08/01 16:56

Carlos Ghosn: "Je suis ici pour blanchir mon nom. Les allégations sont fausses, je n'aurais jamais du être arrêté! (...) Je n'avais pas d'autre choix que la fuite pour me protéger et protéger ma famille"

16h55: Le parquet de Tokyo a immédiatement réagi dans la nuit de mercredi à jeudi aux violentes critiques émises par Carlos Ghosn contre la justice japonaise lors de sa conférence de presse au Liban, les jugeant "unilatérales" et "inacceptables".

"Les allégations du prévenu Ghosn font abstraction de sa propre conduite et ses critiques unilatérales du système de justice pénale du Japon sont totalement inacceptables", ont écrit les procureurs dans un communiqué mis en ligne, une démarche rare de la part du parquet de Tokyo.

"Le prévenu Ghosn ne peut que s'en prendre à lui-même d'avoir été arrêté et détenu pendant environ 130 jours, tout comme de la nécessité d'imposer des conditions à sa libération sous caution", ont estimé les procureurs japonais.

Sa fuite du Japon constitue "un mépris flagrant" de la loi japonaise "pour éviter (de subir, NDLR) les conséquences des délits qu'il a commis", ont-ils ajouté.

La ministre japonaise de la Justice Masako Mori s'est aussi exprimée peu après la conférence de presse de l'ancien patron de Renault et Nissan.

Carlos Ghosn "a critiqué le système judiciaire (japonais, NDLR) sous différents aspects de façon erronée. On ne peut pas arrêter quelqu'un sans un dossier dont la solidité est évaluée de façon indépendante par le juge", a insisté Mme Mori lors d'un point de presse nocturne retransmis par la chaîne de télévision publique NHK.

"Il est faux de dire que les droits humains ne sont pas respectés" par la justice japonaise, a-t-elle également répété.

Le parquet de Tokyo s'est quant à lui redit "déterminé à se coordonner avec les autorités compétentes et à prendre toutes les mesures nécessaires en (son) pouvoir pour faire comparaître le prévenu Ghosn devant la justice au Japon".

16h31: CE QU'IL FAUT RETENIR DE LA CONFERENCE DE PRESSE:

L'ancien PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn a dénoncé mercredi un "coup monté" contre lui et s'est dit décidé à "laver son honneur", lors de sa première apparition publique à Beyrouth depuis sa fuite rocambolesque du Japon, où il est accusé de malversations financières.

Devant un parterre de quelque 150 journalistes méticuleusement choisis par son équipe de communication, le capitaine d'industrie déchu, théâtral et doigt accusateur, l'a proclamé: "présumé coupable" par le système judiciaire japonais dès son arrestation en 2018, il n'avait "d'autre choix" que de fuir face à des accusations "sans fondements".

"J'étais otage" au Japon, a-t-il ajouté, arguant de son "innocence".

M. Ghosn, 65 ans, qui fait l'objet de quatre inculpations au Japon, a dénoncé la "collusion, partout" entre le constructeur Nissan et le procureur japonais, particulièrement au sujet de son arrestation, "un coup monté" selon lui alors qu'il s'apprêtait à organiser une fusion entre Renault et Nissan.

"J'ai été arraché à ma famille et mes proches", a dénoncé, débout et gesticulant, Carlos Ghosn, qui s'exprimait pour la première fois depuis son arrivée surprise le 30 décembre au Liban.

Interpellé en novembre 2018 à la descente de son jet au Japon, l'homme d'affaires, détenteur des nationalités française, libanaise et brésilienne, avait été libéré sous caution en avril 2019, au terme de 130 jours d'incarcération.

Assigné à domicile, il avait interdiction de quitter le Japon dans l'attente de son procès mais aussi de contacter son épouse Carole, visée par un mandat d'arrêt japonais pour "faux témoignage".

"Je n'ai pas fui la justice, j'ai échappé à l'injustice et à la persécution", a-t-il martelé en anglais, après un préambule décliné en arabe et en français également --toujours aussi combatif, il a continué à répondre longuement aux questions de la presse après sa prise de parole initiale de près d'une heure.

