24/12/2014 10:19

L’Australie redoute un «probable» attentat après le drame de Sydney

Le Premier ministre australien Tony Abbott a averti ses concitoyens mardi que la menace «terroriste» avait encore augmenté après la prise d’otage sanglante de Sydney et qu’un attentat était «probable» à plus ou moins brève échéance.

Ses déclarations ont fait dramatiquement écho à l’hommage rendu ce même jour aux deux otages qui ont péri dans la tragédie survenue il y a une semaine dans la plus grande ville du pays.

 

Tori Johnson, 34 ans, et Katrina Dawson, 38 ans, ont été tués par balles dans la nuit du 15 au 16 décembre lors de l’assaut du Lindt café, au coeur de Sydney, où Man Haron Monis, un homme d’origine iranienne au passé violent, avait séquestré 17 employés et clients.

Monis a trouvé la mort dans ce drame d’autant plus traumatisant pour les Australiens que, si des dizaines d’entre eux ont péri dans les attentats du 11 septembre 2001 et de Bali (Indonésie) en 2002 et 2005, ils ont été largement épargnés sur leur sol.

Tony Abbott les a avertis mardi qu’ils étaient désormais pleinement exposés.

Les communications «terroristes» se sont intensifiées après la prise d’otages et il est crucial que «la population soit sur ses gardes», a-t-il déclaré à l’issue d’une réunion du conseil interministériel de sécurité nationale.

«Le niveau de menace terroriste reste élevé et comme vous le comprenez, à ce niveau, un attentat est probable», a-t-il ajouté.

Engagée aux côtés des Américains dans la lutte contre les combattants de l’EI, l’Australie avait relevé en septembre son niveau d’alerte face à la menace terroriste représentée par les jihadistes de retour d’Irak et de Syrie.

Et plusieurs personnes soupçonnées de préparer un attentat sur le sol australien ou d’apporter une aide logistique ou financière aux djihadistes ont été arrêtées depuis.

Les autorités n’ont cependant pas qualifié la prise d’otage de Sydney d’acte terroriste.

Man Haron Monis ne figurait pas sur les listes des cibles surveillées par le contre-terrorisme alors qu’il avait été condamné pour avoir envoyé des lettres d’insultes aux familles de soldats australiens tués en Irak ou en Afghanistan.

Il avait contraint ses otages à déployer sur la vitrine du café un drapeau noir où était inscrit en caractères arabes la «shahada», ou profession de foi musulmane, un drapeau souvent repris à leur compte par des groupes jihadistes.

Il avait récemment posté un message sur son site internet afin de prêter allégeance au «calife des musulmans», ce qui pourrait désigner le chef de l’organisation Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie, Abou Bakr al-Baghdadi.

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