

Honte à la tueuse d'innocent sans défense. Son exécution est l'application de la loi votée démocratiquement avec tous les recours y sont prévus, mais nous avons quand même les habituels cris d'orfraie des défenseurs de la démocratie à géométrie variable.

Portrait de LORIEPIE38
13/janvier/2021 - 10h54
Honte à toi