Durant celle-ci, il a assuré qu'il se présentait devant les médias du monde entier pour "laver son honneur", tandis que des documents défilaient derrière lui pour soutenir son propos.

Selon lui, ses avocats lui ont dit qu'il risquait d'attendre cinq ans avant le verdict de son procès, une manière pour lui de justifier encore son statut de fugitif.

- Des "millions" de pertes -

M. Ghosn fait l'objet de quatre inculpations au total au Japon: deux pour "abus de confiance aggravé" et deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan (aussi poursuivi sur ce volet), notamment des montants qu'il devait toucher après sa retraite estimés par la justice à 9,23 milliards de yens (74 millions d'euros) de 2010 à 2018.

Lors de la conférence de presse, le magnat déchu de l'automobile a promis de fournir des "documents" prouvant son innocence. Depuis le début, M. Ghosn, ses proches et sa défense soutiennent qu'il a été victime d'un "complot" ourdi par Nissan, avec la complicité des autorités japonaises, pour l'écarter de son poste.

Mais, selon lui, son arrestation a grandement desservi l'alliance formée par les géants de l'automobile japonais et français.

"La valorisation de Nissan depuis mon arrestation a baissé de plus de 10 milliards de dollars. Ils ont perdu plus de 40 millions de dollars par jour pendant cette période (...). C'est pas mieux pour Renault, parce que la valorisation de Renault a baissé, depuis mon arrestation, de plus de cinq milliards d'euros, ce qui signifie 20 millions d'euros par jour", a-t-il avancé.

Depuis novembre 2018, l'action Renault a perdu environ 34% de sa valeur et celle de Nissan environ 38%.

Quelques heures avant la conférence de presse, l'équipe juridique française de M. Ghosn a qualifié l'enquête interne de Nissan de "grosse déformation de la vérité".

Des procureurs ont tenté mercredi de fouiller les bureaux d'un de ses avocats japonais, Junichiro Hironaka, et de saisir des ordinateurs mais l'accès leur a été refusé, les avocats invoquant la "confidentialité entre un avocat et son client".

- Prêt à "rester longtemps" au Liban -

S'il a prévenu qu'il n'était pas "là pour raconter comment (il) a fui le Japon", le récit de cette fuite rocambolesque a tenu en haleine les médias et a suscité l'ouverture d'enquêtes au Japon et en Turquie, où M. Ghosn a fait escale.

Il est soupçonné de s'être enfui en prenant un jet privé à l'aéroport international du Kansai, près d'Osaka (ouest japonais), avec deux complices présumés, de nationalité américaine, selon la télévision japonaise.

Il aurait échappé aux contrôles en se cachant dans un caisson de matériel pour des concerts, selon des médias japonais.

"C'est moi seul qui ai organisé mon départ", avait-il martelé avant la conférence. Carole Ghosn a elle assuré qu'elle n'était "au courant de rien" concernant la fuite de son mari.

"Je suis prêt à rester à longtemps au Liban", a déclaré M. Ghosn mercredi.

Ce pays, qui n'a pas d'accord d'extradition avec le Japon, a reçu une demande d'arrestation d'Interpol. M. Ghosn pourrait être entendu par le parquet général, comme l'impose la procédure, selon une source judiciaire. Beyrouth affirme qu'il est entré "légalement" au Liban muni d'un passeport français.

Les autorités japonaises ont dénoncé une évasion "injustifiable", tandis que le groupe automobile Nissan l'a qualifiée d'"extrêmement regrettable".

