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Les Restos du cœur lancent aujourd'hui leur 36e campagne et s’attendent à recevoir 1 million de bénéficiaires cette année

Une 36e campagne dans un contexte inédit: les Restos du cœur s’attendent à recevoir 1 million de bénéficiaires cette année pour la saison hivernale qui démarre mardi en pleine crise sanitaire et économique.

Nés d’une idée de Coluche en 1985, les Restos du cœur accueillent chaque année les personnes démunies pour leur campagne d’hiver. En fonction de leurs ressources et de la composition de leur famille, elles se voient attribuer des points qui leur donnent droit à des denrées alimentaires. L’année dernière, les Restos du cœur ont accueilli 875.000 personnes et distribué 136,5 millions de repas.

«Je pense que cette année on dépassera le million de personnes», estime auprès de l’AFP Patrice Blanc, président de l’association. «La crise financière de 2008 s’était traduite par une augmentation en deux ans de 25% de personnes en plus ayant recours à l’aide alimentaire. Nous devons nous préparer à la montée d’une vague d’une ampleur au moins équivalente», alerte le président de l’association. Pour les Restos du cœur, «l’enjeu majeur de cette 36e campagne est de continuer à faire face. Dans l’urgence mais aussi sur le long terme».

L’association alerte sur la situation des jeunes, de plus en plus nombreux à frapper à leurs portes: avec la disparition des petits boulots qui a plongé des étudiants dans la précarité, ils représentent «une source d’inquiétude encore plus particulière» pour Patrice Blanc.

Les moins de 25 ans représentent déjà près de la moitié des bénéficiaires, les mineurs, 40%.

Parmi les bénéficiaires de plus de 16 ans, 36% sont en recherche d’emploi, 12% perçoivent une retraite, 6% ont un emploi et 6% sont étudiants. Avant la crise du Covid, fin 2019, quelque 9,3 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en France, selon l’Insee, et près de 5 millions avaient recours à l’aide alimentaire. Pour certaines associations, la crise va plonger un million de personnes supplémentaires dans la pauvreté.



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