22/08/2015 11:22

Jean-Michel Aphatie dénonce "les journalistes voyous" avec leurs caméras cachées et assume avoir douté de Médiapart

Par Laurence BENHAMOU

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"Pas une seconde" il ne regrette d'avoir douté publiquement des informations de Mediapart sur le compte suisse de Jérôme Cahuzac.

Même si l'histoire lui a donné tort, Jean-Michel Aphatie, qui démarre lundi sur Europe 1, reste un farouche adversaire des caméras cachées et des enregistrements pirates.

Cette grande voix de la radio va prendre les rênes d'Europe 1 Midi, deux heures d'antenne aux côtés de Maxime Switek.

Ce sera la première fois qu'il animera une tranche d'infos, un joli rétablissement pour le journaliste qui vient d'être écarté à la fois de RTL et du "Grand Journal" de Canal+.

Mais l'info ne justifie pas tout pour l'intervieweur de 57 ans passé par de nombreuses rédactions : pas question de recourir à des caméras ou des micros cachés qu'utilisent de plus en plus les émissions d'investigation, ni de sortir des affaires sans preuves authentifiées, autant de méthodes qu'il qualifie en bloc de "journalisme voyou".

"Pour Jérôme Cahuzac, pourquoi devait-on croire Mediapart ?

Le journalisme, c'est prouver ce qu'on avance, ce qu'ils ne faisaient pas.

On a demandé à Cahuzac de prouver qu'il était innocent, comme dans les sociétés totalitaires.

Mediapart a demandé au procureur d'ouvrir une enquête, comme si les journalistes étaient des auxiliaires de justice, et c'est sur la base de cette enquête que Cahuzac a avoué.

L'enquête de Mediapart est à citer en contre-exemple dans les écoles de journalisme!", lance-t-il, provocateur.

Alors, ne fallait-il pas sortir cette affaire à propos de laquelle il n'a cessé de réclamer "des preuves"?

"Si mais pas comme ça", répond celui pour qui "aucun intervieweur ne peut faire dire à un homme politique ce qu'il ne veut pas dire".

Le 4 décembre 2012, Mediapart accuse Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, d'avoir détenu un compte caché en Suisse et publie l'enregistrement d'une voix, présentée comme celle du ministre, évoquant ce compte.

Le parquet ouvre un mois plus tard une enquête pour blanchiment de fraude fiscale et déclare en mars que la voix de l'enregistrement est probablement celle de Cahuzac.

"Le journaliste d'aujourd'hui cache ses caméras, s'affranchit de toutes règles, ce que même la police ne fait pas.

Il planque, et hop, tout est public.

Est-ce que tout est bon au nom de l'information ?

Peut-on espionner, cambrioler, cacher un micro sous la table ?", poursuit-il.

"Aujourd'hui en France on a trop de complaisance envers ce journalisme voyou.

Comme on trouve que ceux qui nous gouvernent sont nuls, on peut tout contre eux : les écouter, les espionner, les voler.

C'est consternant. On va finir par organiser le cambriolage des ministères !

Le journaliste n'est ni un justicier ni un juge d'instruction", conclut-il.

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Vos réactions

Portrait de Micheldu17.02
24/août/2015 - 13h33

Et bien pour le moment, j' apprécie. Plus tonique, pas de questions interminables qui s' arrêtent et continuent sur la réponse de l' interlocuteur, n' hésite pas à prendre congé tout en restant courtois, quand l' interlocuteur semble avoir fait le tour de la question, en résumé bien moins  "apathique"  que Wendy Bouchard...smiley

Portrait de Pinp
22/août/2015 - 21h03

Désolé de contredire cet éminent journaliste mais l'affaire du Watergate qui a fait tomber Nixon fut un exemple flagrant du vrai journaliste d'investigation. Au Pérou, l'ancien premier ministre d'un président déchu (Fujimori) a été arrêté après qu'une caméra cachée ait filmé un échange d'argent en liquide entre lui et un intermédiaire. Effectivement il ne faut pas abuser de ces moyens mais parfois c'est un mal nécessaire. Mais bon quand on est un journaliste de salon on ne peut pas savoir ce qu'est le journalisme de terrain et les risques qu'il peut prendre pour ramener une info. Pourtant cela vous permet de déblatérer avec des invités sur des plateaux à propos de ces infos qu'on vous a aporté sur un plateaux (chercher la subtilité) et ça ne vous dérange pas. Aux USA un journaliste de plateau a rarement une carte de presse et est considéré comme "Anchor" (présentateur) car il a l'art avec des notes qu'on lui a transmis et une oreillette de poser des questions à un invité. Chacun son boulôt. Même si j'apprécie peu Médiapart et ses méthodes ils ont qd même sorti un SCOOP avec Cahuzac.Vous doutiez alors qu'auriez vous fait? Appeler des politiques pour demander si c'était vrai? Je suppose que vous l'avez fait et tout le monde vous a répondu: " Je ne suis pas au courant" ou "Mais non Cahuzac est un type honnête!". Et vous Monsieur Apathie, on attend toujours un vrai SCOOP de votre part!

Portrait de nanfer64
22/août/2015 - 21h00 - depuis l'application mobile

bravo il a raison le Basque il n'est pas imprégné du " bien pensant gaucho bobo " alua peio

Portrait de RogerMeneur
22/août/2015 - 12h08

Filmer quelqu'un à son insu est puni par la loi! On constate juste que les journalistes sont au dessus des lois et portent bien leur nom de "Quatrième pouvoir"!

Portrait de Poivre et Sel
22/août/2015 - 11h50

Une  grande voix de la radio,

laissez moi rire ,une voix régionale pour être gentil,

Cahuzac on doit le croire sur parole,c'est un homme politique(devrai faire serment sur la bible ou sur la Guillotine),j'ai dit, ce n'est que la pensée de ma liberté d' expression .

Portrait de ludovic02
22/août/2015 - 11h32 - depuis l'application mobile

ah ç est sur que le journalisme d investigation ca n est pas son truc à celui la ! lui ça serait plutôt le passé plat au service du pouvoir en place. a chacun de voir si ce type de journalisme sert mieux l intérêt public que celui de Mediapart qui a dévoilé l affaire - que dis je - le scandale Cahuzac

Portrait de Bazoole_59
22/août/2015 - 11h28

C'est sur que le journalisme hypocrite est tellement devenu banal que ceux qui creusent vraiment dérangent les autres biens installés dans leur bureau et qui font leur taff sur Facebook...