08/04/2019 12:30

Bilan du Grand Débat: "Nous devons baisser plus vite les impôts" face à "une immense exaspération fiscale" (Edouard Philippe)

12h30: Ce qu'il faut retenir du discours du Premier ministre Edouard Philippe depuis le Grand Palais à Paris

L’exécutif retient du grand débat qu’il faut «baisser plus vite les impôts» face à une «immense exaspération fiscale», a affirmé lundi Edouard Philippe, qui veut plus largement répondre sans «frilosité» à «un besoin de changement radical» des Français.

«La première exigence, c’est en fait une immense exaspération fiscale», a déclaré le Premier ministre lors d’un discours au Grand Palais concluant le compte-rendu détaillé des remontées du grand débat en France.

Face à «une sorte de tolérance fiscale zéro», «les débats, je le crois, nous indiquent clairement la direction à prendre: nous devons baisser et baisser plus vite les impôts», a-t-il dit.

Avant une adresse au Parlement mardi et mercredi, et à quelques jours des premiers arbitrages du président Macron, le Premier ministre a affiché la volonté de l’exécutif d’annoncer des décisions fortes après la crise des «gilets jaunes» et trois mois de grand débat national.

«Nous sommes parvenus à une situation où hésiter serait pire qu’une erreur, ce serait une faute. Le besoin de changement est si radical que tout conservatisme, toute frilosité serait à mes yeux impardonnable», a-t-il affirmé.

«Le président l’a dit, nous ne pourrons plus gouverner comme avant», a déclaré le Premier ministre, jugeant nécessaire «de construire les outils d’une démocratie plus délibérative».

«Certains annonçaient la fin de la démocratie représentative et l’avènement de ce qui aurait pu être une forme de démocratie directe et médiatique permanente. Ça n’est pas ce que les Français veulent, ils sont exigeants, ils veulent une démocratie plus représentative, plus transparente, plus efficace et une exemplarité encore renforcée», selon les conclusions du Premier ministre.

Quant à l’écologie, «nos concitoyens nous disent qu’ils sont prêts à changer de comportement, dans un grand nombre de domaines, en revanche, ils ne veulent pas, ils ne veulent plus, que des taxes leur dictent ce qu’il doivent faire et dans les cas où ils peuvent l’envisager, ils veulent que leurs produits financent des dispositifs d’accompagnement», a relevé l’ancien maire du Havre après trois heures de compte-rendu.

«Ces réunions (du grand débat) ont fait honneur à leurs participants» et «au débat démocratique», a-t-il salué, en s’en prenant aux «exemples de violences que d’autres se complaisent à donner chaque samedi» lors de manifestations de «gilets jaunes».

11h54: Le Premier ministre, Edouard Philippe, s'exprime pour faire le bilan du Grand Débat depuis le Grand Palais

Au début de son discours, il a tenu à remercier les citoyens qui ont participé au Grand Débat. "C'est un temps où nos citoyens ont échangé entre eux", a-t-il indiqué.

"Si on ne prend pas le temps d'écouter, en général, on n'entend pas bien", a-t-il estimé. "Dans ce débat rien ne devait être caché, certes nous avons cadré les choses. Toutes les données sont désormais disponibles. Elles sont ouvertes à ceux qui veulent les analyser"

"Beaucoup ont participé à des réunions", a continué le Premier ministre qui a été interpellé par un homme en plein discours. Edouard Philippe a ensuite tenu à remercier les deux ministres qui ont animé le "Grand Débat" au fil des semaines

"C'est difficile de résumer les dizaines de milliers d'idées faites par les citoyens (...) Tout synthèse paraîtra forcément un peu réductrice". "Un débat, ça ne marche que si des femmes et des hommes s'en emparent, le nourrissent, le densifient, l'agitent, et cela il n'y a que l'intelligence collective qui en est capable". "Nous avons voulu un débat libre pour que toutes les nuances, tous les possibles s'expriment"

Edouard Philippe a listé les quatre exigences formulées par les participants au grand débat.

1 / Une "exaspération fiscale". "Nous devons baisser, et baisser plus vite, les impôts".

2/ "La fraternité". "Nous vivons dans un pays où à certains endroit son ne se voit plus, on ne se parle plus, et quand le service public ferme", a-t-il déclaré.  

3/ "Une exigence démocratique", a précisé le Premier ministre en indiquant qu'une "grande partie des contributions" ont eu des "mots très durs, très violents, à l'encontre du gouvernement, des élus ou des fonctionnaires".

