20/01/2015 09:39

Attaquée en justice par Marine Le Pen, une ex-candidate du Front National confirme ses accusations

Une ex-candidate FN en Haute-Garonne, qui avait renoncé à se présenter en dénonçant des propos racistes et homophobes au sein du parti, a plaidé la "totale bonne foi" lundi à Toulouse, lors du procès en diffamation intenté par Marine Le Pen.

Nadia Portheault ne militait au Front national que depuis quelques mois quand elle avait été propulsée, à 26 ans, tête de liste aux municipales à Saint-Alban, à la périphérie de Toulouse.

Mais, cinq mois avant les municipales de mars 2014, la jeune mère de famille - née Djelida, le nom de son père d'origine algérienne - claquait la porte du FN et son mari faisait de même.

Dans une interview accordée à "un petit journal local", La Voix du midi, elle dénonçait alors "l'ambiguïté permanente entre la vitrine (du parti) et une arrière-boutique spécialisée dans les blagues vaseuses sur les Arabes et les homos".

Son mari, Thierry Portheault, chauffeur routier de 42 ans, évoquait un responsable local se vantant du tatouage de croix gammée porté par son frère ou encore des militants disant "qu'il faut tuer tous les Arabes"...

"J'ai quand même eu droit à +toi et tes enfants, vous êtes bons pour le four'", a répété Nadia Portheault, à l'audience, assurant avoir cru "que ceux qui avaient ces pensées là allaient être virés" du parti.

Elle a rappelé que son mari avait écrit à la présidente du FN pour "signaler ces dérives" de "certains membres": "On voulait savoir si la direction allait faire le ménage, réagir. Mais on n'avait pas eu de réponse (...) alors j'ai dit +je me retire+".

"Qui ne dit mot... parfois ne consent pas", a répliqué l'avocat du FN.

Me David Dassa-Le Deist a fait valoir qu'à la même époque, en octobre 2013, le FN avait écarté "sans délai" une de ses candidates dans les Ardennes, qui avait placé sur son compte Facebook un photomontage comparant la ministre de la Justice à une guenon.

Mais une avocate de la défense a ensuite fait remarquer que cette candidate n'avait pas été sanctionnée "tout de suite" mais plutôt "parce qu'elle était apparue dans un reportage d'Envoyé spécial et n'avait pas regretté ses

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