22/05/2016 14:03

USA: Donald Trump refuse de rendre publique sa déclaration d'impôts et suscite de nombreuses interrogations

Combien Donald Trump gagne-t-il vraiment et combien paye-t-il d'impôts? Rompant avec la tradition, le candidat républicain à la présidence américaine n'a visiblement pas l'intention de rendre publique sa déclaration d'impôts, et certains se demandent ce qu'il a à cacher.

"Cela ne vous regarde pas", a récemment déclaré le milliardaire de l'immobilier sur la chaîne de télévision ABC, où il était interrogé sur son taux d'imposition. Avant de reconnaître: "Je me bats très dur pour payer le moins d'impôts possible (...) car ce pays gaspille notre argent".

Il a ajouté qu'il n'avait pas de compte bancaire en Suisse ou ailleurs à l'étranger, et estimé que ce n'était pas un droit pour les électeurs de voir sa feuille d'impôts.

Quelques jours plus tôt, il s'était abrité derrière un contrôle fiscal en cours pour ne pas la divulguer, tout en se disant prêt à le faire quand celui-ci serait terminé: s'il tient parole, cela pourrait prendre des années.

Cette réticence n'est pas passée inaperçue, y compris dans son parti. L'ancien candidat républicain à la présidence Mitt Romney, lui-même multimillionnaire et très hostile à M. Trump, a notamment estimé sur Facebook que ce refus "le disqualifiait".

Un contrôle fiscal n'empêche en rien de publier ce document fiscal, a souligné M. Romney. Selon lui, la seule explication à ce refus est "une bombe d'une taille inhabituelle".

Depuis 1976, tous les principaux candidats à la présidence américaine ont rendu public leur avis d'imposition.

Selon des experts, le milliardaire de l'immobilier pourrait payer peu d'impôts, voire pas du tout, s'il a utilisé toutes les lacunes de la législation fiscale et les abattements dont peuvent bénéficier les promoteurs immobiliers.

M. Trump a mentionné cette semaine plus de 557 millions de dollars de revenus et un patrimoine net de plus de 10 milliards de dollars, dans sa déclaration financière personnelle déposée auprès de la commission électorale financière (FEC), démarche obligatoire pour les candidats.

"Sans aucun doute, un homme impliqué dans autant de transactions immobilières que Donald Trump aura profité pleinement de tous les échappatoires et des abattements dans l'immobilier", a déclaré Jack Blum, responsable de l'ONG Tax Justice Network USA et ancien avocat de la commission antitrust au Sénat, au site MarketWatch.

"Sa feuille d'impôts montrera jusqu'où il a poussé le bouchon, pour transformer un revenu ordinaire en augmentation de capital, retarder le paiement d'impôts" en utilisant certaines dispositions légales "et créer un labyrinthe impénétrable pour les contrôleurs de l'IRS", le service fédéral des impôts, a-t-il ajouté.

La seule "fenêtre" sur la façon dont M. Trump déclare ses impôts remonte à 1981, quand il avait demandé une autorisation pour un casino dans le New Jersey, selon le Washington Post.

Il avait alors affirmé que ses revenus combinés en 1978 et 1979 étaient déficitaires de 3,8 millions de dollars ce qui, selon le quotidien, lui avait permis de ne pas payer d'impôts fédéraux.

Sa feuille d'impôt permettrait aussi de voir ce qu'il donne aux organisations caritatives, détail toujours regardé avec attention aux Etats-Unis. En se lançant dans la course l'an dernier, Donald Trump avait affirmé qu'il leur donnait "beaucoup d'argent".

Cherchant à maintenir la pression, la campagne de la candidate démocrate Hillary Clinton --qui a publié ses feuilles d'impôt chaque année depuis 1977-- ne lâche pas Donald Trump sur le sujet.

Elle a diffusé deux courtes vidéos, dont l'une consacrée aux "quatre choses que Donald pourrait cacher dans ses feuilles d'impôts": "il ment peut-être sur sa fortune", "il ne paye peut-être pas ce qu'il doit". "Peut-être qu'il ne fait que causer" quand il évoque des dons aux organisations caritatives. "Ou c'est peut-être quelque chose d'autre", indique la vidéo, avec à l'appui des déclarations de Mitt Romney et de très courts extraits de journaux.

La campagne de Mme Clinton, probable adversaire de M. Trump à l'élection présidentielle de novembre, a aussi transmis aux journalistes une douzaine d'articles sur le sujet, certains très critiques.

Mais le magnat, aussi connu pour négocier de solides réductions d'impôts pour ses constructions, semble en téflon.

Au niveau national, l'écart des intentions de vote s'est récemment resserré entre lui et Mme Clinton, qui n'a plus qu'une moyenne de 3,1 points d'avance, selon le site Real Clear Politics.

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Vos réactions

Portrait de Caramella
28/mai/2016 - 10h23
Missy a écrit :

Mais qu'est ce qu'on rigolerait si tout était fake chez lui. Qu'ils montre sa feuille, lui qui n'a peur de rien.

Bien d'accord avec toi
Portrait de Caramella
28/mai/2016 - 10h22
Comme c'est bizarre
Portrait de belleile56
22/mai/2016 - 23h19 - depuis l'application mobile
Lapin a écrit :

Les Etats Unis sont malades.

Comme pour la France, les prochaines années

vont être difficiles pour beaucoup de personnes.

Milliardaire donc on devine sa feuille d'impôt

Portrait de Lapin
22/mai/2016 - 22h42

Les Etats Unis sont malades.

Comme pour la France, les prochaines années

vont être difficiles pour beaucoup de personnes.

Portrait de JF_Lacour
22/mai/2016 - 19h45
Ca me rend dingue a écrit :

Il ment sur le montant de sa fortune pour se donner de l'importance.
Les chiffres annoncés sont à diviser par 2.
Non seulement ce zonard ne figure pas dans le Top Ten Forbes mais il est également absent du Top Ten des milliardaires américains.
4 fois moins riche que L.Bettencourt ou B.Arnault et 10 fois moins si on rectifie les chiffres.
Au mieux il pourra se vanter d'être le Président américain le plus riche élu.

Faut diviser par beaucoup plus que 2 !

Probablement par 5 et même peut être par 10 pour être plus près de la réalité économique.

Il a comme tous les candidats à l'élection  publié un état de son patrimoine ( près de 100 pages ) dans lequel absolument personne n'arrive à se retrouver. 

Si je me souviens bien de l'analyse de ses sociétés tentée  par le WSJ et d'autres medias US les sociétés de Trump sont très nombreuses ( > 500 ) mais très loin d'être florissantes et représentent un chiffre d'affaires annuel assez ridicule.

Les évaluations de ses biens ( immobilier, resorts, golfs,...)  semblent fantaisistes, parfois outrées mais surtout il est impossible de connaître réellement la valeur nette une fois les emprunts déduits.

Aux US les sociétés purement privées ( sans appel à l'épargne et donc pas en bourse ) ne sont pas soumises à une quelconque  publication de leurs comptes et il peut donc en gros raconter n'importe quoi à la presse.

 

Portrait de delaney
22/mai/2016 - 18h39

encore un politique qui à des trucs à se reprocher !

Portrait de Ca me rend dingue

Il ment sur le montant de sa fortune pour se donner de l'importance.
Les chiffres annoncés sont à diviser par 2.
Non seulement ce zonard ne figure pas dans le Top Ten Forbes mais il est également absent du Top Ten des milliardaires américains.
4 fois moins riche que L.Bettencourt ou B.Arnault et 10 fois moins si on rectifie les chiffres.
Au mieux il pourra se vanter d'être le Président américain le plus riche élu.