19/11/2020 12:02

"Sécurité globale": Le ministre de l'Intérieur Gérard Darmanin ecarte l'hypothèse d'un armement obligatoire des policiers municipaux, une proposition d'un rapport des députés Jean-Michel Fauvergue et Alice Thourot

Le ministre de l'Intérieur Gérard Darmanin a écarté l'hypothèse d'un armement obligatoire des policiers municipaux, une proposition d'un rapport des députés Jean-Michel Fauvergue et Alice Thourot mais qui n'avait pas été retenue dans leur proposition de loi controversée sur la "sécurité globale". "Nous ne l'imposerons pas aux collectivités locales", a déclaré le ministre lors du débat à l'Assemblée nationale sur le volet consacré aux nouvelles prérogatives du texte porté par LREM et son allié Agir. "Politiquement, j'y suis favorable", a-t-il cependant nuancé, précisant à destination des bancs de la droite: mais "que n'aurait-on dit si on l'avait imposé?", en référence à la libre administration des collectivités territoriales.

Le rapport des deux députés sur le "continuum de sécurité" proposait de rendre l'armement des policiers municipaux obligatoire, "sauf décision motivée du maire", un renversement de la règle actuellement en vigueur mais pas une révolution des usages. Comme l'a encore souligné M. Fauvergue, "notre position a évolué en particulier à la demande des maires" et la proposition de loi "sécurité globale" ne comporte pas une telle disposition. Défendant des amendements en rapport à l'armement des policiers municipaux, plusieurs députés ont émis le souhait de rendre obligatoire cet armement, à l'instar de Sylvain Maillard (LREM). "Pour mieux les protéger, nous armerons tous les policiers municipaux dans les grandes villes et à Paris", a prédit le député parisien, alors que la maire socialiste de la capitale Anne Hidalgo (PS) souhaite une police municipale non armée.

En 2019, l'ex-ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner s'était dit "pas favorable" à l'armement systématique des policiers municipaux. Dans la soirée, M. Darmanin a écarté en outre un accès des policiers municipaux à la liste des fichés "S" (pour Sûreté de l'Etat). "C'est un fichier de suivi" de personnes qui ne sont pas "recherchées ou condamnées" et il ne faut pas un accès trop large, a-t-il plaidé, alors que certains du centre-droit à l'extrême droite y sont favorables. En revanche, le ministre s'est engagé à élargir l'accès à d'autres fichiers pour les policiers municipaux (contraventions, engins motorisés...).

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