Cédric Grolet
Alors que le sort de l’émission satirique de Canal+ n’est pas encore officiellement fixé, les journaux français s'intéressent tous ce matin à l'avenir des marionnettes.
« Comme à chaque fois qu’il gère un nouveau business, Vincent Bolloré se mêle de tout » écrivent les Echos.
Libération, sous la plume de Jean-Christophe Féraud, ajoute qu’« au-delà des “Guignols”, Bolloré semble bien décidé à reprendre en mains la chaîne à péage ».
« Les Guignols » craignent de disparaître sous Bolloré Mais « l’industriel breton n’a sans doute pas pris la mesure du séisme qu’il risque de provoquer. Fermer une lucarne de l’humour et de la dérision, ce n’est pas fermer un site de production. C’est faire tomber un monument de la satire française. C’est, surtout, faire planer l’ombre d’une censure qui ne veut pas dire son nom », analyse Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne.
Pour Daniel Muraz, l’éditorialiste du Courrier picard, « l’arrêt des Guignols serait un signal déplorable et une régression dans un paysage audiovisuel où les espaces de liberté, de satire et d’esprit critique ne sont pas légion ».
« En s’attaquant aux Guignols, Vincent Bolloré applique, certes, la méthode du “payeur décideur” qu’il affectionne. Mais il va mettre à mal tout Canal+ en condamnant l’une des émissions historiques dont le succès ne se dément pas, à l’inverse, par exemple, du Grand Journal », fait valoir Laurent Bodin de L’Alsace.
Olivier Pirot, de La Nouvelle République du Centre-Ouest, ne voit que « des raisons politiques » derrière l’arrêt supposé des « Guignols ».
« A l’approche de la campagne présidentielle, Vincent Bolloré est suspecté de vouloir faire plaisir aux politiques en rangeant leurs marionnettes au placard. Quelle erreur ! La plupart les adorent », note Hervé Favre dans La Voix du Nord.
Bernard Stephan fait lui un parallèle entre les attentats du mois de janvier à Paris et la rumeur de disparition des « Guignols ». « Que l’année de l’assassinat de la rédaction de Charlie Hebdo on vienne couper court à plus de trente ans de facéties politiques et la boucle serait bouclée », martèle l’éditorialiste de La Montagne/Centre France.
Vos réactions
les marionnettes, ce sont les politiques qui se mobilisent pour un beau coup de marketing.
Phillipe BENACIN (discret financier de NKM) & Vincent BOLLORE désormais au pouvoir de Vinvendi (C+) : Jolie démocratie en vue !
ils st une institution
Pff, ça fait plusieurs années qu'ils ne sont même plus drôles, ces guignols, un peu de renouvellement ne ferait pas de mal.
Réagissez
Nouveau ?
Inscrivez-vousDéjà membre ?
Mot de passe oublié ?