14/04/2020 10:01

Spéciale 11 mai : Va-t-il falloir travailler plus après le confinement ? Heures supplémentaires, suppression de jours fériés, annulation de RTT... La question divise ! - Vidéo

"Il faudra bien" travailler"un peu plus" pour sortir de la crise économique liée au Covid-19: l'injonction du patron des patrons a suscité de vives critiques du côté des syndicats, à gauche et au-delà. Une phrase dans les colonnes du Figaro du président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, n'est pas passée inaperçue. "Il faudra bien se poser tôt ou tard la question du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise économique et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire", estimait le responsable patronal dans cet entretien. Car "l'important, c'est de remettre la machine économique en marche et de reproduire de la richesse en masse, pour tenter d'effacer, dès 2021, les pertes de croissance de 2020", faisait-il valoir. La secrétaire d'État à l'Économie, Agnès Pannier-Runacher, a semblé abonder dans le même sens, samedi sur franceinfo. Elle a prévenu qu'il faudrait essayer de "rattraper" la perte d'activité induite par le confinement en cours depuis le 17 mars, et dont Emmanuel Macron pourrait annoncer lundi soir la prolongation. "L'enjeu, c'est de permettre à tout le monde de reprendre le travail plein pot. (...) Il faudra probablement plus travailler que nous ne l'avons fait avant, il faut rattraper ce mois perdu, mais pour le faire il faut effectivement donner de la trésorerie pour sortir la tête de l'eau des entreprises qui sont aujourd'hui à l'arrêt", a-t-elle estimé.

Cette déclaration "n'était pas une réponse aux propos du président du Medef mais concernait la situation des indépendants et des petites entreprises", a cependant précisé à l'AFP le cabinet de la secrétaire d'Etat.

Président délégué du Medef, Patrick Martin a lui assuré que toute modification éventuelle de la durée du temps de travail, sur le terrain, ne pourrait être envisagée que si l'entreprise et l'emploi sont "menacés", "pendant un temps, dans le respect de la loi" et "en accord avec les organisations syndicales". "C'est pas un sacrifice, c'est un coup de collier", a-t-il relevé. Mais les syndicats ne l'entendent pas de cette oreille, eux qui déplorent déjà les dérogations aux limites du temps de travail décidées par ordonnances dans le cadre du projet de loi d'urgence sanitaire, notamment le relèvement à 60 heures de la durée hebdomadaire maximale. Sans parler du chômage partiel, ou activité partielle, qui entraîne souvent une baisse de revenus de 16 % pour les bénéficiaires, au nombre de 8 millions aujourd'hui, soit plus d'un salarié sur trois.

"C'est totalement indécent. Aujourd'hui, les travailleurs, comme tout le monde, sont en train de payer le coût de cette crise. Ce n'est pas à eux de payer ensuite", s'est indigné dimanche sur France 2 le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, évoquant les "vieilles lunes qui reviennent: +il faudra travailler plus+, +il faudra de la sueur et des larmes+, etc.". Le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier, a lui mis en avant lundi sur CNews que les salariés ne se complaisaient "pas dans la situation actuelle de confinement". "Il y a un stress psychologique énorme: on a peur quand on doit aller au travail aujourd'hui, on a peur pour sa santé ; quand on est en situation d'activité partielle, on a peur pour son emploi à venir; quand on est en télétravail confiné, c'est pesant. Vous savez, on ne va pas sortir de là reposé ou sortir de vacances, ce n'est pas du tout cette situation", a-t-il observé dimanche sur RTL.

Fustigé à gauche par le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, qui s'est ému du "cynisme" du Medef, l'appel au "travailler plus" l'a aussi été à droite par Xavier Bertrand (ex-LR), président du Conseil régional des Hauts-de-France. Un salarié qui n'est "pas responsable de tout ça", on lui "dit qu'à la sortie c'est (lui) qui (va) payer la facture ? Mais qu'est-ce qu'on veut, on veut rendre fous les Français ?", s'est emporté l'ancien ministre du Travail de Nicolas Sarkozy. Mais pour le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau, interrogé lundi sur franceinfo, "on ne se tire des épreuves, individuelles ou collectives, que par un surcroît d'efforts". "Tout le monde devra faire des efforts. Les entreprises comme les salariés".

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Vos réactions

Portrait de C'est Mon Avis
14/avril/2020 - 13h55
Pierre henry 115 a écrit :

Faut dire que vous vous faites remettre en place car vous faites la leçon aux autres et surtout des leçons que je ne donnerais pas à mes propres gamins car si on est en position de devoir compter sur des heures supplémentaires pour pouvoir s'en sortir c'est déjà problématique pour toute une série de raisons dont je ne ferai pas la liste sinon j'en aurais pour un quart d’heure.

Quant à l'assistance des autres je ne sais pas trop ce que vous y mettez là dedans, si vos filles étudiantes louent des studios pour se loger elles touchent des APL, si elles vont à la fac elles auront une formation payée par la collectivité, sur votre déclaration vous déclarez 2 enfants majeurs encore en étude, comparez votre avis d’impôt avec un collègue non marié sans enfant vous allez voir la différence, bref on est souvent l'assisté de quelqu'un.

Sinon j'ai déjà remarqué que d'une manière générale ce sont souvent les petits(ce n'est pas péjoratif) qui sont les plus sévères avec les petits.

la leçon ? Quelle leçon ? Je dis simplement qu'il y a ceux qui voudront s'en sortir au plus vite et qui seront prêts à faire des sacrifices pour cela, et il y a les autres.