16h20: "Je suis ravie qu'il ait pu s'exprimer", a simplement déclaré Carole Ghosn, l'épouse de Carlos Ghosn, après la conférence de presse

16h18: Visé par une notice rouge d'Interpol à la demande du Japon, Carlos Ghosn sera entendu demain par le procureur général du Liban

15h27: Carlos Ghosn répond désormais aux questions des journalistes:

"Je ne me considère pas comme prisonnier au Liban. Je suis ici avec ma famille, mes amis, ... Je ne me sens pas malheureux ici. Ne pensez pas que j'accepte la situation. Je veux laver mon nom avant toute chose"

"Aucun contrat n'a été signé avec Netflix" concernant sa fuite du Japon, assure également Carlos Ghosn.

"Je ne peux pas parler de ma fuite, car si je le fais je vais exposer beaucoup de personnes à des problèmes. Un jour, peut-être, vous connaîtrez la réalité. Dans vingt ans, je pourrai peut-être confirmer ou infirmer ces informations !"

"Je pourrais me présenter à un procès, n'importe où, du moment qu'il est équitable", affirme Carlos Ghosn. "J’ai demandé à mes avocats à plusieurs reprises si je pouvais avoir un procès équitable, et même mes avocats ne pouvaient me le garantir. Et d'ajouter: "On allait vers un procès où je n’avais presque aucune chance d’être acquitté. Imaginez vous retrouver dans une situation comme la mienne, où cela peut prendre jusqu’à plus de cinq ans, et qu’après, vous avez 99,4 % de chances d’être inculpé : cela ne vous donnera pas envie de rester au Japon"

"Je pense toujours être un businessman respecté par la population japonaise"

"Transgresser la loi japonaise est un problème, mais le procureur a violé une dizaine de lois japonais, c’est aussi un problème"

"J'ai des droits vis-à-vis de Nissan, j'ai des droits vis-à-vis de Renault, et je compte bien les réclamer en justice", déclare Carlos Ghosn.

Pris à parti par un reporter nippon, Carlos Ghosn répond: "Je n'ai invité que les médias japonais qui n'ont pas participé à la propagande des procureurs de Tokyo". Et d'ajouter: "J'irai ensuite voir ceux qui sont dehors pour leur expliquer que je n'ai rien contre eux".

Carlos Ghosn se sent-il lâché par les autorités françaises ? Il répond: "Comme les autres citoyens français, je ne demande pas à être au-dessus, mais je ne souhaite pas être en dessous de qui que ce soit"

"Le 19 novembre 2018, c'est comme si j'étais décédé. Je ne savais pas si j'allais revoir les gens que j'aime. C'est comme si j'étais mort. Vous vous anesthésiez, c'est votre façon de survivre. Quand j'ai vu que j'étais sorti, c'est comme si quel-part, je revenais à la vie."

"Si la justice française demande à me parler, je me présenterai à la justice française", assure Carlos Ghosn.

14h00: Carlos Ghosn démarre sa conférence de presse:

"Ce jour est très important pour moi"

"Aujourd'hui je suis fier d'être Libanais, c'est le seul pays qui a été à mes côtés".

"Je n'ai pas pu parler à ma famille pendant 6 semaines"

"J'ai essayé d'exprimer auprès du public tout ce que je ressentais. On m'a replacé en 24h en cellule d'isolement. Ce qui va à l'encontre des normes de l'ONU"

"Aujourd'hui est un rappel poignant du jour où i y a un an où je suis apparu devant les juges à Tokyo où j'ai plaidé mon innocence contraint par des menottes et lié par une laisse autour de la taille."

"C'était facile de taper sur moi quand j'étais derrière les barreaux"

"Je suis ici pour blanchir mon nom"

"Les allégations sont fausses, je n'aurais jamais du être arrêté!"

"Je n'avais pas d'autre choix que la fuite pour me protéger et protéger ma famille"

"Je ne suis pas là pour vous parler de la manière dont j'ai quitté le Japon même si je comprends votre intérêt pour cet événement"

Carlos Ghosn remercie tous ceux qui le soutiennent et notamment "Les libanais ont vraiment le coeur sur la main et une grande âme"

"J'espère que vous allez découvrir la vérité ou comment elle a été déformée. Je ne suis pas là pour me présenter en victime mais pour évoquer un système qui viole les principes d'humanité les plus fondamentaux."

