Le chef du gouvernement espagnol, le conservateur Mariano Rajoy, a été victime mercredi du canular d'un imitateur de radio qui s'est fait passer pour le président indépendantiste de la Catalogne, allant jusqu'à lui proposer un rendez-vous rapide, selon l'enregistrement diffusé par les médias jeudi.
L'imitateur de la radio catalane Flaixbac est parvenu mercredi à engager une conversation téléphonique avec M. Rajoy en se faisant passer pour le dirigeant de l'exécutif catalan Carles Puigdemont en fonctions depuis le 12 janvier, pour proposer un tout premier entretien entre les deux hommes.
"Je crois que lundi 25 je peux vous appeler et en fonction de la situation, s'il y a investiture ou non, le temps... nous fixons une date, j'ai un emploi du temps très libre, nous pourrions la fixer dans les 24 ou les 48 heures", répond alors M. Rajoy à celui qu'il prend pour M. Puigdemont.
L'imitateur révèle alors au président du gouvernement et dirigeant du Parti populaire (PP, droite) qu'il s'agit d'une blague, s'attirant ce commentaire de M. Rajoy:
"Ce n'est pas sérieux, faites ce que vous voulez mais ce n'est pas sérieux".
Le canular s'est produit dans un contexte de grande tension entre le gouvernement central et l'exécutif catalan.
Carles Puigdemont - ex-maire de Gérone (nord-est) et président de l'association des municipalités indépendantistes - avait salué son investiture d'un "vive la Catalogne libre" puis confirmé qu'il entendait conduire sa région aux portes de l'indépendance en un an et demi.
"Il ne nous manquera ni la fermeté ni la détermination", pour protéger l'unité de l'Espagne, avait répondu par médias interposés le chef du gouvernement conservateur à Madrid.
Le porte-parole du groupe parlementaire du PP au Congrès, Rafael Hernando, a profité jeudi du canular pour affirmer que l'affaire démontrait "que M. Rajoy n'est pas opposé aux appels ni aux conversations".
Critiquant le procédé, il a cependant fait valoir que bien d'autres dirigeants dans le monde avaient subi ce genre de canulars.
Ces dernières années, l'opposition comme de nombreux analystes en Espagne ont attribué la progression de l'indépendantisme catalan à l'absence de dialogue entre Madrid et Barcelone et à l'intransigeance de M. Rajoy.
Le Parti populaire qu'il dirige avait obtenu, en 2010, que le Tribunal constitutionnel rabote le large statut d'autonomie accordé à la Catalogne.
Puis M. Rajoy avait refusé, en 2012, toute négociation avec le président de la région d'alors, Artur Mas, sur une autonomie fiscale pour la Catalogne.
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