12/04/2014 17:01

Plus des deux tiers des appels passés au 17 Police-Secours ne sont pas des urgences !

Blagues de potaches, erreurs de numéros, confessions d'illuminés ou demandes insolites... Plus des deux tiers des appels passés au 17 Police-Secours encombrent cette ligne réservée aux urgences.

"Bonjour, mon mari a mis la télé trop fort. Vous pouvez venir?", "à quelle heure est le premier métro?" "vous avez les résultats du quinté?": si ces exemples d'appels abusifs peuvent faire sourire, ils retardent Isabelle, téléopératrice du 17, dans l'envoi de pompiers sur un incendie ou d'une patrouille aux trousses d'agresseurs.

"Dans ces cas-là, on essaye de se libérer le plus vite possible ou si on a le temps, de faire comprendre avec humour qu'ils n'ont pas fait le bon numéro", raconte la brigadier-chef, un œil toujours rivé sur la file rouge des appels entrants.

La Préfecture de police de Paris (PP), qui gère la capitale et les trois départements de la petite couronne, a traité 1.279.000 appels au 17 en 2013, contre 528.000 en 2009. Malheureusement, la proportion d'appels non urgents n'a pas varié et tourne toujours autour de 60%.

"Le fait de recevoir une telle quantité d'appels injustifiés retarde le délai de traitement", déplore Philippe Tireloque, chef d'état-major de la Direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP). "Quelques minutes suffisent à changer la donne", dit-il, citant le cas d'un homme poignardé, qui a juste eu le temps de donner sa localisation avant de perdre connaissance.

Dans cette salle située au deuxième sous-sol de la préfecture, les téléopérateurs ne chôment pas, surtout de 16H à minuit. Les appels sont traités par ordre d'arrivée, le numéro d'appel et la conversation enregistrés. Au bout du fil, souvent, l'angoisse est palpable, même pour des motifs parfois insolites.

"Cet hiver, un jour où il avait gelé, une dame complètement affolée appelle parce que des canards sont en train de circuler sur la chaussée, qu'ils risquent de glisser et qu'il faut vite les enlever", raconte, amusée, Isabelle.

A chaque fois, les policiers doivent faire preuve du même sang-froid, car derrière des propos décousus, se cache peut-être une véritable urgence.

Comme le 29 octobre 2011, où le 17 prend au sérieux un proche de Florence Arthaud, qui raconte qu'elle est tombée de son bateau au large du Cap Corse. Alertés par la police parisienne, les secours maritimes parviennent à la récupérer, en état d'hypothermie, grâce à la géolocalisation de son téléphone étanche.

"On ne dit pas qu'il ne faut pas appeler car c'est toujours à nous qu'il revient d'apprécier le caractère d'urgence mais il faut appeler mieux. Un témoignage rapide après un cambriolage peut s'avérer très utile", souligne le chef de la DSPAP.

Reste à dissuader les jeunes plaisantins qui redoublent de ferveur aux vacances scolaires ou les désespérés avides de compagnie gratuite à toute heure du jour et de la nuit.

"Tout abus sera sanctionné", prévient le disque du 17. La sanction pénale peut aller jusqu'à 7.500 euros d'amende et six mois d'emprisonnement. Pourtant, les poursuites sont encore rares, une dizaine par an tout au plus, mais nécessaires quand il s'agit d'arrêter une femme qui a composé en trois mois l'année dernière plus de 10.000 fois le numéro de Police-Secours.

"En matière "d'appels polluants", les policiers trouveront chez les pompiers des compagnons de misère: 69% des appels reçus par les pompiers de Paris via le 112 sont des "appels de poche" sans interlocuteur (émanant de portables glissés dans les poches). Et parmi les "vrais appels", beaucoup sont fantaisistes, comme ce Francilien qui a contacté les pompiers parce que son hamster était bloqué derrière sa cuisinière.

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Vos réactions

Portrait de Razyiel
14/avril/2014 - 05h54 - depuis l'application mobile

aux usa si les gens font deplacer les secour et que c'est soit une connerie ou soit ils se deplacent par leur fautes ca leur ai facturé !! on devrais faire pareil !!

Portrait de Grande gueule du 31

Chez nous les urgences sont surnommées "la cour des miracles" ... Mais pas pour les raisons qui paraîtraient logiques

Portrait de Razyiel
12/avril/2014 - 21h27 - depuis l'application mobile
delaney a écrit :

comme tous ces abrutis qui vont aux urgences pour une simple piqure d'abeille.

ou tout simplement parce qu'ils sont ivres ! On devrait faire payer tous ceux qui vont aux urgences quand ce ne sont pas de vrais urgences et je peux vous dire qu'ils seront tout de suite moins débordés !

Alors la je vote oui !! Vous avez tout a fait raison !!

Portrait de clemchwing
12/avril/2014 - 19h58

pour répondre a Delaney "urgences Grave/pas grave" personellement je ne connais pas!!! je sais qu'il y a un parcour de soin mais quand personne n'est disponible et que c'est un imrévu,  j'ai tendance a faire soit le 15 quand impossibilité de me mouvoir et/ou tenter d'aller aux urgences quitte a m'écrouler en route!!!

Combien d'urgences "pas grave" se termine en déchocage intubé ventiler envoyés en réa??? l'exemple type est celui de février et de la patiente dcd en salle d'attente/attente couchée.... je ne met certainement pas en cause L'IAO mais bel et bien l'organisation et la non adapation des locaux a l'afflux!!!

L'afflux/amont est difficilement gérable seul l'aval mérite d'être repenser (rapport CARLI du conseil national de l'Urgence (qui au passage est directeur du samu de paris)

 

Tout est dans le préhospitalier et la permanance des soins

Portrait de gkierzek
12/avril/2014 - 19h27

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Rappelons que chaque appel injustifié retarde le secours d’une personne en détresse. C’est pourquoi les pompiers essaient de déjouer des situations injustifiées comme celle-ci : “un particulier demande l’intervention des sapeurs-pompiers car il a claqué la porte de chez lui en allant cherchant son courrier. Conseiller par l’opérateur du 18 de contacter un serrurier (payant !), il prétend subitement se souvenir qu’il a laissé une casserole sur sa plaque chauffante…”. (décrite dans la campagne de communication de la Préfecture de Police de Paris). Les pompiers vous remercient de ne pas les prendre pour des serruriers.

 

Dr Gérald KIERZEK, urgentiste, auteur de "101 conseils pour ne pas atterrir aux urgences" (Robert Laffont, 2014)