"Je faisais face à un système où le taux de condamnation est de 99.4%"

"Mon épreuve de ces 14 derniers mois est le résultat d'une poignée d'individus sans scrupules de Nissan avec le soutien du procureur de Tokyo."

"J'ai été interrogé pendant plusieurs mois, jusqu'à 8 heures par jour, sans présence d'avocats"

"Les charges contre moi sont infondées. Pourquoi les procureurs ont-ils fait fuiter des informations fausses et dissimulé des informations disculpatoires ? Pourquoi souhaitaient-ils m'empêcher de parler pour présenter ma version des faits ? Pourquoi m'ont-ils interdit tout contact avec mon épouse ?"

"Je commence par le premier point : pourquoi ? Quelle sont les raisons à cela ? Les deux principales raisons qui expliquent ces événements : Les performances de Nissan ont commencé à baisser"

"En 2017 on a vu une baisse dans les résultats. Il y avait une certaine inquiétude parmi les hauts dirigeants. "

"Il commençait à y avoir une certaine défiance de nos collègues japonais, notamment à mon encontre"

"Ce sont des responsables de Nissan, de la justice japonaise, qui sont à l'origine de mon calvaire"

"Malheureusement il n'y avait plus de confiance. Et nos amis japonais se sont dit que le seul moyen de se débarrasser de l'Alliance, c'était en se débarrassant de moi"

"J'ai été arrêté pour n'avoir pas déclaré une rémunération qui ne m'avait pas été payée et qui n'avait même pas été décidée !"

"Il y a eu cette mise en scène de mon arrestation. J'ai été arrêté à l'aéroport et non pas dans l'avion. Tout ça était mis en scène entre le procureur et Nissan"

Carlos Ghosn évoque sur ses conditions de détention et décrit "une petite cellule" avec "la lumière jour et nuit", "30 minutes par jour pour la promenade, deux douches par semaine et l'impossibilité de parler à quelqu'un qui parle français ou anglais".

"J'étais quelque chose entre un humain, un animal, un objet"

"Je pensais que j'allais mourir au Japon ou alors il fallait que je le quitte!"

"Il n'y avait aucune chance que je sois traité équitablement. J'étais l'otage d'un pays que j'avais servi pendant 17 ans. J'ai ressuscité une compagnie."

Carlos Ghosn évoque le mandat d'arrêt contre sa femme pour faux témoignage "Quelle coïncidence que ça tombe 9 mois après ses déclarations et le jour avant cette conférence". "J’ai pu recevoir des visites de mes amis, de mes filles, mais pas de Carole. Pourquoi ? Si j’avais voulu manipuler des preuves, j’aurais pu le faire avec eux "

Carlos Ghosn montre des documents qui prouvent, selon lui, que les accusations portées sont infondées. 

"Depuis mon départ, la capitalisation de Nissan a perdu plus de 40 millions de dollars par jour, et celle de Renault plus de 20 millions d'euros par jour."

"Revenons en à cette histoire de Versailles ! C'est le site le plus visité de France, c'est le symbole de l'ouverture au monde, de la mondialisation de la France"

Nous étions des mécènes de Versailles. On a refait le Salon de la Paix, on a payé plus d'un million d'euros."

Je n'ai pas fait ça pour faire comme Louis XIV. Mais Versailles est un symbole du génie de la France."

"Nous pensions que c'était un geste commercial de Versailles. Nous avons toutes les preuves, tous les documents."

"C'est politique ! Je suis innocent de tout cela, je peux vous le prouver. J'ai beaucoup de documents et j'en ai d'autres à vous présenter. J'ai quitté le Japon car je voulais la justice, je n'ai pas fuis la justice."

13h58: Le président du syndicat de la presse libanaise prend d'abord la parole

13h43 : Carlos Ghosn vient d'arriver au Syndicat de la Presse libanaise à Beyrouth - Il est accompagné de sa femme Carole Ghosn

13h25: Les journalistes commencent à s'installer dans la salle du Syndicat de la Presse

 

13h23: Deux véhicules ont quitté à l'instant le domicile libanais de Carlos Ghosn. On ne sait pas si Carlos Ghosn était à l'intérieur de l'une des deux voitures.

