13/01/2015 14:03

Débat en Australie sur la liberté d'expression après la tuerie à Charlie Hebdo

Des défenseurs des droits de l'Homme ont demandé mardi un renforcement de la liberté d'expression en Australie où, selon eux, les caricatures de Mahomet de Charlie Hebdo tombent sous le coup de la loi.

L'an dernier, Canberra a renoncé à abroger un article de la loi sur la discrimination raciale qui considère comme un délit "toute offense, humiliation ou insulte" à l'encontre d'autrui en raison de sa race, suite à des tensions communautaires dans le pays. Après la manifestation historique dimanche à Paris contre le terrorisme et pour la défense de la liberté d'expression, des voix s'élèvent en Australie pour que le gouvernement revienne sur sa décision.

Selon le commissaire aux droits de l'Homme, Tim Wilson, les caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo, dont la rédaction a été décimée par deux jihadistes affirmant vouloir venger le prophète, auraient été censurées en Australie. "Si vous dites que vous croyez à la liberté d'expression (...) alors la censure ne peut être une réponse. Or, c'est ce qui se passe aujourd'hui en Australie", a-t-il déclaré sur ABC. "Nous avons une loi qui dit qu'il est illégal d'offenser ou d'insulter quelqu'un".

"Donc, les gens qui disent ici +Je suis Charlie+, sont soit des hypocrites, soit ils croient rééllement dans la libre expression et ils admettent que les lois en vigueur sont de la censure", a ajouté M. Wilson alors que des milliers d'Australiens ont exprimé leur solidarité après la tuerie à Charlie Hebdo.

Plusieurs sénateurs ont apporté leur soutien à la position de M. Wilson, mais son homologue en charge des discriminations raciales, Tim Soutphommasane, a en revanche estimé que les dessins de l'hebdomadaire satirique auraient tout à fait pu être diffusés en Australie en l'état actuel de la législation. "Il n'est possible d'invoquer la loi sur la discrimination raciale qu'en cas d'atteinte à l'appartenance raciale ou ethnique, à la couleur de peau ou à la nationalité", a-t-il déclaré, soulignant que le texte n'incluait pas les atteintes à la religion.

Le vice-Premier ministre, Warren Truss, a de son côté exclu toute modification de la législation.

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