4/  Le changement climatique. "Les Français, contrairement aux habitants d'autres pays, ne sont pas climato-sceptiques", mais ils ne veulent pas que l'effort pour le climat passe "par des taxes"

11h48: "La santé est le domaine pour lequel (certains) contributeurs accepteraient une hausse des prélèvements obligatoires."

11h42: Les contributeurs en ligne font d'abord confiance aux élus locaux (27,4%). Une grande part d'entre eux n'a pas confiance en ses représentants (23,2%), une majorité des contributeurs estiment qu'il faut "transformer les assemblées, dont le Sénat et le CESE" (53%)

11h30: Les priorités fiscales du Grand Débat : 1) Il y a trop d'impôts et de prélèvements obligatoires; 2) Il faut plus de justice fiscale ; 3) Il faut durcir la lutte contre la fraude et l'évasion fiscales. 

Dans les contributions en ligne, les participants suggèrent en priorité de faire payer symboliquement l'impôt sur le revenu à tous et de taxer davantage les plus riches (moins de niches, retour de l'ISF, augmenter le nombre des tranches).

11h00: Ce que l'on sait ce matin

Demande de baisses d’impôts et de justice fiscale, mais aussi d’écologie et de santé: Edouard Philippe tire lundi le bilan des centaines de milliers de propositions citoyennes issues des deux mois de grand débat national lancé face à la crise des «gilets jaunes».Pour accompagner cette «restitution» des débats, le Premier ministre prononcera un discours à la mi-journée sous les verrières du Grand Palais, en attendant les premières décisions concrètes d’Emmanuel Macron à la mi-avril.
Selon les documents de synthèse consultés par l’AFP, la baisse des impôts, idée populaire, revient sans surprise comme une des principales suggestions. Le souhait d’une plus grande justice fiscale se traduit par des soutiens notables au rétablissement de l’impôt sur la fortune (ISF), au renforcement de la lutte contre la fraude fiscale et à l’idée «que tout le monde paie l’impôt». En revanche, les dépenses publiques à réduire restent «imprécises», relève la note du gouvernement.
Près de la moitié du gouvernement, les cinq «garants» du grand débat, des citoyens, représentants d’associations et partenaires sociaux, maires, et une centaine de directeurs d’administration sont réunis, au surlendemain de l'«acte 21» des «gilets jaunes» qui a enregistré samedi sa plus faible mobilisation. Les organismes missionnés pour cette «restitution» (le sondeur OpinionWay, les cabinets Roland Berger, Res Publica et Missions Publiques) vont présenter les résultats de la consultation.
Plus de 1,5 million de personnes y ont participé directement d’après les comptages officiels: un tiers via le site dédié, un tiers dans les quelque 10.000 réunions locales, un tiers dans les 16.000 cahiers de doléances ou par courrier libre. «Cette base de données est un trésor national», a déclaré Isabelle Falque-Pierrotin, membre des garants, évoquant au passage «le doute» qu’a pu soulever «l’hypermédiation des débats présidentiels», avec près de cent heures d’intervention d’Emmanuel Macron.
«Quand (le grand débat) a ouvert c’était un saut dans l’inconnu» mais «les Français ont été au rendez-vous», s’est félicitée Emmanuelle Wargon, une des deux ministres chargés des consultations, en saluant «la mobilisation de la société civile». Le ministre Sébastien Lecornu a lui rendu un «hommage» particulier aux maires, dont «un sur deux ont joué le jeu» des réunions locales.
Aux quatre thèmes fixés par Emmanuel Macron dans sa lettre aux Français mi-janvier - écologie, impôts, services publics, démocratie - s’en sont ajouté d’autres qui ont spontanément émergé dans la consultation: la santé, beaucoup, mais aussi les retraites ou encore la dépendance. D’autres sujets, comme l’immigration, sont eux restés en retrait.

10h25: Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a souhaité que le grand débat aboutisse à «une ligne claire» et à des «mesures concrètes» en faveur de l’écologie et de la «justice sociale». «Ce que j’attends de la sortie de ce grand débat, c’est une ligne claire: écologie, justice sociale. Ce mouvement (des «gilets jaunes», ndlr) a été un appel à la justice, la justice sociale, fiscale, territoriale et même à la justice générationnelle» car «la situation» des jeunes «est dramatique», a déclaré M. Berger sur France Inter.

Le responsable syndical s’exprimait avant la présentation lundi d’une synthèse du grand débat et un discours du Premier ministre Edouard Philippe. Le président Emmanuel Macron devrait annoncer de premières mesures à la mi-avril, puis égrener des décisions jusqu’à l’été.

