maladie 13h37: La cour d’appel de Besançon a maintenu mercredi le Dr Frédéric Péchier, soupçonné de 24 empoisonnements dont neuf mortels, en liberté sous contrôle judiciaire, ont annoncé les avocats de la défense et des parties civiles à la presse.
A l’issue de quatre heures de débats et d’une heure de délibéré, les magistrats de la chambre de l’instruction de la cour d’appel ont ainsi de nouveau laissé l’anesthésiste libre, comme il l’est depuis sa première mise en examen dans cette affaire, prononcée en mars 2017 pour sept premiers cas d’empoisonnement.
Selon Me Jean-Yves Le Borgne, l’un des avocats du médecin, «la chambre de l’instruction a purement et simplement confirmé la décision qui avait été prise au mois de mai par le juge des libertés et de la détention» (JLD), juste après sa seconde mise en examen, le 16 mai.
La JLD avait alors laissé le médecin en liberté sous contrôle judiciaire, maintenant l’interdiction d’exercer prononcée dès 2017 et en y ajoutant une obligation d’éloignement de la région de Besançon.
«C’était ce que nous sollicitions, c’était ce que nous espérions, c’était dans notre esprit ce que l’équité» mais aussi «le droit et la procédure pénale française commandaient», s’est félicité Me Le Borgne.
Selon l’avocat, la cour d’appel n’a apporté «aucune modification» par rapport à la décision du JLD dont le parquet de Besançon avait immédiatement interjeté appel.
Pour Me Randall Schwerdorffer, ténor du barreau bisontin et autre défenseur du Dr Péchier, ce dernier «a été très soulagé par la décision».
«On a eu un juge des libertés et de la détention courageux» et «une chambre de l’instruction très juridique», a-t-il poursuivi.
«Nous vous le disons avec force, le Dr Péchier est présumé innocent (...), c’est un dossier en l’état sans preuves, il y a encore beaucoup d’actes d’investigation à accomplir», a-t-il enchaîné.
Selon Me Stéphane Giuranna, l’un des avocats des parties civiles, la cour a estimé que le médecin avait certes «commis quelques entorses à son contrôle judiciaire», lui conseillant «de ne pas y revenir».
Mais «elle a décidé de ne pas se déjuger» puisque cette même cour l’avait déjà laissé en liberté sous contrôle judiciaire en 2017, a-t-il ajouté.
13h37: Les magistrats de la cour d’appel de Besançon se sont retirés mercredi pour délibérer sur le maintien en liberté ou le placement en détention provisoire de l’anesthésiste Frédéric Péchier, soupçonné d’avoir empoisonné 24 patients lors d’interventions chirurgicales.
L’audience, à huis clos, s’est prolongée pendant près de quatre heures en présence du médecin de 47 ans et d’une petite trentaine de victimes ou de proches des victimes.
Parmi eux, le père d’un enfant opéré en 2016 à l’âge de 4 ans des amygdales et qui avait survécu à deux arrêts cardiaques.
A sa sortie de l’audience, Me Béthune de Moro, l’un des avocats du médecin, a de nouveau soutenu qu’il n’y avait «aucune preuve» que les événements indésirables graves (EIG) survenus lors des interventions chirurgicales incriminées soient «criminels». La défense a ainsi demandé le maintien de l’anesthésiste en liberté sous contrôle judiciaire. L’avocat a parlé d’une «audience dense» mais d’un «débat assez loyal» entre l’accusation qui réclame son placement en détention, soutenu par les parties civiles, et les conseils du médecin.
Il était «difficile et douloureux (pour le Dr Péchier, NDLR) de revenir à Besançon, de voir les victimes» de ces EIG, a-t-il encore observé.
Sans se prononcer sur la culpabilité du médecin, les juges de la chambre de l’instruction devront dire à l’issue de leur délibéré si son maintien en liberté est susceptible de créer un trouble à l’ordre public, d’entraver l’enquête ou encore de faire peser une pression sur les victimes présumées. «Il y a eu violation du contrôle judiciaire» auquel le Dr Péchier était astreint, avait assuré peu avant l’audience Me Frédéric Douchez, avocat de la clinique Saint-Vincent où il exerçait. Des accusations taxées de «ridicules» par Me Randall Schwerdorffer, un autre avocat du Dr Péchier.
Depuis la mi-mai et la mise en examen de son client pour 17 nouveaux cas d’empoisonnements qui s’ajoutent aux sept pour lesquels il était déjà poursuivi depuis 2017, le médecin «a encore respecté son contrôle judiciaire, il n’y a eu aucune difficulté», a-t-il assuré.
08h48: Autrefois praticien réputé, Frédéric Péchier avait été mis en examen une première fois en 2017 pour sept cas d’empoisonnements, dont deux mortels. Laissé en liberté sous contrôle judiciaire à l’issue de cette première mise en examen, il l’a également été après la seconde, à la mi-mai, pour 17 dix-sept autres cas, dont sept mortels. Parmi ses victimes présumées, certaines, restées plusieurs jours dans le coma après avoir subi des arrêts cardiaques à l’occasion d’opérations qui ne présentaient pas de difficultés particulières, en portent encore les séquelles.
Dès 2017, le Dr Péchier s’était vu interdire d’exercer sa profession. Ce contrôle judiciaire a été renforcé à la mi-mai avec une obligation d’éloignement de Besançon et de ses environs. Il réside depuis chez ses parents, non loin de Poitiers, là où il a débuté ses études de médecine et où son père exerce lui-même comme anesthésiste.
Le parquet avait immédiatement interjeté appel de la décision de la juge des libertés et de la détention (JLD) prise à la mi-mai, estimant que l’anesthésiste devrait être désormais placé en détention provisoire le temps de l’instruction de cette affaire qui devrait se prolonger encore des mois, voire davantage. Sans se prononcer sur la culpabilité du médecin, les juges de la chambre de l’instruction devront dire si son maintien en liberté est susceptible de créer un trouble à l’ordre public, d’entraver l’enquête ou encore de faire peser une pression sur les victimes présumées.
08h15: L’anesthésiste Frédéric Péchier, soupçonné d’avoir empoisonné 24 patients au cours d’interventions chirurgicales, a répondu mercredi à la convocation de la Cour d’appel de Besançon qui devrait dire dans la journée s’il reste en liberté sous contrôle judiciaire ou s’il est placé en détention provisoire.
Arrivé vers 07h50 en voiture, le Dr Péchier, 47 ans, homme à la carrure imposante, vêtu d’une parka marron et d’un pantalon noir et fumant une cigarette, a retrouvé à l’entrée du palais de justice l’un de ses avocats, Me Randall Schwerdorffer. L’un comme l’autre n’ont fait aucune déclaration. L’audience doit débuter à 09H00 et pourrait se tenir à huis clos. A l’issue des débats, les magistrats de la chambre de l’instruction se retireront avant de rendre leur décision -leur pratique habituelle-, à moins qu’ils ne décident de mettre leur arrêt en délibéré devant la complexité exceptionnelle de ce dossier.
Vos réactions
UNE HONTE ET ENCORE UNE DE PLUS
Si c'etait le pelot du coin il serait au trou sans en sortir ah la justice des riches elle est belle
dommage qu'il n'est pas gilet jaune, il serait enfin enfermé!
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