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L'organisation Reporters sans frontières demande la libération d'un journaliste togolais interpellé la veille à Lomé par la police après la publication d'un article sur deux ministres

L'organisation Reporters sans frontières demande la libération d'un journaliste togolais interpellé la veille à Lomé par la police après la publication d'un article sur une tentative de vol présumée d'un objet par deux ministres. Mardi soir, Carlos Kétohou, le directeur de publication du journal proche de l'opposition, L'Indépendant Express, a été arrêté à son domicile, ont affirmé à l'AFP des organisations de la presse togolaise.

Plus tôt dans la journée, il avait reçu une convocation pour mercredi à la suite de la publication d'un article accusant deux ministres d'avoir volé des couverts lors d'un repas organisé par une institution financière à Lomé. Mais le journaliste a finalement été interpellé avant cette convocation, et est actuellement "gardé à la brigade antigang", selon Fabrice Pétchézi, président de l'Observatoire togolais des médias (OTM).

"Des faits présumés de diffamation ne devraient pas être examinés par un service d'investigation criminel de gendarmerie", a dénoncé RSF auprès de l'AFP. "Sans juger du fond de l'affaire, RSF demande la libération de ce journaliste en respect des procédures et textes en vigueur", ajoute l'organisation. Elle rappelle que "si des responsables politiques s'estiment injustement mis en en cause ou diffamés, il existe des recours possibles devant l'organe de régulation des médias".

Le Togo, petit pays d'Afrique de l'Ouest, est régulièrement pointé du doigt par les organisations de défense des droits de l'Homme. Le président Faure Gnassingbé est arrivé au pouvoir en 2005 après le décès de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui avait lui-même dirigé le Togo pendant 38 ans.

Il a été réélu depuis lors de scrutins tous contestés par l'opposition. Fin novembre, deux membres d'un important mouvement d'opposition avaient été arrêtés à Lomé, accusés "d'atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat et de groupement de malfaiteurs". Mi-décembre, les deux opposants ont été remis en liberté provisoire.

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