23/03/2015 11:01

Discrimination: 800 cheminots de nationalité ou d’origine marocaine demandent «réparation» à la SNCF

Ils achèvent leur carrière avec le sentiment de s’être «fait avoir»: plus de 800 cheminots de nationalité ou d’origine marocaine demandent «réparation» à la SNCF pour discrimination durant leur carrière. Les deux parties livreront bataille aux Prud’hommes de Paris à partir de lundi.

Certains «Chibanis de la SNCF» ont assigné l’entreprise dès 2005. Renvoyés au fil des ans, leurs recours seront réexaminés du 23 au 27 mars, par un juge professionnel chargé de départager les conseillers prud’homaux qui n’ont pas réussi à se mettre d’accord.

La plupart d’entre eux ont été recrutés au Maroc au début des années 1970 par la SNCF. Embauchés comme contractuels, donc avec un contrat de droit privé, ils ne relèvent pas du statut particulier des cheminots.

Longtemps réservé aux détenteurs de la nationalité française, mais ouvert désormais aux ressortissants européens, ce statut offre une garantie d’emploi et des avantages en matière de protection sociale et de retraite. Plus de 90% des salariés du groupe public sont encore aujourd’hui affiliés à ce «cadre permanent».

Ces cheminots «ont travaillé dans des conditions difficiles, faisaient exactement les mêmes tâches que leurs collègues français au statut mais ont vu leurs carrières bloquées et ont eu des retraites moindres», plaide Me Olivier de Boissieu, l’un de leurs avocats.

Les cheminots marocains, précise sa consœur Clélie de Lesquen-Jonas, «ne remettent pas en cause le statut», ils demandent l’application du principe «à travail égal, salaire égal».

Alors que «les deux tiers des cheminots au statut finissent agents de maîtrise», les Marocains ont été condamnés statutairement «à rester des agents d’exécution», dit-elle.

En face, la SNCF réfute toute discrimination entre salariés de même qualification, en fournissant un «panel» de comparaison de «plus de 1.000 agents». Pour l’avocat de compagnie ferroviaire, qui invoquera également la prescription des faits, il n’y a «nullement discrimination», «on compare l’incomparable (...) la SNCF, entreprise publique, a deux statuts pour ses salariés, la loi le prévoit comme ça», considère Me Jean-Luc Hirsch.

«On n’a pas été traités à égalité. Je ne peux pas m’empêcher de ressentir un sentiment d’humiliation», répond Ben Dali, 63 ans, l’un des porte-parole de l’association des cheminots marocains.

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Vos réactions

Portrait de ernois
23/mars/2015 - 23h22

y a des avocats qui ont trouvé un filon, là !! ils nous boufferont jusqu'à la moëlle