27/08/2014 07:35

Voici les dossiers explosifs que va devoir gérer Fleur Pellerin, la nouvelle Ministre de la Culture et de la Communication

La nouvelle ministre de la Culture Fleur Pellerin, ex-ministre déléguée aux PME et à l’Economie numérique, est bien placée pour aider les acteurs de la culture et des médias à s’adapter au numérique, mais risque d’être vite absorbée par des dossiers explosifs.

Lors de son passage à l’économie numérique, de mai 2012 à avril 2014, cette quadragénaire d’origine coréenne avait su convaincre les entrepreneurs du secteur par sa compréhension des enjeux, avec des initiatives comme le label French Tech.

Rue de Valois, la remplaçante d’Aurélie Filippetti devra notamment défendre les acteurs audiovisuels contre les géants américains comme Google, Amazon ou Netflix, basés à l’étranger, dont les services en ligne échappent à la fiscalité française et aux obligations de financement de la création imposés aux acteurs hexagonaux.

Face à la crise de la presse écrite confrontée au défi du basculement vers le numérique, elle devra se pencher sur une réforme des aides à ce secteur et les moyens d’éviter la fermeture des points de vente.

Elle devra aussi prendre la suite de Mme Filippetti qui avait fait pression sur Google pour qu’il crée un fonds d’aide à la presse écrite.

En décembre 2013, elle avait remplacé au pied levé Aurélie Filippetti, qui avait boycotté l’inauguration du nouveau centre culturel de Google à Paris pour «ne pas servir de caution» au groupe américain.

Devant les responsables de Google, Mme Pellerin avait pourtant tenu un discours ferme, réclamant au groupe davantage d’engagement pour la protection des données personnelles et jugeant «inacceptable» sa stratégie d’optimisation fiscale, qui lui fait largement échapper aux impôts en France.

«J’aurai à coeur de travailler sur les défis qui se posent à notre modèle culturel (...), de moderniser l’exception culturelle française» face aux enjeux du numérique, a indiqué Fleur Pellerin mardi soir lors de la passation de pouvoir rue de Valois.

Aurélie Filippetti lui laisse par ailleurs plusieurs projets de loi non aboutis, sur la création et sur le patrimoine.

Il lui reviendra aussi d’inaugurer fin octobre le Musée Picasso, après des mois de guerre larvée au sein de l’établissement et avec le ministère.

Aurélie Filippetti a révoqué en mai la présidente du musée Anne Baldassari, remplacée par Laurent Le Bon, ancien directeur du Centre Pompidou-Metz, mais on ignore toujours si Mme Baldassari acceptera de procéder à l’accrochage de l’exposition inaugurale.

Ironie du sort, Manuel Valls a choisi pour remplacer Aurélie Filippetti une femme que l’ex-ministre percevait comme une rivale.

Selon le Canard Enchaîné, lors du dernier festival de Cannes, Mme Filippetti serait intervenue auprès de Matignon pour empêcher sa consoeur du gouvernement de fouler le tapis rouge le même jour qu’elle.

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Vos réactions

Portrait de vidara08
27/août/2014 - 16h33

Formidable !!

Portrait de San Ku KaÏ
27/août/2014 - 12h32

Fleur Pellerin a fait du bon boulot lors de sa première affectation en tant que chargée du numérique.

J'ai toute confiance en elle pour ce nouveau portefeuille. Elle connait les dossiers, s'intéresse au sujet.

Et pourtant je suis loin d'avoir voter à gauche lors des dernières élections.