 

 

13h21: Selon BFMTV, la femme de Carlos Ghosn sera présente dans la salle du Syndicat de la Presse de la capitale libanaise

12h14: L'événement se tient à 15H00 locales (13H00 GMT) au Syndicat de la Presse dans la capitale libanaise. Son équipe de communication a méticuleusement organisé le processus d'accréditation des quelque 150 journalistes autorisés à y assister.

Mercredi à Beyrouth, des agents de sécurité privés étaient mobilisés devant l'élégante villa rose où il séjourne habituellement. Plusieurs voitures, certaines aux vitres teintées, y ont fait des allées et venues devant des journalistes aux aguets

12h13: Le point sur ce que l'on sait à la mi-journée

Carlos Ghosn donne mercredi à Beyrouth une conférence de presse très attendue, une première apparition publique du magnat déchu de l'automobile qui pourrait éclaircir les circonstances rocambolesques de sa fuite du Japon, où il est accusé de malversations financières.

L'ancien PDG de Renault-Nissan de 65 ans, qui distille savamment ses déclarations depuis son arrivée le 30 décembre au Liban, son pays d'origine, a déclaré à une chaîne de télévision américaine qu'il avait des "preuves réelles" montrant qu'on voulait le faire tomber au Japon et qu'il allait donner des noms lors de cette conférence.

L'événement se tient à 15H00 locales (13H00 GMT) au Syndicat de la Presse dans la capitale libanaise. Son équipe de communication a méticuleusement organisé le processus d'accréditation des quelque 150 journalistes autorisés à y assister.

Mercredi à Beyrouth, des agents de sécurité privés étaient mobilisés devant l'élégante villa rose où il séjourne habituellement. Plusieurs voitures, certaines aux vitres teintées, y ont fait des allées et venues devant des journalistes aux aguets, dont des Japonais, selon un photographe de l'AFP.

M. Ghosn fait l'objet de quatre inculpations au Japon: deux pour abus de confiance aggravé et deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan (aussi poursuivi sur ce volet), notamment des montants qu'il devait toucher après sa retraite estimés par la justice à 9,23 milliards de yens (74 millions d'euros) de 2010 à 2018.

Les autorités japonaises ont dénoncé une évasion "injustifiable", tandis que le groupe automobile Nissan l'a qualifiée d'"extrêmement regrettable".

L'affaire a pris une ampleur internationale et des enquêtes sont en cours au Japon et en Turquie, où M. Ghosn --détenteur des nationalités française, libanaise et brésilienne-- a fait escale.

Il fait l'objet depuis la semaines passée d'une demande d'arrestation d'Interpol. Beyrouth affirme qu'il est entré "légalement" au Liban muni d'un passeport français.

"Je n'ai pas fui la justice, je me suis libéré de l'injustice et de la persécution politique. Je peux enfin communiquer librement avec les médias", avait assuré M. Ghosn au lendemain de son arrivée au Liban.

"C'est moi seul qui ai organisé mon départ", avait-il martelé.

Interpellé en novembre 2018 à la descente de son jet au Japon, l'homme d'affaires avait été libéré sous caution en avril 2019, au terme de 130 jours d'incarcération.

Assigné à domicile, il avait interdiction de quitter le Japon dans l'attente d'un procès dont la date n'a pas été fixée, ainsi que de contacter son épouse Carole.

Le magnat déchu, ses proches et sa défense clament depuis le début son innocence et soutiennent qu'il a été victime d'un "complot" ourdi par Nissan, avec la complicité des autorités japonaises, car il s'apprêtait à organiser une fusion entre Renault et Nissan.

Lors de sa conférence, il entend nommer ceux qui seraient responsables de son arrestation, a-t-il confié à une journaliste de la chaîne de télévision américaine Fox Business.

