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Littérature: Le Prix Goncourt a été attribué ce midi à l'écrivain Hervé Le Tellier pour son ouvrage "L’Anomalie" - Le prix Renaudot a été décerné à Marie-Hélène Lafon pour "Histoire du fils" - VIDEO

13h00: Le prix Renaudot a été décerné lundi, quelques minutes après le Goncourt, à Marie-Hélène Lafon, pour son roman "Histoire du fils" (Buchet-Chastel), une saga qui court sur un siècle, de 1908 à 2008.

Le personnage principal, André, élevé par sa tante, y perce un secret de famille en explorant sa généalogie. Dominique Fortier, avec "Les Villes de papier" (Grasset), a de son côté remporté le Renaudot de l'essai.

12h32: Le prix Goncourt a été attribué lundi lors d’une visioconférence à Hervé Le Tellier pour « L’Anomalie » (Gallimard), roman iconoclaste sur un événement difficilement explicable que l’on va s’acharner à s’expliquer.

Hervé Le Tellier, 63 ans, mathématicien de formation et ancien journaliste, et président de l’association de l’Oulipo (ouvroir de littérature potentielle), a obtenu huit voix contre deux pour « L’Historiographe du royaume » de Maël Renouard.

« On ne s’attend jamais à un prix comme le Goncourt. D’abord on n’écrit pas pour l’avoir, et puis on ne peut pas s’imaginer l’avoir », a déclaré le lauréat lors d’une visioconférence, aux côtés de son éditeur, Antoine Gallimard.

« Ce n’était pas du tout dans mes projets », a-t-il ajouté.

« L’Anomalie », huitième roman d’Hervé Le Tellier, raconte les suites d’un événement étrange, à savoir qu’un vol Paris-New York se reproduit deux fois, avec les mêmes passagers, à quelques mois d’intervalle.

Le récit, haletant, convoque avec brio tous les genres, roman noir, récit littéraire classique, procès-verbaux d’interrogatoire, etc.

« L’idée c’est que puisque Trump est là, puisque Trump est la cause de la destruction du monde, la vision du livre c’est de proposer une autre version du monde, où Biden est président », a-t-il dit.

« C’est une option possible de lecture. (...) Les livres offrent des options il n’y a pas de dénouement en littérature, il y a des noeuds, et moi je l’ai noué comme ça », a-t-il expliqué.

« Ce livre va faire du bien à beaucoup de monde en ce moment parce que nous vivons une époque comme tout le monde le sait, pas très réjouissante. Ce livre va enchanter beaucoup de monde. Merci de l’avoir écrit », a commenté l’écrivain Tahar Ben Jelloun, membre de l’Académie Goncourt, en visioconférence.

Les trois autres finalistes étaient Maël Renouard, édité chez Grasset, la Camerounaise Djaïli Amadou Amal avec « Les Impatientes » (Emmanuelle Colas) et Camille de Toledo avec « Thésée, sa vie nouvelle » (Verdier).

10h32: Un roman déjanté au titre intriguant, un récit poignant sur le mariage forcé, une plongée dans une histoire familiale et une fresque sur le Maroc se disputent le prix Goncourt, remis lundi dans un format inédit, 48 heures après la réouverture des librairies.

La crise sanitaire et la fermeture des restaurants, donc de Drouant, dans le quartier de l’Opéra à Paris, ont obligé le jury à se rabattre sur une visioconférence et à se passer des délibérations à table.

Le nom du lauréat ou de la lauréate sera annoncé à 12h30 pour le prix le plus prestigieux de la littérature française. Puis lui succèdera, à 12h50, un autre prix, le Renaudot, qui récompense un roman ainsi qu’un essai.

Pour les journalistes littéraires interrogés par le mensuel spécialisé Livres Hebdo, dont celui de l’AFP, c’est Hervé Le Tellier qui tient la corde pour le Goncourt, avec «L’Anomalie».

Outre d’être publié chez Gallimard, une maison d’édition souvent récompensée, ce livre bâti comme un savant jeu de construction et au suspense haletant, a pour lui d’avoir déjà convaincu un large public.

L’Académie Goncourt pourrait cependant lui préférer «Les Impatientes» (éditions Emmanuelle Colas) de la Camerounaise Djaïli Amadou Amal, qui a déjà déjoué tous les pronostics en arrivant dans la dernière sélection.

S’il récompensait ce récit poignant sur l’oppression de femmes mariées de force, le Goncourt insufflerait un vent de nouveauté dans le palmarès en consacrant une autrice d’Afrique subsaharienne, inconnue jusque-là des cénacles de l’édition parisienne.

Les deux autres romans finalistes gardent toutes leurs chances: «Thésée, sa vie nouvelle» de Camille de Toledo (éditions Verdier), vaste réflexion sur le poids de l’héritage familial, et «L’Historiographe du royaume» de Maël Renouard (Grasset), brillant exercice de style qui décrit de l’intérieur la monarchie marocaine au siècle dernier.

Samedi, le New York Times dénonçait dans une enquête le jeu trouble des jurys littéraires français, où selon le quotidien la qualité littéraire passe après des conflits d’intérêt flagrants et des intrigues difficilement lisibles pour le grand public. Le Goncourt est moins directement visé que le Renaudot.

Ces deux prix, remis par des jurys bénévoles, ne rapportent rien ou presque à un écrivain: 10 euros pour le premier, 0 euro pour le second. Mais ils constituent des enjeux économiques cruciaux pour les auteurs et éditeurs, car des dizaines voire des centaines de milliers de lecteurs font confiance à ces labels.


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