17/12/2020 08:16

Acquittement du producteur et juré de "Incroyable Talent", Gilbert Rozon : Mécontente du verdict, l'accusatrice veut faire changer le système judiciaire

Ouvert le 13 octobre dernier, le procès de Gilbert Rozon n’a, selon la juge Mélanie Hébert de la Cour du Québec, pas permis de prouver la culpabilité de Gilbert Rozon « en dehors de tout doute raisonnable ». Pour justifier son verdict, la juge a expliqué qu’elle avait plus tendance à croire la version de la plaignante que celle de Gilbert Rozon, mais qu’un doute a subsisté dans son esprit et que c’est ce doute raisonnable qui lui a imposé de rendre un verdict de non-culpabilité.

« Le verdict d’acquittement ne signifie pas que les faits reprochés ne se sont pas produits », écrit la juge dans son jugement. Mais « l'analyse du témoignage de monsieur Rozon révèle qu'il est plausible et qu'il est exempt de contradictions susceptibles d'en affecter la crédibilité ou la fiabilité », a conclu la juge, en précisant : « un acquittement ne veut pas dire que le tribunal ne croit pas la victime. Cela signifie que le directeur des poursuites criminelles et pénales ne s’est pas déchargé de son fardeau de prouver hors de tout doute raisonnable la culpabilité de l'accusé ».

« Je pense que je suis un autre exemple des limites du système de justice en matière de violence sexuelle », a déclaré la plaignante Annick Charrette, qui a décidé de révéler son identité à l’issue du procès. « Je déplore profondément que les mythes et les stéréotypes d’une autre époque qui ont largement étayé les arguments de la défense aient pu trouver écho auprès de la Cour. C’est un message bien négatif qu’envoie la justice aux victimes.

Un autre de mes constats est que le système judiciaire actuel ne met pas les victimes de crimes à caractère sexuel au centre des procédures. L’encouragement et le vent de changement que l’on sent dans notre société ne se traduit malheureusement pas dans le parcours d’une victime ou dans le système judiciaire. Le système établit des attentes élevées au chapitre de la performance de la victime, à travers le processus et lors de son témoignage.

Il est indéniablement nécessaire que les victimes soient mieux accompagnées et informées et ce, même avant de faire une première déclaration à la police.

Les ressources humaines et financières manquent aux organismes de terrain pour faire un travail capital d’accompagnement avec les victimes », a-t-elle ajouté.

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