Des procureurs ont tenté mercredi de fouiller les bureaux d'un de ses avocats, Junichiro Hironaka, et de saisir des ordinateurs mais l'accès leur a été refusé, les avocats invoquant la "confidentialité entre un avocat et son client".

Son équipe juridique en France a fustigé les accusations de Nissan, qui affirme avoir des preuves contre M. Ghosn, quelques heures avant la conférence de presse, qualifiant l'enquête du constructeur automobile japonais de "grosse déformation de la vérité".

Cette enquête "a été lancée et entreprise dans le but spécifique et prédéterminé d'écarter Carlos Ghosn", ont ajouté ses avocats dans un communiqué.

10h48: Carlos Ghosn a maintenant "une vraie liberté" pour s'expliquer aujourd'hui au cours de sa conférence de presse à Beyrouth, a déclaré sur BFM Business son avocat Jean-Yves Le Borgne, précisant qu'il ignorait jusqu'où irait la "liste nominative" des personnes qu'il pourrait citer.

"Aujourd'hui il y a une vraie liberté, je pense qu'il va l'utiliser cette liberté", a expliqué l'avocat interrogé pour savoir si l'ex-magnat de l'automobile allait citer des noms de personnes qu'il estime responsables de l'affaire ayant conduit à son incarcération au Japon. "Quand on n'a plus à ménager ceci ou cela, quand on n'est plus sous cette sorte de pression qui s'exerçait sur lui au Japon, à ce moment là il faut dire les choses", a-t-il ajouté, tout en précisant qu'il ignorait "jusqu'où ira la liste nominative" que son client pourrait utiliser jeudi. Quant aux documents dont ils disposent, Me Le Borgne a indiqué que ses défenseurs sont "dans une situation où Nissan a tout les documents" dans la mesure où M. Ghosn "a été arrêté dans des conditions extraordinaires à sa descente d'avion".

Interrogé sur le comportement de l'actuelle direction de Renault vis-à-vis de M. Ghosn, l'avocat a estimé qu'"un certain nombre de personnes ont été dans cette affaire ravis de prendre le chemin de l'anti-Ghosn". "Qui a soutenu Carlos Ghosn, tant en ce qui concerne Renault qu'en ce qui concerne l'Etat?", s'est-il demandé tout en souhaitant mettre un "bémol" s'agissant de l'Etat français.

"Nous ignorons tous ce qui a été dit, notamment dans le cadre des entretiens qui ont eu lieu entre le président de la République et le Premier ministre japonais, et bien évidemment alors même que le Président de la république serait intervenu fermement, il n'aurait pas pu le dire publiquement", a-t-il expliqué.

"Sur le terrain de Renault, on observe que ceux qui ont travaillé avec Carlos Ghosn, ceux qui étaient susceptibles de soutenir Carlos Ghosn, ont curieusement disparu du paysage", a-t-il ajouté. Carlos Ghosn donnera mercredi à Beyrouth une conférence de presse très attendue, première apparition publique du magnat déchu de l'automobile qui pourrait éclaircir les circonstances rocambolesques de sa fuite du Japon, où il est accusé de malversations financières.

09h43: Les avocats de Carlos Ghosn au Japon ont bloqué mercredi la saisie par les enquêteurs d'un PC et autres objets utilisés par le magnat de l'automobile avant sa fuite au Liban.

"Les procureurs sont venus ce matin dans nos locaux avec un mandat de saisie des affaires utilisées par M. Ghosn, dont un ordinateur", a expliqué l'équipe de défense dans un communiqué.

"En vertu du secret professionnel liant un avocat et son client, nous avons exercé notre droit de refus de saisie, comme précisé dans l'article 105 du Code de procédure pénale, et nous leur avons demandé de partir sans accéder à nos bureaux", est-il précisé.

Toutefois, le même article indique aussi que des circonstances particulières peuvent exister, ce que pourrait faire valoir ultérieurement le parquet.