Prônant une «transition écologique juste», M. Berger a dit attendre également «des mesures concrètes», comme la «rénovation thermique des logements» et des «chèques mobilité pour les travailleurs». Il souhaite aussi une «réflexion sur la fiscalité et la contribution des plus hauts revenus».

10h06: Une forte demande de baisse d’impôts et de justice fiscale, mais aussi de proximité, d’écologie et de santé: le compte-rendu du grand débat effectué lundi dessine plusieurs tendances, parfois contradictoires, selon les documents de synthèse consultés par l’AFP.

Ces tendances émanent de l’analyse des contributions du site internet dédié, des cahiers citoyens, des réunions d’initiative locale et des conférences citoyennes. Plus de 10.000 réunions d’initiatives locales (RIL) ont été organisées et la plateforme a reçu 1,9 million de contributions, selon le gouvernement. Les résultats font l’objet de plusieurs synthèses, rendant une vision globale complexe.

- La baisse des impôts, idée populaire, revient sans surprise comme une des principales suggestions dans les questionnaires et a fortiori dans les contributions libres (réunions d’initiative locale, cahiers de doléances, courriers...). Parmi les baisses d’impôt demandées, la TVA (dont produits de première nécessité) est la première citée, devant l’impôt sur le revenu et les impôts locaux.

Quant à l’idée d’une plus grande justice fiscale, également bien présente, elle se traduit par des soutiens notables au rétablissement de l’impôt sur la fortune (ISF) ou encore au renforcement de la lutte contre la fraude fiscale, mais aussi à l’idée «que tout le monde paie l’impôt».

En revanche, les dépenses publiques à réduire restent «imprécises», relève la note du gouvernement. Les trois quarts évoquent une «réduction du train de vie de l’Etat» et la lutte contre le gaspillage d’argent public.

Quand les participants citent un poste de dépenses publiques à réduire, la Défense et le logement sont les premiers cités. Ils identifient un seul poste où ils sont prêts à payer davantage d’impôts: la santé.

- La conscience de l’urgence est forte, mais les Français estiment pouvoir agir directement: 62% des contributeurs à la plateforme affirment que leur vie quotidienne est déjà touchée par le changement climatique et 86% pensent pouvoir contribuer à protéger l’environnement.

Comme solutions, le développement de transports collectifs, ainsi que la réduction de l’utilisation des pesticides dominent.

- 74% des contributeurs à la plateforme demandent une dose de proportionnelle, essentiellement à l’Assemblée nationale. Le maintien du non-cumul des mandats est également largement défendu, tout comme la réduction du nombre de parlementaires ou la prise en compte du vote blanc. Le vote obligatoire intéresse moins. 20% des contributeurs du site proposent de supprimer le Conseil économique et sociale (Cese) et le Sénat.

La moitié des répondants disent avoir confiance dans leurs élus, principalement leur maire, mais la remise en cause des «privilèges des élus» est également importante. La démocratie directe est plébiscitée au niveau local: 80% des contributeurs sont favorables au référendum au niveau local (53% pour son usage au niveau national). La décentralisation divise à parts égales ses partisans et opposants, les premiers l’associant à «une demande de proximité» des fonctionnaires, relève la note gouvernementale.

10h01: «Les conditions ne sont pas du tout réunies pour réintroduire une augmentation de la taxe carbone», mais les Français ont proposé notamment pendant le grand débat d'«aller plus loin dans le principe pollueur-payeur», a indiqué la secrétaire d'Etat Emmanuelle Wargon.

Edouard Philippe tire ce même jour le bilan du grand débat national lancé face à la crise des «gilets jaunes», en attendant les premières décisions concrètes d'Emmanuel Macron attendues pour la mi-avril. S'il existe à l'issue des consultations un «consensus sur l'urgence écologique», Mme Wargon, une des deux ministres chargés de l'animer, a souligné sur France 2 qu'il n'y avait «sans surprise aucun consensus pour le rétablissement d'une augmentation de la taxe carbone».

Les Français pensent qu'ils peuvent «contribuer: 86% des gens qui ont répondu sur la plateforme disent on pense qu'on peut contribuer nous-mêmes à la transition écologique et on pense même qu'on peut faire des économies grâce à l'écologie», a-t-elle rapporté.

09h36: «Il est temps de sortir (du grand débat) avec une vraie vision et des actes vigoureux», a plaidé de son côté dimanche le président des Républicains Laurent Wauquiez, accusant Emmanuel Macron de «faire l’histrion». Toujours chez LR, Valérie Pécresse estime que l’exécutif «promène le chien jusqu’aux européennes» fin mai.

