08/05/2013 16:35

Selon une étude, un collégien sur six et trois lycéens sur cinq ont déjà été ivres

Un collégien sur six et trois lycéens sur cinq ont déjà été ivres: l'alcoolisation des jeunes n'est pas un phénomène entièrement nouveau mais inquiète des spécialistes qui évoquent le risque de dépendance, mais disent-ils, cela ne doit pas masquer la consommation excessive des adultes.

Le constat émane du dernier numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) consacré à l'alcool.

Marginales jusqu'en classe de 5e, les ivresses déclarées lors du mois écoulé progressent rapidement jusqu'à la classe de 1ère, passant de 7% à 27% des élèves, rapporte le BEH qui réunit une série d'études.

Chez les étudiants, ce n'est guère mieux: en cinq ans, de 2005 à 2010, ils sont deux fois plus à s'adonner à des ivresses répétées.

"L'ivresse est précoce et progresse avec l'âge. Ce n'est pas nouveau et c'est presque +physiologique+. Cela suit le process habituel de l'adolescence", l'expérimentation, a expliqué à l'AFP le Dr Philippe Batel.

Mais, pour ce spécialiste, il y a là "deux points marquants": "le doublement des ivresses répétées: elles ne sont plus accidentelles mais désormais programmées, organisées, banalisées, intégrées dans le fonctionnement +habituel+ de l'alcoolisation", et "le retard rattrapé par les filles".

Le Dr Batel a souligné la "grande inquiétude" que peuvent générer de tels comportements "car les représentations des dangers sont erronées ou minimalisées chez les jeunes comme chez leur parents".

Les filles aussi

Les filles ont tendance à se rapprocher des garçons, avec une petite différence: les garçons préfèrent la bière.

Si parmi ces dernières, les plus jeunes sont encore deux fois moins nombreuses que les garçons à boire régulièrement, ce n'est plus le cas parmi celles de 18 à 25 ans.

Dans cette tranche d'âge, le comportement des filles tend à se rapprocher de celui des garçons, avec un doublement des ivresses répétées féminines (2005-2010).

L'alcool reste de fait la "substance psychoactive la plus précocement expérimentée à l'adolescence", souvent en famille, note le BEH.

Pour le Pr Michel Detilleux, "la vraie question" est quelles sont les conséquences pour ces jeunes: "Est-ce que cela va altérer leur fonctionnement mental ou les faire verser dans la dépendance en plus grand nombre?"

"Le cerveau d'un adolescent est en croissance", a expliqué ce spécialiste. Et "le développement du cerveau se poursuit jusqu'à 20 ans".

Or, "de nombreuses études expérimentales sur des rats, sont extrêmement inquiétantes", a-t-il expliqué. Ainsi, selon une étude de l'Inserm, une consommation d'alcool à forte dose à l'adolescence perturbe le développement normal du cerveau et rend les sujets adultes plus vulnérables à l'alcool.

L'un des facteurs prédictifs de la dépendance est le début de la consommation régulière, a précisé le Pr Detilleux. C'est d'ailleurs depuis longtemps l'un des objectifs des tabacologues de faire reculer l'âge du début de consommation, a-t-il ajouté.

Selon le BEH, l'usage régulier d'alcool (au moins 10 fois lors du mois précédant l'enquête) passe de 3% en 4e à 24% en terminale.

Certes la consommation d'alcool a diminué de moitié en 50 ans en France, pour autant, attention à l'arbre qui cache la forêt. Car, quel que soit leur âge, "les Français boivent trop!" a rappelé l'épidémiologiste Catherine Hill qui, avec ses collègues de l'Institut de cancérologie Gustave-Roussy, a estimé que l'alcool est responsable de 49.000 morts par an en France, dont près d'un décès sur quatre entre 15 et 34 ans.

Accidents, chutes, violences, relations sexuelles non protégées, viols, cancers et maladies digestives (cirrhoses, hémorragies...), toxicité cardiovasculaire, l'impact de l'alcool sur la société est considérable.

Mais, pour Mme Hill, se focaliser sur les jeunes, les femmes enceintes et les buveurs excessifs, c'est "faire le jeu de l'industrie de l'alcool" en masquant "les effets maléfiques de l'alcool" pour la population qui boit trop.

Plus de 100.000 passages aux urgences sont dus à des intoxications éthyliques aiguës, dont près de 18.000 concernent des 15-24 ans (17%) et 25.500 des 40-49 ans (25%), selon les données 2011 du réseau Oscours.

Par ailleurs, les hospitalisations pour troubles liés à l'alcool ont augmenté de 30% en trois ans, selon une récente étude.

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Vos réactions

Portrait de DarkAngel
19/mai/2013 - 08h54
Steph38 a écrit :

Et moi donc

smiley

Portrait de DarkAngel
19/mai/2013 - 08h54
Steph38 a écrit :

Mon dieu en classe de 5ème

Manquerai plus que certains commencent en primaire

Portrait de DarkAngel
19/mai/2013 - 08h54

J'ai toujours était sage au lycée smiley

Portrait de faceofbit
9/mai/2013 - 15h57

Bah ouai mais moi perso je trouve que ceux qui font des comas ethyliques c ceux qui sont cons vu qu'ils savent pas se retenir de boir juste pour se la péter après moi au moins je me retiens c'est pas compliqué

Portrait de yaka
9/mai/2013 - 09h01
jarod26 a écrit :

on peu se faire plaisir tout de même smiley

Vous croyez que c'est un plaisir d'être ivre ou en coma ethylique et hospitalisè c'est la ss qui paie pour des conneries

Portrait de Nena99
8/mai/2013 - 22h53
LillyRush. a écrit :

S'il n'y avait que ça...

tu postes un quart d'une phrase pour ne rien dire en fait ! Le sujet est particulièrement préoccupant et la sonnette d'alarme est tirée depuis longtemps hélas. N'as tu pas de gamins ? ou du moins dans ton entourage ??? Moi si j'en ai des enfants et suis ravie qu'ils sont enfin devenus adultes responsables, mariés et des enfants a venir, non pas sans heurts et difficultés surtout  avec mon fils ainé que j'ai récupèré un matin à 6 heures au commissariat du quartier car sous l'emprise de l'alcool il a gratuitement degradé des voitures et comme il avait 18 ans et 3 jours les flics n'avaient pas l'obligation de me prévenir avant 6 heures du matin. Mon gamin était une seule fois dans un état d'ébriété, mais en tant que parent je ne pourrais jamais oublier ce fameux matin quand je l'ai découvert à la sortie de la cellule de dégrisement et là c'était  chez les flics qui par acquis de conscience ont fait intervenir un médecin la nuit pour l'examiner. Je n'ose même pas imaginer les parents qui sont prévenus au milieu de la nuit par les urgences car leur gamin mineur est aux urgences dans un coma éthylique, c'est gravissime et il peut y avoir des séquelles irréversibles. Encore un mal être de plus qui plane au-dessus des  jeunes  d'aujourd'hui et qui est, hélas,  un  reflet de plus d'une société à la dérive !!!