Parmi les conditions de sa libération sous caution, il était stipulé que M. Ghosn ne pouvait accéder à internet uniquement depuis un PC dédié situé dans le bureau d'un de ses défenseurs, Junichiro Hironaka.

Plus tôt dans la semaine, une source proche des avocats avait indiqué à l'AFP: "Ils n'ont rien à se reprocher, ils n'ont rien fait d'illégal".

Les défenseurs de M. Ghosn étaient toutefois garants du respect des clauses relatives à la liberté sous caution du patron déchu de Renault et Nissan qui a fui le Japon il y a dix jours, à leur insu selon eux.

Depuis, les enquêteurs s'activent pour tenter de comprendre comment il est parvenu à organiser son évasion, d'autant qu'il prétend avoir tout planifié "seul".

M. Ghosn tiendra une conférence de presse mercredi après-midi à Beyrouth. Son équipe de communication a déjà prévenu qu'il ne livrerait pas de détails sur sa cavale mais qu'il ferait éclater la "vérité" sur ce qu'il considère comme un complot politico-industriel japonais pour le faire tomber.

07h32: Assigné à domicile, il avait interdiction de quitter le Japon dans l'attente d'un procès dont la date n'a pas été fixée, ainsi que de contacter son épouse Carole --visée désormais par un mandat d'arrêt de la justice japonaise. M. Ghosn, détenteur des nationalités française, libanaise et brésilienne, fait l'objet de quatre inculpations au Japon: deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan (qui est aussi poursuivi sur ce volet), et deux autres pour abus de confiance aggravé.

Le magnat automobile déchu, ses proches et sa défense clament depuis le début son innocence et soutiennent qu'il a été victime d'un "complot" ourdi par Nissan pour le faire tomber, avec la complicité des autorités du pays. Lors de sa conférence, il entend nommer ceux qui seraient responsables de son arrestation, a-t-il confié à une journaliste de la chaîne de télévision américaine Fox Business. Ils voulaient l'"évincer" car il s'apprêtait à organiser une fusion entre Renault et Nissan, a-t-il dit, précisant qu'il ne supportait pas l'interdiction de parler à sa femme, selon Fox Business.

Celle-ci, visée depuis mardi par un mandat d'arrêt du parquet de Tokyo pour faux témoignage, a assuré qu'elle n'était "au courant de rien" concernant la fuite de son mari. "J'étais à Beyrouth avec mes enfants pour fêter Noël, quelqu'un m'a appelée pour me dire: j'ai une surprise pour toi. C'était la plus belle de toute ma vie!", a affirmé Carole Ghosn dans un entretien mardi au quotidien Le Parisien.

"Partir était le seul choix possible alors qu'il voyait son procès reporté indéfiniment et qu'il était maintenu dans des conditions de privation de liberté visant à le déshumaniser. Carlos n'entendait pas plaider coupable pour des choses qu'il n'a pas faites", a-t-elle ajouté. M. Ghosn est soupçonné de s'être enfui en prenant un jet privé à l'aéroport international du Kansai, près d'Osaka (ouest japonais), en compagnie de deux complices présumés, de nationalité américaine, selon une chaîne de télévision publique japonaise. Il aurait échappé aux contrôles en se cachant dans un caisson de matériel audio pour des concerts, selon des médias japonais.

Après une courte escale à Istanbul, le temps de changer de jet, il a atterri à l'aube du lundi 30 décembre au Liban, où il est entré "légalement", muni d'un passeport français. Le Liban, qui n'a pas d'accord d'extradition avec le Japon, a reçu une demande d'arrestation d'Interpol. M. Ghosn pourrait être entendu par le parquet général, comme l'impose la procédure, avait indiqué à l'AFP une source judiciaire.

