27/04/2013 09:43

Affaire Bettencourt: Stéphane Courbit débouté de son action en diffamation contre Le Point

L'homme d'affaires Stéphane Courbit a été débouté par le tribunal correctionnel de Paris de son action en diffamation contre l'hebdomadaire Le Point et son journaliste Hervé Gattegno, pour un article sur les relations entre M. Courbit et l'héritière du groupe L'Oréal, Liliane Bettencourt.

Dans cet article, publié dans l'édition du 8 décembre 2011, le journaliste revenait sur les conditions de l'investissement de 143,5 millions d'euros effectué, fin 2010 et début 2011, par Mme Bettencourt dans la société LGI, contrôlée par le holding de M. Courbit, LOV Group.

Est évoquée la proximité entre l'exécuteur du mandat de protection qui concernait Mme Bettencourt, Pascal Wilhem, et Stéphane Courbit, dont il était le conseil.

L'article rappelait que M. Wilhem avait été révoqué en octobre 2011 sur ordre du juge des tutelles, qui avait estimé que "les circonstances dans lesquels (il exécutait) le mandat de protection (portait) atteinte aux intérêts de Mme Bettencourt".

"La proximité de l'ex-mandataire avec les autres intervenants de l'opération LGI renforce les interrogations", écrivait le journaliste.

"Que la milliardaire n'ait pas fait une bonne affaire est désormais plus que probable", ajoutait-il.

"Qu'elle ait été attirée dans un piège est une hypothèse qui ne peut être écartée", concluait l'article, qui reprenait le mot "piège" en intertitre et en caractère gras.

Si le tribunal a bien considéré que le propos était diffamatoire, il a estimé qu'il "était manifestement légitime d'informer les lecteurs sur de nouveaux aspects de l'affaire dite +Bettencourt+".

"Rien ne permet d'établir que les prévenus auraient été mus par une animosité de nature personnelle envers la partie civile", selon le tribunal, qui a aussi relevé que "le journaliste (s'était) exprimé avec une certaine prudence en évitant les affirmations trop péremptoires dans le passage diffamatoire". Il a également été établi que l'auteur de l'article avait contacté préalablement M. Courbit pour l'interroger, mais qu'il n'avait pas donné suite. M. Courbit a été mis en examen mi-février pour escroquerie et recel d'abus de faiblesse par le juge Jean-Michel Gentil à Bordeaux, dans le cadre de l'affaire Bettencourt, après deux premières auditions desquelles il était sorti comme simple témoin assisté.

"Ce n'est qu'au bénéfice de la bonne foi que le journaliste" a été relaxé, ont souligné les conseils de M. Courbit, Me Alexis Werl et Me Francis Teitgen. Ils "contestent cette appréciation et, en conséquence, envisagent de saisir la cour d'appel", ont-ils indiqué.

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