09h35: La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a promis que «rien ne serait comme avant» à l’issue du grand débat, avec notamment une meilleure association des Français aux décisions. Mais le patron du PS Olivier Faure dit déjà s’attendre à «un approfondissement du cap initial».

09h24: Le rétablissement de l’ISF et l’instauration du référendum d’initiative citoyenne (RIC), réclamés dès les débuts du mouvement par les «gilets jaunes», se sont eux «progressivement dilués avec d’autres préoccupations», a ainsi affirmé M. Lecornu.

Lors de débats sans vote mardi devant l’Assemblée puis au Sénat mercredi, Edouard Philippe dira ensuite «ce que nous retenons, les thèmes que nous voulons privilégier, les orientations que nous fixons». Le Premier ministre a déjà promis des «solutions puissantes» et évoqué un travail à venir avec «les corps intermédiaires» et «les élus locaux».

Le verdict reviendra alors mi-avril à Emmanuel Macron, au terme d’un tour de France en 80 jours dont une centaine d’heures de débats. Les mesures pourront être distillées jusqu’à l’été.

Le président a promis de répondre sans «reniement» ni «entêtement» aux souhaits des Français, un «en même temps» qui maintient le flou.

09h20: Des centaines de milliers de propositions citoyennes ont été formulées durant quatre mois. Aux quatre thèmes fixés par Emmanuel Macron dans sa lettre aux Français mi-janvier - écologie, impôts, services publics, démocratie - s'en sont ajoutés d'autres qui ont spontanément émergé dans la consultation.

"Les Français ne se sont pas sentis serrés par les thèmes qu’on leur a proposé", se réjouit un proche du Premier Ministre. Les premières remontées montrent d’ailleurs qu’au-délà de la demande massive de baisse d’impôts, de plus de justice fiscale, de plus de services publics, certains thèmes sont massivement ressortis. C'est le cas du pouvoir d’achat et de l’emploi mais dans les couloirs de l'exécutif, on a aussi noté l’importance de la santé dans les doléances des Français : "On a beaucoup de contributions sur l’accès et la qualité des soins", explique un conseiller.

08h13: Plus de deux mois de consultation, des centaines de milliers de propositions citoyennes, parfois contradictoires ou coûteuses : le premier ministre Edouard Philippe tire, ce matin, le bilan du grand débat lancé face à la crise des « gilets jaunes ».

Près de la moitié du gouvernement, les cinq « garants » du grand débat, des citoyens, représentants d’associations et partenaires sociaux, maires, et une centaine de directeurs d’administration seront réunis dans la matinée sous la verrière du Grand Palais à Paris pour cette synthèse baptisée « restitution ».

Plus de 1,5 million de personnes y ont participé directement d’après les comptages officiels : un tiers via le site dédié, un tiers dans les quelque 10 000 réunions locales, un tiers dans les 16 000 cahiers de doléances ou par courrier libre.

Aux quatre thèmes fixés par Emmanuel Macron dans sa lettre aux Français mi-janvier – écologie, impôts, services publics, démocratie – s’en sont ajoutés d’autres qui ont spontanément émergé dans la consultation : la santé, beaucoup, mais aussi les retraites ou encore la dépendance.

D’autres sujets, comme l’immigration, sont eux restés en retrait. La synthèse sera « représentative de la diversité des points de vue exprimés » dans le grand débat, a assuré Emmanuelle Wargon (secrétaire d’Etat auprès du ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire), une des deux ministres chargés du débat. « Toutes les analyses » seront mises en ligne en parallèle, en gage de « transparence ».

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Vos réactions

Portrait de pipo.2
8/avril/2019 - 15h55
Philou.2 a écrit :

à pas grand chose !! Certains diront que c'est déjà mieux que rien !  Le train de vie sera le même pour tous y compris les GJ ! Ah oui baisser au plus vite les impôts paraît il ? 

Quel pipoteur ce Philou ! Pipo d'Or pour toute son œuvre.

Portrait de hummerH2
8/avril/2019 - 12h35
Wouhpinaise a écrit :

Reste à savoir concrètement sur quoi ça va aboutir.

Oui !!!

Car pour le moment, c'est 6 mois de grand blabla qui se termine par un blabla d'1/2 heure par le 1er sinistre.

J'ai bien peur que ces 6 mois de palabres interminables ne ne résument qu'à ça !