06h17: Carlos Ghosn donnera cet après-midi à Beyrouth une conférence de presse très attendue, première apparition publique du magnat déchu de l'automobile qui pourrait éclaircir les circonstances rocambolesques de sa fuite du Japon, où il est accusé de malversations financières. L'ancien PDG de Renault-Nissan, qui distille savamment ses déclarations depuis son arrivée le 30 décembre au Liban, son pays d'origine, a déclaré à une chaîne de télévision américaine qu'il avait des "preuves réelles" montrant qu'on voulait le faire tomber au Japon et qu'il allait donner des noms lors de cette conférence.

L'événement se tient à 15H00 locales au Syndicat de la Presse dans la capitale libanaise. Son équipe de communication a méticuleusement organisé le processus d'accréditation des journalistes autorisés à y participer. Les annonces de l'homme d'affaires de 65 ans sont très attendues par les médias, qui ont multiplié ces derniers jours les récits d'une exfiltration aux allures de film hollywoodien. Le Japon a dénoncé une évasion "injustifiable", tandis que le groupe automobile Nissan l'a qualifiée d'"extrêmement regrettable".

L'affaire a pris une ampleur internationale et des enquêtes sont en cours au Japon et en Turquie, où M. Ghosn a fait escale. "Je n'ai pas fui la justice, je me suis libéré de l'injustice et de la persécution politique. Je peux enfin communiquer librement avec les médias", avait-il assuré dans un communiqué au lendemain de son arrivée au Liban.

"C'est moi seul qui ai organisé mon départ", avait-il martelé. Son lieu de résidence reste inconnu, mais les journalistes campent devant une élégante villa rose d'un quartier historique de Beyrouth où il a l'habitude de séjourner. Interpellé en novembre 2018 à la descente de son jet privé au Japon, M. Ghosn avait été libéré sous caution en avril 2019, au terme de 130 jours de prison.

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Vos réactions

Portrait de LesRipoublicains
8/janvier/2020 - 21h49

Faut pas exagérer non plus.

Il n'est pas là que pour blanchir son nom, il est là bas aussi pour blanchir son pognon.

Sinon, Carlos Ghosn, c'est à s'y méprendre le Jean Pierre Treiber en version "finance".

Son terrain de chasse n'est pas localisé à la France, mais à la planète toute entière.

Son refuge ne se limite pas à une forêt froide et humide, mais à un pays bienveillant, le Liban.

En liberté, le premier écrivait des lettres qu'il postait en cachette, l'autre lance des conférences de presse avec un parterre de 150 journalistes.

Leurs évasions sont tout aussi spectaculaires et du même acabit, des fugitifs planqués dans une malle.

Et ils sont tous les 2 "innocents", puisqu'ils ne seront jamais jugés. L'un par son suicide physique, l'autre grâce à son pognon immunitaire.

Portrait de Noodles1
8/janvier/2020 - 15h10
Mortimer a écrit :

:):) Joli. 

Il est loin le temps où les japonnais l’accueillaient avec un Gohsnichiwa.  

smileysmiley

Avant ,Gohsnichiwa-san ,maintenant Goshnichiwa t'en !!

 

Mieux vaut en rire ...On nous prend toujours pour des billes .

Portrait de Noodles1
8/janvier/2020 - 14h48
Mortimer a écrit :

Bon ! Il veut parler de tout et répondre à toutes les questions sauf celle qui nous intéresse, c'est à dire comment il s'est enfui du Japon. 

Il ne veut pas mouiller ses complices..

Auparavant (chinois) ,au japon on saluait ainsi Monsieur Ghons . : Konnichiwa Carlos- SAN.

Maintenant y a" Ni San" ,ni Carlos!! Y a un courant d'air ,arrivé comment au Liban ? mystère et boules de gomme ,à ne pas confondre avec les" boules de Geisha "(pour rester sur le sujet japon)

Portrait de pommedadam
8/janvier/2020 - 13h44

Avec David Coperfield dans son grand numéro: la malle magique!

Portrait de nojuge
8/janvier/2020 - 13h29

On sait déjà en gros ce qu'il dira....

J'ai été accusé à tord, je prouverai mon innocence...après ce que j'ai fait pour Nissan....  blablabla