14/02/2015 09:48

Couverture des attentats en direct: Tollé des rédactions contre le "bâillon" du CSA qui est qualifié de "censeur"

Les rédactions des télés et radios ont vivement protesté contre les critiques du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) sur leur couverture des attentats de Paris, une forme de censure qui ne profitera selon elles qu'au flot de rumeurs des réseaux sociaux.

Après avoir analysé 500 heures de programmes, le CSA a adressé jeudi soir à 16 médias 36 avertissements pour avoir pendant leurs directs sur les prises d'otages de janvier révélé des informations sensibles, susceptibles selon lui de menacer la vie des otages. Avec la menace d'amendes ou autres sanctions en cas de récidive

. "Le CSA s'arroge le droit de faire évoluer ses missions et de se transformer en censeur des ondes", dénonce le SNJ, qui s'inquiète d'un "bâillon aux rédactions".

Le CSA pousse à "l'autocensure" des médias, ajoute le syndicat.

"Dans aucun pays démocratique confronté à des situations similaires, une instance d'État n'est allée aussi loin dans la volonté de s'ériger en guide tutélaire."

Le SNJ veut "se pourvoir devant la juridiction compétente" et appelle à la création d'une "véritable instance nationale de déontologie, associant des représentants des journalistes, des éditeurs et du public".

Pour Jean-Marc Four, directeur de la rédaction de France Inter, le CSA n'est ni légitime ni pertinent en "maître d'école" qui distribue des "mauvais points".

"Le CSA impute aux médias la responsabilité de déterminer quand une situation de +sauvegarde de l'ordre public+ l'emporte sur le devoir d'informer.

Or, nous n'avions reçu aucune consigne des pouvoirs publics sur des informations qu'il conviendrait de ne pas livrer", a-t-il commenté sur l'antenne de France Inter.

"En distribuant des mauvais points aux médias audiovisuels, il laisse le champ libre à la jungle des réseaux sociaux. Surtout, il pose en réalité un jugement moral sur ce devraient publier ou pas les journalistes. Au nom de quelle légitimité ce jugement est-il porté?" a-t-il lancé.

La réponse du CSA est "totalement disproportionnée", a renchéri la Société des journalistes de RFI, qui lance une "mise en garde au CSA: merci de respecter l'indépendance des journalistes et la liberté d'informer".

Même indignation de la Société des rédacteurs d'Europe 1, qui proteste contre une "sanction injuste".

La Société des journalistes de TF1 a dit avoir découvert "avec colère" les mises en demeure du CSA.

"Le ton du CSA (...) est déplacé compte tenu, comme il le reconnaît lui-même, +des difficultés propres à la couverture d'une telle actualité+", a-t-elle ajouté.

Jeudi soir, plusieurs responsables de médias audiovisuels avaient déjà exprimé leur incompréhension face au recadrage du CSA.

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Vos réactions

Portrait de Dani31
18/février/2015 - 08h03 - depuis l'application mobile

Le CSA a totalement raison !

J'avais regardé les infos et plus précisément BFM au moment des attentats de janvier 2015, y compris la radio aussi, les journalistes donnaient beaucoup trop d'informations ! Je me disais quand j'entendais ça qu'ils étaient complètement dingues et qu'ils risquaient la mort des otages !

Il est évident qu'ils ont fauté !

Portrait de titi46
15/février/2015 - 07h48 - depuis l'application mobile

Ils ont raisons le csa ne sert a rien

Portrait de sancho111
14/février/2015 - 12h05

les journalistes aiment faire la leçon aux autres mais n’aiment pas en recevoir.

Portrait de GIGI
14/février/2015 - 10h10

Complètement d'accord avec le CSA. Les journalistes ont été en dessous de tout!!

Risquer la vie des otages ou faire échouer les opérations de police, c'est ca qu'ils appellent du journalisme?

Portrait de Bigpower
14/février/2015 - 10h08
alekine1 a écrit :

Parce que dire qu'un otage a réussit à se cacher c'est pertinent? Non c'est completement idiot. Si c'était eux les otages, peut être qu'ils comprendraient mais non, il faut du sensationnel.

Le CSA a raison, et tous ceux qui disent le contraire ne mérite pas le sezame à payer moins d'impots.

C'est clair.

Il ne s'agit pas de censurer. Il s'agit juste d'attendre que la vie d'un otage ne soit plus menacée avant de révéler une information.

C'est du bon sens.

Après ça ne veut pas dire que je ne suis pas inquiet de la dégringolade des libertés qu'on subit l'air de rien en ce moment en France...