Concernant mes filles, elles vont en effet à la fac et travaillent en plus de leurs études pour pouvoir subvenir à leurs besoins. Vous voyez, dans la famille on apprend à se débrouiller par soi-même. Elles vivent avec leur copain, partagent les charges, elles construisent leur avenir.

Quant à "l'assistanat", j'en parle car je vois ça pas plus loin que dans ma rue. Quand vous voyez un gars qui se tape sur le pied au marteau parce qu'il a reçu un coup de fil de Pôle Emploi pour aller travailler, vous avez de quoi vous poser des questions ! Ma femme ne peut pas travailler puisqu'elle même handicapée suite à un accident domestique survenu en 2008, elle ne touche pas d'AAH car je gagne trop !

Vous voyez, au niveau assistanat je sais de quoi je parle (j'ai moi aussi bénéficié des restos du coeur suite à mon accident puisque je ne pouvait plus travailler. mais je n'ai pas baissé les bras. J'ai voulu m'en sortir. Je suis conscient que ce n'est pas facile pour tout le monde, je suis conscient que c'est compliqué, mais quand les gens pensent plus à leurs vacances des mois de juillet et août au lieu de se dire qu'ils sont prêts à faire des heures supplémentaires (donc gagner plus), j'avoue que moi, je me pose des questions.

Et pour finir, et j'en resterai là, chacun voit son avenir comme il veut et est libre de travailler plus ou pas, moi je n'ai fait que donner mon avis, comme vous et comme tout le monde ici, et je ne vous demande pas de le partager. Je l'exprime, c'est tout.

Je vous rejoins toutefois sur votre dernière phrase. Et je pense que la jalousie, l'envie, et l'aigreur, n'y sont pas étrangers...

Bonne journée à vous Pierre henry smiley

Portrait de C'est Mon Avis
14/avril/2020 - 13h42
air pur a écrit :

faut dire que rester le cul assis dans un camion c'est pas bien compliqué et vous avez la chance que les syndicats vous aient obtenu de partir plus tot en retraite, quand on a pas de loisirs et peu de vie de famille c'est effectivement mieux de rester travailler mais c'est pas le cas de tout le monde.

Je vous sens aigri ! Certainement que votre métier (si vous en avez un) ne vous plaît pas ! Et si cela vous semble si simple de rester le cul assis dans un camion toutes les nuits, de 18h à 6h pour faire 800 km du lundi soir au samedi matin pour gagner 3200€, personne ne vous empêche de le faire !

Toutefois sachez (bien que vous n'en n'ayez certainement rien à faire), qu'il m'a fallu trouver un poste qui corresponde à mon handicap. Pour rester dans le monde du transport routier il m'a fallu batailler avec la médecine du travail qui voulait que je me reconvertisse ailleurs et que j'abandonne mon métier de chauffeur ! On m'a appelé pour cette place au moment même où j'étais hospitalisé. Ça fait 26 ans que je roule, national, international,... Donc maintenant, j'ai une place que j'adore et que je ne quitterai pour rien au monde !

Quant à ma famille de famille, merci de vous en soucier mais tout va bien ! Marié depuis 27 ans, 2 grandes filles qui font des études (et les études ça coûte cher), vous voyez, je n'ai vraiment pas de quoi me plaindre !

Et pour mes loisirs, ne vous en inquiétez pas non plus. J'anime des soirées le week end, je profite de ce que j'ai pû me payer grâce à mon travail, je profite de mes amis... Vous voyez, j'ai amplement de quoi m'occuper !

Toutefois je vous souhaite une bonne journée pleine de bonnes choses, visiblement vous en avez besoin...

Portrait de C'est Mon Avis
14/avril/2020 - 11h10

C'est sûr que pour ceux (comme moi) qui veulent s'en sortir au plus vite financièrement, les heures supplémentaires (que je fais déjà puisque je fais 220h/mois), les RTT en moins (j'avais plus de 400h de RC au 16 mars et 36 jours de congés) ne me font pas peur ! Après à chacun de savoir ce qu'il veut ! Moi, j'ai la chance d'aimer mon boulot, je sais que ce n'est pas le cas de tout le monde. Soit vous ne voulez pas travailler plus et ça ne vous intéresse pas de vous en sortir, soit vous décidez de retrouver assez rapidement un niveau de vie décent et vous faites des heures supplémentaires ! Mais pour ceux qui choisissent la première solution,  ce ne sera pas la peine de se plaindre ensuite et d'attendre à être assisté (ce qui est une habitude pour certains !). Je suis sûr que les petits producteurs, les artisans, et autres professions indépendantes, feront tout pour s'en sortir assez vite !

D'ailleurs je vous rappelle que les heures supplémentaires sont défiscalisées, donc n'ayez pas peur d'en faire, vous ne seraient pas imposés (je sais que pour certains qui ne voudraient pas participer à l'effort national, c'est leur excuse) !

A chacun de voir...

Portrait de obscure
14/avril/2020 - 10h31

Les salariés en CDI n'ont pas à pâtir de la situation, les entreprise peuvent faire appel à des intérimaires. On est là !

Portrait de lysniais
14/avril/2020 - 10h20

C'est clair que sortir du confinement en mai ou juin et penser à prendre ses congés payés de juillet ou août c'est complètement indécent! Les fonctionnaires, retraités, chomeurs n'ont pas subit de perte de revenus, les salariés environ 15% ce qui est un moindre mal. Par contre les libéraux et entrepreneurs auront été à 0€ et dès la reprise vont voir leur personnel partir en vacances? C'est honteux!